Homélie du 22 mars 2026 ( Jn 11, 1-45)

Abbé Martin Glusek – Eglise Saint-Jean l’Evangéliste, Cressier sur Morat, FR

   La résurrection de Lazare

Introduction

Depuis le 1e dimanche de carême, de dimanche en dimanche, la liturgie de la parole nous invite à parcourir un chemin de foi, avec le Christ, dans la vérité ; un chemin qui conduit à la joie de Pâques, c’est ce que nous rappelle chacune des préfaces en écho avec les Evangiles.
Car cette année liturgique a la particularité de mettre en dialogue chacun de Evangiles de ce carême avec la préface qui a sa place juste avant le Sanctus.

Les préfaces

Ce chemin de foi a commencé au désert où Jésus affronte le père du mensonge. La préface nous dit : « En jeûnant quarante jours au désert, il consacrait le temps du carême ; lorsqu’il déjouait les pièges du Tentateur des origines, il nous apprenait à écarter le ferment du mal ; ainsi pourrons-nous célébrer dignement le mystère pascal et enfin passer à la Pâques éternelle. »

Le deuxième dimanche du Carême nous a conduit sur la montagne de la Transfiguration. Ecoutons la préface : « Après avoir prédit sa mort à ses disciples, il leur a manifesté sa splendeur sur la montagne sainte en présence de Moïse et d’Elie. Ainsi la Loi et les Prophètes témoignaient qu’il parviendrait par sa passion jusqu’à la gloire de la résurrection. »

Au troisième dimanche, Jésus a rencontré la Samaritaine au puits de Jacob. La préface résonne : « Quand il demandait à la Samaritaine de lui donner à boire, il lui faisait déjà le don de la foi ; de cette foi, il manifesta une telle soif qu’il fit naître en elle le feu de l’amour de Dieu. »

Puis l’Évangile nous conduit à la rencontre de l’aveugle-né le quatrième dimanche. La préface entre ici aussi en dialogue avec l’Evangile : « Par le mystère de son Incarnation, il a guidé vers la clarté de la foi l’humanité qui marchait dans les ténèbres : et par le bain qui fait renaître, il a élevé à la dignité de fils, en les adoptant, ceux qui étaient nés esclaves du péché. »

Chacun de nous à travers ces événements de la vie de Jésus, avec ses rencontres particulières, peut reconnaître ses manquements à l’amour, ses mensonges, ses aveuglements.  Chacun peut découvrir la présence de Jésus dans sa vie en faisant la vérité sur sa propre vie, en ouvrant ses yeux à la lumière de la parole de Dieu, en allant à la source de la vie de son être, en professant Jésus fils de Dieu. Nous ne sommes pas seul sur ce chemin.

Lazare

Aujourd’hui, la Parole de Dieu nous met en présence de la mort, la mort physique à laquelle nul ne peut échapper. Cette mort qui angoisse, qui fait peur, qui attriste, qui est insupportable et que l’homme recherche quand il est dans le désespoir. Jésus affronte, dans son humanité, la mort terrible qui touche un être cher, un ami. Il s’unit à la tristesse de sa famille, ses sœurs et ceux qui les accompagnent.

Jésus arrive très en retard après la mort de son ami Lazare, celui-ci est déjà dans la tombe et son corps commence à se décomposer. En la présence de Marthe et Marie, les sœurs qu’il aimait et de tous ceux venus les consolées, il est pris d’émotion Par deux fois Jean nous dit que Jésus est pris par l’émotion : à la rencontre avec les sœurs de Lazare et à la vue du tombeau. Jésus montre ainsi de quel amour il les aimait. Comme il est dur de voir mourir ceux qu’on aime !

Puis Jésus demande que la pierre du caveau soit enlevée et il prie son Père. Il crie d’une voix forte « Lazare, viens dehors ! » Comment ne pas penser au cri de Dieu dans le jardin d’Eden après la désobéissance d’Adam et Eve « Adam où es-tu ? » Lazare, Adam, reviens près de moi, tu sais que je t’aime. La mort qui était entrée dans la vie dès le commencement est ici vaincue.

 Elle le sera définitivement à la résurrection de Jésus. La Résurrection de Lazare s’inscrit dans la prophétie d’Ezékiel qui se réalisera à la mort de Jésus. Jésus crie aussi afin que tous puissent l’entendre et croient qu’il est vraiment le fils envoyé de Dieu. Les paroles qu’il dit à Marthe « Moi, je suis la résurrection et la vie. Celui qui croit en moi, même s’il meurt, vivra. », sont au cœur de notre foi.

La préface ici résume : « Lui-même, homme véritable, il a pleuré son ami Lazare : Dieu éternel, il le releva du tombeau : ainsi, dans sa compassion pour le genre humain, il nous conduit par les sacrements de Pâques jusqu’à la vie nouvelle. »

Appelés à contempler l’amour de Jésus

A la suite de Pierre, Jacques, Jean, la Samaritaine, l`Aveugle-né, Marthe, Marie sa sœur, chacun de nous déjà baptisé et chacun des baptisés de Pâques prochain, nous sommes appelés à contempler l’amour de Jésus source d’eau vive, Jésus lumière du monde, Jésus vainqueur de la mort et maître de la vie.

5e dimanche de Carême
Lectures bibliques : Ezékiel 37, 12-14; Psaume 129; Romains 8, 8-11; Jean 11, 1-45

Homélie du 8 mars 2026 (Jn 4, 5-42)

Abbé Daniel Agbeti – église Saint-Laurent, Villaraboud, FR

Chers frères et sœurs,
Chers auditeurs et auditrices de la RTS
,

Notre méditation, en ce troisième dimanche de Carême, nous conduit au cœur d’une des rencontres les plus profondes de l’Évangile : celle de Jésus avec la Samaritaine, au bord du puits, lieu symbolique de la rencontre entre Dieu et l’homme. C’est là que Jésus rencontre la Samaritaine et révèle le mystère d’un Dieu qui vient chercher l’humanité.

Lorsque la femme arrive, Jésus est déjà présent. Ce détail nous rappelle une vérité essentielle de la vie spirituelle : Dieu prend toujours l’initiative de la rencontre. Avant même que nous le cherchions, il nous cherche. Avant que nous l’invoquions, il est déjà présent. Toute rencontre avec Dieu commence par cette initiative silencieuse de sa grâce. Son amour précède notre prière et accompagne notre histoire.

Dieu choisit de se révéler dans le quotidien le plus ordinaire

La Samaritaine vient simplement puiser de l’eau, comme chaque jour. Mais c’est dans le quotidien le plus ordinaire que Dieu choisit souvent de se révéler. L’Évangile nous enseigne que la rencontre avec Dieu n’est pas réservée aux moments exceptionnels de la vie.

Lorsque Jésus dit : « Donne-moi à boire », sa parole dépasse la soif physique. Elle révèle le désir de Dieu de rejoindre l’homme dans sa fragilité et dans son histoire.

Peu à peu, Jésus conduit la Samaritaine vers l’« eau vive », symbole de la vie divine et du don de l’Esprit Saint. Le cœur humain porte des désirs profonds que les réalités matérielles ne peuvent pleinement combler, car il est fait pour l’infini de Dieu.

Dieu est celui qui donne et celui qui est donné

Le sommet du dialogue se trouve dans cette parole : « Si tu savais le don de Dieu… » Le don de Dieu n’est pas d’abord une chose, mais une personne : le Christ lui-même, qui se donne à l’humanité pour nous conduire à la communion avec lui. En lui, Dieu est à la fois celui qui donne et celui qui est donné : le Don et le Donateur.

La rencontre transforme la Samaritaine. Elle découvre qu’elle est connue et aimée sans condition. Elle laisse alors sa cruche : elle était venue chercher de l’eau, et elle repart ayant trouvé une source plus profonde. La rencontre authentique avec le Christ libère le cœur et oriente la vie vers l’essentiel.

Ce témoignage de la samaritaine prend aujourd’hui une résonance particulière avec la Journée internationale des droits des femmes. L’Évangile nous rappelle que la dignité de chaque femme et de chaque homme trouve son fondement dans le regard du Christ, qui appelle chacun à la liberté, à la vérité et à la mission.

Un coeur qui désire la présence de Dieu

Frères et sœurs, en ce temps de Carême, posons-nous cette question : de quoi notre cœur a-t-il vraiment soif ? Nous avons soif d’amour, de paix et de sens… Cette soif n’est pas un vide à supprimer, mais l’espace intérieur où Dieu veut se révéler.
Dieu n’attend pas un homme parfait ; il attend un cœur qui désire sa présence. Puissions-nous rencontrer le Christ au puits de notre vie quotidienne, afin que jaillisse en nous l’eau vive de son Esprit. Car la plus belle vérité de notre foi demeure celle-ci : Dieu a soif que nous ayons soif de lui.   Amen.

3e Dimanche de Carême
Lectures bibliques : Exode 17, 3-7 ; Psaume 94 ; Romains 5, 1-8 ; Jean 4, 5-42

Assemblée générale 2026 de Cath-Info


L’assemblée aura lieu mardi 5 mai à 16h00 à Lausanne

Dans les locaux de Cath-Info, rue de Genève 88bis, 3e étage

Voici les documents disponibles en lien avec l’assemblée :


Homélie du 1er mars 2026 (Mt 17, 1-9)

Abbé Valentin Roduit – Eglise Saint-Didier, Collombey, VS


Nous voici sur la montagne avec Jésus. Un temps à l’écart, comme le carême qui nous invite à prendre du recul.
Et cela pour nous préparer à quelque chose. Quitter le connu ; pour aller vers là où Dieu nous indique.
Quitter sa parenté ; pour devenir une bénédiction pour toutes les familles de la terre. Telle était l’invitation que Dieu adresse à Abraham et à nous tous, croyants à sa suite. Nous mettre en route avec le Seigneur, c’est renoncer, pour devenir une bénédiction.

En ce dimanche des malades, l’Écriture nous parle de ce renoncement de la souffrance.
« Prends ta part des souffrances à l’annonce de l’Évangile » disait Paul à Timothée,
parce que Dieu a un projet : le salut.
Pas facile d’annoncer l’Évangile, surtout quand on risque de donner un contre-témoignage.
Et pourtant, cette parole nous met véritablement en route à la suite du Seigneur,
pour devenir une bénédiction.

La vie chrétienne est un rayonnement, une bénédiction pour ceux qui nous entourent.

La question de ce dimanche des malades est : Est-ce possible de le vivre même dans la souffrance ?
Spécialement dans la souffrance, nous dit saint Paul. Nos souffrances sont vaines si elles ne sont pas offertes.
Nos souffrances sont nocives si elles nous rendent aigri. Nos souffrances sont salutaires si elles nous relient à celui qui a souffert pour nous, à ceux qui souffrent autour de nous, et à l’essentiel en nous : la souffrance d’être éloigné de Dieu. Oui, nous avons besoin d’un SAUVEUR.

« La grâce de Dieu est devenue visible en Jésus-Christ »


« La grâce de Dieu est devenue visible en Jésus-Christ » disait Paul. Le Christ s’est incarné, la foi est concrète.
Elle se vit dans une relation, avec un modèle, Jésus vrai Dieu & vrai homme. Et c’est ce que Jésus montre dans la Transfiguration.
« Brillant comme le soleil, blanc comme la lumière. » Homme véritable dans lequel rayonne la divinité.
La Loi ancienne et les prophètes sont convoquées pour le désigner comme le Sauveur.
Moïse et Elie, ces 2 montagnards spécialistes de la présence de Dieu indiquent qu’Il est là.
Aujourd’hui, le cœur nous le crie, l’intelligence nous le répète en entendant sa parole : c’est Lui, le Sauveur.
N’en attendons pas un autre, tournons-nous vers Jésus-Christ.

En ce début du carême, nous sommes allés au désert avec Jésus. Restons avec Lui aujourd’hui.
La réaction de Pierre est spontanée : on est bien avec Jésus, restons ici, dressons 3 tentes.
Mais Jésus est encore plus concret que son apôtre : il s’approche des trois apôtres privilégiés, les touche et leur dit :
« Relevez-vous et soyez sans crainte. »

Le carême, condensé de vie chrétienne, c’est :


  • reconnaître son humilité des cendres au vendredi saint,
  • se laisser toucher par Jésus
  • persévérer dans la confiance, sans crainte,
  • et se relever à chaque pas, jusqu’au relèvement de la nuit de Pâques.
    Jésus l’annonce aux trois disciples pour les fortifier avant l’épreuve :
    « Relevez-vous… mais ne parlez pas avant que le Fils de l’homme soit relevé (ἐγείρω) d’entre les morts. »

La Résurrection se vit déjà ce jour pour eux.
C’est bien le motif de cette révélation lumineuse de la Transfiguration : affermir les Apôtres.
Jésus révèle sa divinité pour les affermir dans les souffrances présentes et à venir.
Et pourtant, on peut légitimement se demander : Est-ce que ça a marché ?
Les trois Apôtres ont-ils effectivement été affermis avant la Passion ?
Non, ils s’enfuiront tous au moment de l’arrestation de Jésus. Ils n’ont pas compris, ou pas la force.
Et pourtant, Dieu est toujours ainsi avec nous : même quand nous sommes faibles, il propose sans cesse son amour.
Même quand il y a un goût d’échec, Dieu sème, largement. Comme dans la parabole du semeur : il est fou ce semeur qui sème dans les ronces, qui sème au bord du chemin…
C’est la générosité de Dieu, qui donne sa Parole et son Amour à répétition. Parfois nous ne comprenons pas à la première fois ; parfois pas à la deuxième…
C’est bien pour ça qu’il y a un carême chaque année. L’occasion chaque année de repartir au combat.
C’est pour ça que Dieu invite à prier chaque jour, à aller à la messe chaque dimanche : il multiplie les occasions pour donner son amour, qu’enfin nous puissions en rayonner.

Un appel au rayonnement

La transfiguration, c’est un appel au rayonnement, même lorsque nous quittons le connu, même dans la souffrance.
Un beau modèle de cela est la bienheureuse Chiara Luce. Chiara Badano, qui a reçu ce nom de « Luce » parce qu’elle rayonnait tellement, depuis son lit d’hôpital. Imaginons bien, elle pourrait être votre fille ou petit-fille. 17 ans, clouée au lit par un cancer des os, elle a su garder un sourire et une joie hors norme, alors qu’elle savait qu’elle allait mourir. Les membres des Focolaris venaient la voir pour recevoir de l’énergie.
Ses derniers mots à sa maman : « Maman, au revoir. Sois heureuse, parce que moi je le suis » (Angélus Benoît XVI, 26.09.2010).
Elle est restée préoccupée du bonheur des autres jusqu’au bout. Décédée à 18 ans, l’Église l’a déclarée bienheureuse. Comme de nombreux autres saints, elle indique la source de la joie véritable. Celui qui peut combler notre cœur de l’amour, même au cœur de la souffrance. Celui qui rayonne et nous fait rayonner.

« Seigneur, ton amour soit sur nous, comme notre espoir est en toi »
Seigneur, en ce carême tu nous invites sur la montagne,
à renoncer pour devenir une bénédiction.
Tu nous révèles sans cesse ton amour, tu nous relèves.
Seigneur, que ton amour soit sur nous, nous mettons notre espoir en Toi. Amen.

2e dimanche de Carême
Lectures bibliques : Gn 12, 1-4a ; Ps 32 ; 2 Tm 1, 8b-10 ; Mt 17, 1-9 (Transfiguration)