Un groupe de 80 pèlerins normands assisteront à la messe du pape, en mémoire du Père Jacques Hamel. (Photo: Epa Ansa/Alessandro di Meo/Keystone)
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Un groupe de 80 pèlerins normands assisteront à la messe du pape, en mémoire du Père Jacques Hamel. (Photo: Epa Ansa/Alessandro di Meo/Keystone)

Un vieux prêtre


Bernard Litzler| Quelles traces l’été 2016 laissera-t-il dans nos mémoires? L’horrible attentat de Nice y figure en bonne place, sans aucun doute. Par sa soudaineté et sa violence, il constitue l’archétype du drame incompréhensible. Pourtant s’il fallait ne retenir qu’un visage de ces mois très chargés, se détache celui du Père Jacques Hamel, 86 ans, le prêtre tué le 26 juillet en France. Un homme âgé au visage émacié, un ministre tout donné à sa paroisse, célébrant la messe en compagnie de trois religieuses et de quelques paroissiens. Un prêtre ordinaire, comme il en existe des milliers d’autres. Cet homme a connu une notoriété inattendue, du jour au lendemain. Et pour cause…

Il est mort sous les coups de couteau de deux djihadistes. Le meurtre de prêtres existe, on le savait, en différents points chauds de la planète. Mais un tel meurtre dans une église de Normandie, et au nom d’Allah, dépasse l’entendement. Il a dû protester, le Père Hamel, en voyant ces individus, téléguidés par des idéologues délirants, s’approcher de l’autel. Il s’est rebiffé, on le comprend. Et c’est lui qui a été victime, alors qu’il venait de célébrer le sacrifice de la victime par excellence, le Christ sauveur de l’humanité.

Ces vieux prêtres, célébrants de l’éternel mystère, sont légion, à l’image de Jacques Hamel, sous nos latitudes. Entrés au séminaire avant ou après la guerre, ayant vécu tous les changements de l’Eglise au cours des 60 dernières années, ils restent présents, disponibles, même lorsque leur santé défaille. Oui, les Jacques Hamel existent dans nos cures, dans nos églises, au milieu de nous. La mort de l’un d’entre eux, tragique, rappelle combien sont précieux leur témoignage, leur sens du service et leur fidélité à l’Evangile.

Jacques Hamel ne recherchait pas la gloire, oh non. Comme ceux de cette génération, il savait rester à sa place, secondant le curé africain de St-Etienne-du-Rouvray. Il continuait à célébrer, à baptiser, à accomplir des tâches multiples, nécessaires à la marche de sa communauté. Il est mort alors qu’il n’aspirait qu’à vivre, loin des projecteurs. Humble serviteur, il est entré dans la joie de son Maître. L’été 2016 gardera le souvenir lumineux d’un témoin invisible entré sans le vouloir dans notre mémoire.

Bernard Litzler

Bernard Litzler, directeur de Cath-Info tient une chronique politico-religieuse baptisée: «Rue Brique». Elle devient de plus en plus «Rue Briques» !

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