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Trump veut pouvoir garder en détention les immigrants mineurs

Le gouvernement américain a annoncé, le 21 août 2019, qu’il envisageait de mettre fin à la limite de 20 jours pour la détention des enfants et des familles de migrants, permettant ainsi une réclusion illimitée. Cette annonce a suscité le tollé de divers responsables religieux. On s’attend à ce qu’elle soit contestée devant les tribunaux.

«Il s’agit d’une nécessité humanitaire urgente pour protéger ces enfants contre la maltraitance et mettre fin à ce flux illégal. Nous devons combler ces lacunes», a déclaré le président Donald Trump pour défendre son projet. Selon la Maison-Blanche, les passeurs ont profité de la politique précédente permettant une libération rapide des migrants appréhendés par la police américaine en réunissant enfants et adultes pour les faire passer ainsi pour des familles.

Lors d’une conférence de presse, Kevin K. McAleenan, secrétaire par intérim du Département de la sécurité intérieure, a souligné que les installations qui retiendront les familles en vertu des nouvelles normes seront des milieux de type campus scolaires avec des installations médicales, éducatives, récréatives et de restauration appropriées.

Mettre les enfants en cage

«Aujourd’hui, l’administration de Trump a annoncé qu’elle aimerait pouvoir garder les enfants dans des cages pour toujours «, ont dénoncé les Sœurs de la Miséricorde sur Twitter. «C’est une mesure odieuse qui déchiquetterait l’accord de Flores. Nous devons être une nation accueillante pour les plus vulnérables d’entre nous !»

‘L’accord de Flores’ est une décision judiciaire de 1997, qui a établi des normes de base pour la prise en charge des enfants migrants. Il limite entre autres à 20 jours la durée qu’ils peuvent passer en détention fédérale.

«Ces changements augmenteraient le nombre d’enfants détenus», a déclaré Anna Gallagher, directrice exécutive du Réseau catholique pour l’immigration légale (CLINIC). «Cette mesure détruirait les normes de protection à long terme des enfants créées par notre gouvernement et nos tribunaux», a-t-elle insisté.

«C’est comme si on confiait au loup la garde des moutons»

Pour le Service luthérien pour les migrants et les réfugiés, cette annonce est «la dernière attaque contre les plus vulnérables d’entre nous». La suppression de la restriction temporelle équivaut essentiellement à permettre l’incarcération illimitée des enfants et des familles.

Or les experts médicaux s’accordent tous à dire que la détention à court ou à long terme nuit à la santé physique et mentale de l’enfant. «C’est comme si on confiait au loup la garde des moutons», s’exclame le Service luthérien. Il condamne «cette guerre incessante contre les immigrés» et exhorte le Département de la sécurité intérieure et le Département de la santé et des services sociaux à travailler avec les ONG pour élaborer un plan sain, solide et sûr qui respecte les droits et la dignité de tous les enfants de Dieu.

En juin 2018, des responsables des droits de l’homme des Nations unies avaient estimé, au sujet de la politique américaine de détention des enfants et de séparation des familles à la frontière, que ” la détention des enfants est punitive, entrave gravement leur développement et, dans certains cas, peut constituer de la torture». (cath.ch/cns/cna/mp)

Un enfant migrant sur le toit de «La Bête», nom donné au train qui traverse le Mexique de la frontière du Guatemala à celle des Etats-Unis
22 août 2019 | 15:45
par Maurice Page
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