Le pape soutient les évêques du Venezuela (Photo: Flickr/catholicnews.org.uk/<a href="https://creativecommons.org/licenses/by-nc-sa/2.0/legalcode" target="_blank">CC BY-NC-SA 2.0</a>)
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Le pape soutient les évêques du Venezuela (Photo: Flickr/catholicnews.org.uk/CC BY-NC-SA 2.0)

Rétrospective du Saint-Siège: une implication difficile du pape au Venezuela

18.07.2017 par I.Media

Si le pape a contribué à rétablir les relations entre les Etat-Unis et Cuba, ainsi qu’en Colombie avec les FARC, il s’est retrouvé face à un mur, au Venezuela. Rétrospective du Saint-Siège: une série d’été de l’agence I.MEDIA.

Depuis le début de son pontificat, le pape François s’implique particulièrement dans des questions internes à son continent d’origine. Ainsi, son influence a été déterminante pour le rétablissement des relations entre Cuba et les Etats-Unis en 2014. En Colombie, il met tout son poids dans la conclusion d’un accord entre le gouvernement et les FARC. Des succès qui, jusqu’à présent, n’ont pas été réitérés au Venezuela.

Au cours de l’année 2016-2017, le pape – et avec lui l’administration vaticane – tente d’agir pour le Venezuela, face à la détérioration de la crise économique et politique. Lui-même connaît bien le pays, de même que son secrétaire d’Etat, le cardinal Pietro Parolin qui y a en effet été nonce apostolique entre 2009 et 2013. Il a ainsi pu assister aux dernières années du pouvoir d’Hugo Chavez et à l’élection de son successeur Nicolás Maduro.

Ainsi, dès le mois d’août 2016, le cardinal Pietro Parolin confirme que le Saint-Siège est disposé à “contribuer à la résolution de la crise qui frappe le Venezuela”, à condition que la demande émane des parties concernées, gouvernement et opposition. Et qu’elles prennent “la ferme décision d’initier formellement le dialogue”.

Une première rencontre “très positive”

Le Souverain pontife s’engage personnellement et reçoit en audience privée le président Maduro le 23 octobre. Une semaine plus tard, une première rencontre de discussions entre le gouvernement et l’opposition a lieu à Caracas, avec la présence d’un médiateur du Saint-Siège, Mgr Claudio Maria Celli. Celui-ci juge cette réunion “très positive”, tout en rappelant la nécessité de rester sur cette voix du dialogue.

Mais en décembre, un soutien du gouvernement accuse le secrétaire d’Etat du Saint-Siège de prendre parti en faveur de l’opposition. Une réunion doit se tenir en janvier puis est finalement annulée. Le dialogue ne reprendra pas. Le cardinal Jorge Liberato Urosa Savino, archevêque de Caracas, affirme alors que le gouvernement vénézuélien “s’est moqué du Vatican et de l’Eglise” en déclarant vouloir aller vers le dialogue tout en prenant des mesures inverses. Dans un premier temps, le Saint-Siège semble rester sur cet échec.

Sur place, la situation s’aggrave et chaque jour ou presque des manifestants meurent lors d’affrontements avec les forces de l’ordre. Les évêques du pays dénoncent quasi-quotidiennement les actions du pouvoir en place. Ils subissent alors les diatribes des soutiens du gouvernement et des offices religieux sont perturbés. Le Saint-Siège revient alors dans le jeu, tout d’abord en affirmant son soutien après ces perturbations.

“Le pouvoir est devenu dictatorial”

Le 5 mai, le pape François écrit lui-même aux évêques en les pressant de “faire tout le possible” pour résoudre la crise. Le 8 juin, il reçoit en audience la direction de la Conférence des évêques du Venezuela. Les prélats affirment alors devant le pontife que “le pouvoir est devenu dictatorial”. De son côté, le gouvernement poursuit ses accusations à leur encontre et affirme que c’est lui que le Saint-Siège soutient.

Pour le moment, l’action du Saint-Siège n’a pas encore permis un retour au dialogue entre les différentes forces en présence. Le Vatican continue toutefois ses consultations, comme le 23 juin dernier, lorsque le cardinal Parolin a reçu deux anciens chefs d’Etats d’Amérique du Sud. Et le pape lance régulièrement des appels à la prière pour ce pays. (cath.ch/imedia/xln/gr)


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