Homélie du 10 décembre 2017 (Mc 1, 1-8)

Abbé Philippe Blanc – Église St-Pierre, Fribourg

           

Nous voici rassemblés autour du Christ vivant et nous venons nous abreuver à la source toujours nouvelle de l’évangile. D’une certaine manière, chaque fois que nous écoutons la Parole de Dieu et nous rendons disponibles pour qu’elle accomplisse en nous ce qui a été proclamé, nous vivons comme un « commencement ». Et c’est ensuite dans nos vies que cette Parole va prendre chair et devenir visible.

La rencontre avec la Parole de Dieu, la rencontre personnelle avec ce Dieu qui me parle et espère un dialogue familial entre lui et moi, est lourde de promesses pour une vie nouvelle.

Raviver la petite flamme de notre espérance

Le prophète Isaïe disait déjà que la Parole proclamée rendait féconde les déserts humains pour leur permettre de porter du fruit. Et ce sera aussi l’appel lancé par Jean Baptiste afin que l’humanité s’ouvre à la miséricorde en vue d’une vie nouvelle. Notre Dieu ne craint pas de venir à la rencontre de nos souffrances ou incompréhensions, de nos doutes ou de nos angoisses. Il ne vient pas les expliquer, il vient les habiter de sa présence, comme pour nous offrir la consolation et raviver la petite flamme de notre espérance. Notre Dieu n’est pas seulement un berger qui marcherait en avant de son troupeau mais, d’après le prophète et cela est bien notre expérience personnelle, il porte chacune de ses brebis sur son cœur. Il ne se contente pas de nous parler de son amour, il nous le fait voir à l’œuvre.

Jésus vient nous rencontrer

En ce temps de l’Avent, nous sommes dans l’émerveillement car nous nous souvenons avec saint Pierre que le Seigneur ne tarde pas à tenir sa promesse. Elle a déjà été accomplie lorsque Jésus est venu dans notre chair pour nous rencontrer et pour nous permettre de rencontrer le Père en passant par lui. Il viendra encore pour établir définitivement le ciel nouveau et la terre nouvelle où l’humanité sera débarrassée de tout ce qui l’amenuise, la défigure et l’abime pour être revêtue de gloire.

Notre mission : désigner le Christ

Ecoutons encore la voix du Baptiste et regardons son geste. Son appel à la conversion nous demande de ne pas remettre à demain ce qui pourrait rendre possible la rencontre avec l’aujourd’hui de l’amour de Dieu. Son geste désigne Celui qui vient pour combler nos cœurs d’amour et de tendresse en les brûlant au feu de l’Esprit Saint. Grâce au témoignage de Jean et à sa parole courageuse, tous ceux qui venaient à lui étaient invités à se préparer pour la rencontre avec le Messie promis. Cette parole et ce geste disent quelque chose de notre mission au cœur du monde et en ce temps : faire retentir l’Evangile car il est Chemin, Vérité et Vie ; désigner le Christ car il est l’unique Sauveur. Parce que nous avons rencontré le Christ, nous sommes heureux de conduire les autres aussi à cette rencontre.

Oser la rencontre

Nous ne pouvons pas nous contenter de rester entre nous comme si nous étions détenteurs d’un secret réservé à quelques-uns. L’amour du Christ et sa Parole nous poussent à oser la rencontre avec tous ceux qui sont encore aux périphéries ou plus loin encore. C’est aussi cela le dynamisme de l’Avent : nous préparer et accompagner la préparation des autres pour que Celui qui vient soit accueilli au mieux, dans la paix et l’espérance.


2e DIMANCHE DE L’AVENT – Année B
Lectures bibliques : Isaïe 40, 1-5.9-11Psaume 84, 9ab-10, 11-12, 13-142 Pierre 3, 8-14 Marc 1, 1-8


 

Homélie du 3 décembre 2017 (Mc 13, 33-37)

Abbé Philippe Blanc – Église St-Pierre, Fribourg

Une nouvelle année liturgique commence aujourd’hui et ce temps de l’Avent nous invite à nous mettre en marche. En cette époque où notre monde, notre société, nos institutions et parfois jusqu’à nos familles et communautés sont saisis par l’angoisse, la peur du lendemain et la crainte à l’égard des autres différents, nous ne pouvons pas rester enfermés en nous-mêmes. Il nous faut sortir pour aller à la rencontre d’une espérance nouvelle. Pour nous, cette espérance à un nom : Jésus et, comme nous l’a rappelé saint Paul, c’est lui qui nous fera tenir fermement jusqu’au bout.

Dieu vient à notre rencontre

Oui, mettons-nous en chemin et nous serons émerveillés car nous allons découvrir qu’avant même que notre désir soit exprimé, Dieu a fait les premiers pas. Il prend l’initiative de venir à notre rencontre, de tendre la main à son peuple qui s’est égaré sur le chemin, d’ouvrir son cœur aimant à ses enfants qui ont oublié leur dignité filiale et fraternelle. Le prophète Isaïe ne disait-il pas en reconnaissant la fidélité de Dieu : tu viens rencontrer celui qui se souvient de toi en suivant tes chemins ?

Offrons l’argile de nos vies

Accueillons donc cette bonne nouvelle : Dieu vient à la rencontre de son peuple. Le Père envoie son Fils, il vient sur nos chemins et nous offre le cadeau de sa présence. En Jésus, le Père nous dévoile son visage et reprend l’œuvre de sa création en nous permettant de nous laisser pétrir et façonner par son amour. Nous sommes invités à vivre ce temps liturgique comme un temps de renouveau et de recommencement. Offrons tout simplement l’argile de nos vies afin que le potier divin puisse accomplir ses merveilles et réaliser son chef d’œuvre. Et tout cela va s’accomplir dans notre humanité.

Le Christ révèle l’homme à lui-même

La liturgie de ces quatre dimanches de l’Avent nous invite à nous préparer à cette rencontre et à reconnaître que celui qui est déjà venu, viendra de nouveau revêtu de sa gloire. Le rencontrer, c’est découvrir qui il est, mais aussi qui nous sommes ; c’est nous réjouir de sa présence, mais aussi être émerveillés par notre vocation personnelle ; c’est contempler Dieu devenu homme, mais aussi rendre grâce car nous sommes appelés à participer à la nature divine. Le rencontrer, c’est aussi faire l’expérience que seul le Christ révèle pleinement l’homme à lui-même.

A nous d’être disponibles

La rencontre avec le Seigneur au cœur même de notre histoire et de notre vie nous demande une certaine vigilance. Et Jésus nous dit lui-même : « Prenez garde, restez éveillés ». Prenez garde afin que vos cœurs ne soient ni endurcis, ni endormis. Restez éveillés afin d’être prêts pour le moment de la rencontre. Accomplissant ses promesses, le Seigneur vient et partage la vie de son peuple. Ce qu’il a annoncé par les prophètes, il le réalise en son Fils bien-aimé. A nous d’être disponibles et accueillants. A nous de faire une vraie place à la nouveauté de l’évangile et d’ouvrir nos portes pour que la présence du Christ soit une vraie bonne nouvelle.


1er dimanche de l’Avent – Année B

Lectures bibliques : Isaïe 63, 16b-17.19b ; 64, 2b-7; Psaume 79 (80), 2ac.3bc, 15-16a, 18-19; 1 Corinthiens 1, 3-9; Marc 13, 33-37