De synode en synode…
Merci à Bernard Litzler et Claude Ducarroz d’avoir évoqué sur ce site le souvenir – hélas bien effacé – du synode vécu par les catholiques suisses en 1972. Hors du pays à cette époque, je ne pus y prendre part, mais je rencontrai plus tard quelques survivants qui participèrent à ses diverses sessions. L’enthousiasme qu’ils mettaient à m’en parler n’avait de pair que leur déception. Ils rêvaient d’une Eglise «conciliaire» et croyaient avoir compris ses composantes et ses exigences. Ils se réveillèrent tels qu’ils s’étaient endormis la veille.
Je participai par contre à AD 2000, une assemblée qui tenta dans le diocèse de Lausanne, Genève et Fribourg de renouer avec la pratique synodale. Fort bien préparées, les assises se tinrent au Forum de Fribourg. Là encore, la montagne accoucha d’une souris. On se souvient comment les perspectives les plus audacieuses de cette assemblée furent assorties de notes imposées par une autorité extra-synodale qui en relativisaient la portée ou annulaient leur contenu.
«Je ne partage pas l’avis que c’est le genre, le mariage, le divorce ou le célibat des agents pastoraux qui devraient être le sujet prioritaire de nos colloques synodaux»
Tout le monde aujourd’hui se félicite des assemblées qui ces derniers mois ont préparé à l’échelon diocésain le synode universel qui devrait se tenir à Rome prochainement. Compte tenu des expériences précédentes, je crains une nouvelle désillusion. A moins que l’Esprit nous fasse discerner les vrais problèmes qui entravent la marche de notre Eglise et nous suggère la meilleure manière de les surmonter.
A mon humble avis, nous fixons trop souvent notre regard sur la carrosserie de la navette ecclésiale, sur ses employés et ses usagers, mais pas assez sur son moteur et ses sources d’énergie. Autrement dit, nous nous préoccupons trop des ouvriers de l’institution, mais pas assez de ce qui devrait les motiver et les mobiliser. Il est donc urgent de remettre l’église au milieu du village.
Je ne partage pas l’avis que c’est le genre, le mariage, le divorce ou le célibat des agents pastoraux qui devraient être le sujet prioritaire de nos colloques synodaux. Pas plus que leur âge, leur origine, leur formation ou même leur orientation sexuelle. Mais d’abord leur foi au Christ ressuscité. Leur comportement devrait la faire apparaître au milieu d’un monde qui n’y croit plus ou qui l’ignore. Je ne dirai pas que toute autre préoccupation est insignifiante, mais assurément secondaire au regard de cet objectif primordial et fondamental.
«Cherchez d’abord le Royaume de Dieu!». Les problèmes d’intendance et de maintenance se régleront… «par surcroit».
Guy Musy
11 mai 2022
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