Homélie du 3 janvier 2016 (Mt 2,1-12)

Mgr Jean Scarcella – Basilique de St-Maurice

Fête de l’Epiphanie
Lectures bibliques: Isaïe 60, 1-6; Psaume 71; Ephésiens 3, 2-3a.5-6; Matthieu 2, 1-12


Bien chers frères et sœurs,

La crèche de Bethléem est toujours là, rien n’a changé et pourtant nous ne ressentons pas la même joie aujourd’hui qu’à Noël. Alors qu’aujourd’hui c’est grande fête et jour solennel, on ne retrouve pas cette atmosphère douillette et chaleureuse de la messe de Minuit. Pourquoi ?

La crèche est toujours dans la même étable, avec Jésus, Marie, Joseph, le bœuf et l’âne. Rien n’a changé… Est-ce si sûr, après tout, que rien n’ait changé ? Aujourd’hui nous vivons une fête aux dimensions de Noël – c’est encore Noël aujourd’hui –, mais elle est d’un autre ordre, c’est vrai. Tant Noël touche à l’affectif, à la chaleur humaine, l’Épiphanie se rapporte à la raison, à la foi du cœur. Le scénario, pour exotique qu’il soit, ne peut pas régater en attendrissement avec la naissance d’un enfant dans les conditions que l’on sait, mais il doit nous interroger de par sa force évocatrice sur la venue de Dieu en ce monde. Certes, Jésus, on est sûr qu’il a existé, c’était un bébé comme les autres, né comme les autres, tandis que ces mages, rois de surcroît, on ne sait pas trop à quelle espèce ils appartiennent, et, fondamentalement, ils nous questionnent ! En fait, trouver un bébé dans une mangeoire en forme de berceau improvisé, on peut encore y croire et l’accepter, mais que des inconnus se déplacent de l’Orient jusqu’à Bethléem en suivant une étoile qui apparaît, disparaît, réapparaît… ça, cela relèverait presque de la fiction ; cela nous questionne !

Nous sommes provoqués à nous mettre en chemin, les yeux levés pour voir l’étoile

On le voit, ces deux fêtes de Noël et de l’Epiphanie sont, d’une certaine manière, colorées différemment. Et pourtant elles sont si proches l’une de l’autre !
La grande différence réside dans la manière de découvrir et de rencontrer Jésus. A Noël, il nous est donné, on le découvre, c’est comme si nous assistions à sa naissance – à l’Épiphanie, il nous attend, on le rencontre ; c’est pourquoi il nous provoque à sa recherche, nous appelant à nous rassembler pour goûter au mystère de la manifestation d’un Dieu venu dans la nuit du monde pour sauver tous les hommes, provoqués à se mettre en chemin, les yeux levés pour voir l’étoile.

la foi, c’est voir à l’intérieur

La marche laborieuse des mages à la lumière de l’étoile évoque la marche de la foi à la recherche du Christ. Et, lorsqu’on le trouve, il se manifeste à nous : c’est une épiphanie. Maintenant que Jésus est né, on ne va plus, pour se rassembler, à la ville lumière de Jérusalem. Cela veut signifier que la lumière du roi n’est plus là ; tout le pouvoir d’Hérode est devenu impuissant. Tous les savoirs des prêtres et des scribes ne servent plus à rien ; ils savent dire où doit naître le roi des Juifs, mais ils n’éprouvent pas le besoin de s’y rendre. C’est alors que l’étoile réapparaît dès que les mages quittent Jérusalem. A nouveau ils la voient. Mais quel type de vision est-ce ? Que leur est-il vraiment donné de voir ? En fait ils voient avec leur foi ; la foi, c’est voir, voir à l’intérieur, voir au-delà de la réalité. Ils voient dans la confiance un chemin à parcourir, ils sont « les nations qui marchent vers la lumière », la marche de la foi. La foi n’est ni pouvoir ni savoir comme pour Hérode, les prêtres et les scribes, non, elle est ”voir”. Et voir quoi ? La lumière du Seigneur. Son être, son amour, sa Parole. Tout cela a pris chair la nuit de Noël et nous est offert en cadeau ce jour de l’Épiphanie, le jour de la manifestation à toutes les nations de Jésus, Fils de Dieu, Christ et Sauveur.

Dieu se manifeste aujourd’hui à tous les peuples

Alors vous voyez, frères et sœurs, la fête d’aujourd’hui n’est pas la joie d’une visite personnelle à la crèche, la fête d’aujourd’hui est un appel au rassemblement auprès du Sauveur, Jésus. Aujourd’hui Dieu se manifeste à tous les peuples et non pas à quelques privilégiés, comme le furent les bergers la nuit de Noël, comme le sont les chrétiens croyants d’aujourd’hui. Jésus n’est donc pas venu sur terre pour les chrétiens seulement, mais pour tous les hommes. Oui, Dieu se manifeste aujourd’hui à tous les peuples ; ce sont eux qu’il faut découvrir cachés sous le symbolisme des trois rois mages, de surcroît de trois races différentes, ce que nous rapporte, et pour cause, la tradition.

Le salut de Dieu s’offre à tous

Et maintenant, à ce stade de notre réflexion, il convient de bien lire l’extrait de la Lettre aux Ephésiens de saint Paul. La scène des mages, frères et sœurs, resterait purement exotique et sympathique, si Paul n’en donnait pas le sens profond : un grand projet de Dieu se dévoile, concernant tous les hommes, sans distinction d’origine. Paul répond à Isaïe, le visionnaire, dont la prophétie brosse un magnifique tableau où l’on voit les peuples se rassembler autour de la lumière de la nouvelle Jérusalem. C’est tout le mystère de la nouvelle alliance qui verra se rassembler dans la nouvelle Jérusalem tous les peuples de la terre pour proclamer les louanges du Seigneur.

Saint Paul nous y exhorte, frères et sœurs. Par l’Esprit qu’il a reçu, il sait que les païens qui ne connaissent pas encore le Christ sont associés à la vie nouvelle dans le Christ. Ce mystère du Christ, comme il dit, « c’est que les païens sont associés au même héritage, au même corps, au partage de la même promesse… ». On est bien d’accord pour tout cela, mais comment est-ce possible pour qui ne connaît pas le Christ ? Saint Paul précise alors en fin de phrase : « …au partage de la même promesse : dans le Christ Jésus, par l’annonce de l’Evangile ». Oui, mais l’Ecriture dit gentiment le contraire puisque seuls les fils d’Abraham et de Moïse ont reçu les promesses divines… Or, dans le Christ maintenant, martèle saint Paul, le salut de Dieu s’offre à tous ! Voilà le mystère que Paul a connu par révélation, et pour lequel il a voué sa vie en annonçant l’Évangile. C’est à cela que doit conduire l’Épiphanie.

Une épiphanie pour le monde

Chers amis, vous avez aimé l’ambiance chaleureuse de la nuit de Noël, n’est-ce pas ? Il faut maintenant suivre votre raison pour entamer le combat de la foi dans l’annonce de l’Évangile auprès de tous ceux qui ne connaissent pas encore le Christ. Douce fut votre joie à la crèche de Noël, forte elle deviendra lorsque vous saurez vivre l’humilité du Christ, afin de pouvoir devenir, à votre tour et à l’appel du Seigneur, une épiphanie pour le monde, une « grande paix jusqu’à la fin des lunes ».

Ainsi soit-il !

 

Homélie du 27 décembre 2015 ( Lc 2, 41-52)

Abbé Wolfgang Birrer – Basilique Notre-Dame, Lausanne

Fête de la Sainte Famille

Lectures bibliques : 1 Samuel 1, 20-22.24-28 ; Psaume 83 (84) ; 1 Jean 3, 1-2.21-24 ; Luc 2, 41-52


Le dimanche qui suit la Nativité du Seigneur est dédié à la Sainte Famille. En cette Année sainte de la Miséricorde, nous fêtons aujourd’hui le Jubilé des familles, et nous prions pour et avec les familles dans le monde entier.

La fête de ce jour nous donne de regarder la Sainte Famille – Jésus, Marie et Joseph – dans leur vie de tous les jours et d’entrer dans l’ordinaire de leur quotidien. C’est une vie ordinaire et un quotidien où il ne s’est pas rien passé : la vie ordinaire de la Sainte Famille nous dit que le quotidien devient un lieu de sanctification et de rencontre avec Dieu ; un lieu où il est possible de grandir dans notre humanité et de grandir également dans notre relation à Dieu, et ceci dans le déroulement ordinaire de la vie quotidienne.

Marie et Joseph ont évolué dans leur lien à leur Fils

Regardons Marie et Joseph dans leur souci de parents et du suivi de l’Enfant-Jésus. Tout spécialement dans cet évangile du pèlerinage annuel des Hébreux au Temple de Jérusalem, l’évangéliste saint Luc nous montre, à l’issue de cette épreuve de l’Enfant-Jésus perdu et retrouvé, comment Joseph et Marie ont grandi dans leur compréhension de Dieu et comment ils ont progressé dans leur regard sur leur Fils, qui s’est retrouvé au Temple « chez son Père », ainsi qu’Il le leur dit ! Marie et Joseph ont évolué dans leur rôle de parents après cette épreuve (de fait, c’était une vraie épreuve : pour quel mère et père n’y aurait-il pas pire épreuve que de ne pas savoir où se trouve son enfant, et ceci d’autant plus s’il n’est pas encore adulte !). Marie et Joseph n’ont pas été désavoué dans leur rôle de parents, mais cet épisode nous montre qu’ils ont aussi évolué dans leur lien à leur Fils Jésus, Lui qui s’inscrit pleinement dans leur filiation.

Croissance du Fils de Dieu dans le cadre habituel d’une vie de famille

Il en va de même pour l’Enfant-Jésus : sa vie à Nazareth a été pour Lui le lieu où le Fils de Dieu a accepté de grandir dans son humanité, comme tout-un-chacun, « en sagesse, en taille et en grâce » nous dit saint Luc. Il a accepté de grandir en étant soumis à saint Joseph et à la Bienheureuse Vierge Marie. Cette croissance du Fils de Dieu, du Verbe fait chair dans son humanité s’est faite dans la succession et la discrétion des jours ordinaires, dans le cadre habituel d’une vie de famille.

Pour la Sainte Famille : épreuves et joie

La Sainte Famille a traversé et connu des épreuves : nous en avons une relatée dans l’évangile de ce jour (la disparition de l’Enfant-Jésus). Avant cela, il y a les difficultés dans lesquelles la naissance du Christ a eu lieu : pendant un voyage de recensement, les auberges étant pleines de monde à Bethléem au moment même de l’enfantement, puis il y a eu la fuite et l’exil pendant plusieurs mois en Egypte… Mais nous croyons que les membres de la Sainte Famille sont toujours et malgré tout restés dans une joie, une joie intime, « parce qu’ils s’aiment, qu’ils s’aident et surtout qu’ils sont certains que Dieu, qui s’est fait présent dans l’Enfant Jésus, est à l’œuvre dans leur histoire » (Benoît XVI, Angélus du 13 décembre 2009).

Vie cachée de la Sainte Famille qui  enseigne recueillement, intériorité

La Sainte Famille – Jésus, Marie et Joseph – offre une vie exemplaire, que ce soit dans leur vie cachée ou publique. Le 4 janvier 1964, le Bienheureux pape Paul VI était en pèlerinage à Nazareth. A cette occasion, avec des mots qui restent très actuels, Paul VI dit que la vie de la Sainte Famille à Nazareth, spécialement dans son aspect méconnu, non-public, caché (c’est-à-dire vécu dans le déroulement discret et ordinaire de la vie de tous les jours), la vie de la Sainte Famille à Nazareth offre l’exemple d’une vie active dans un climat de silence et de travail dont l’exemple peut nous soutenir aujourd’hui encore : « Que renaisse en nous l’estime du silence, nous dit Paul VI à Nazareth, cette admirable et indispensable condition de l’esprit, en nous qui sommes assaillis par tant de clameurs, de tracas et de cris dans notre vie moderne bruyante et hypersensibilisée ». Paul VI souligne combien la vie cachée de la Sainte Famille à Nazareth nous enseigne « le recueillement, l’intériorité, la disposition à écouter les bonnes inspirations et les paroles des vrais maîtres ». Elle nous redit l’importance « de l’étude, de la méditation, de la vie personnelle et intérieure, de la prière que Dieu seul voit dans le secret ». (Paul VI, Discours à la basilique de l’Annonciation à Nazareth, le 4 janvier 1964).

Au Christ, rien de notre vie humaine n’est inconnu

Cette fête d’aujourd’hui nous redit combien rien n’est inconnu et étranger au Christ : pas même les grandeurs, les difficultés et les défis de la vie familiale dans laquelle le Fils de Dieu a fait son éducation dans son humanité. Au Christ, rien de notre vie humaine n’est inconnu, ni à Marie, ni à saint Joseph. Cette certitude est pour nous cause d’une grande sérénité et d’une grande paix. C’est dans la succession et la discrétion des jours ordinaires que le plan de Dieu a mûri et qu’il est advenu à maturité dans la Sainte Famille.
Il en va de même pour nous, et en cela le Christ nous accompagne. Nous le recevons à nouveau avec gratitude et émerveillement dans la sainte Communion, sainte Communion à laquelle nous pouvons aussi nous unir spirituellement. Nous y donnons à Jésus avec confiance toutes nos intentions de prière, l’humanité toute entière et spécialement les familles, ainsi que les personnes qui nous sont chères et avec lesquelles nous vivons. La prière d’intercession de la Bienheureuse Vierge Marie et de saint Joseph nous accompagne et nous soutient.


 

Homélie du 25 décembre 2015 (Jn 1, 1-18)

Père Jean-René Fracheboud – Eglise de Monthey

Messe du jour de Noël

Lectures bibliques : Isaïe 52, 7-10; Psaume 96;  Hébreux 1, 1-6; Jean 1, 1-18 ou 1, 1-5.9-14


Chers Sœurs et Frères,

«  Comme ils sont beaux sur les montagnes les pas du messager qui annonce la
paix, qui porte la Bonne Nouvelle, qui vient dire à Sion «   Il règne ton Dieu » ! »
( Is 52, 7)

Comme elles sont belles les mains qui s’ouvrent pour offrir à l’humanité un cadeau de lumière, un cadeau de tendresse !

Comme il est somptueux,
comme il est beau,
comme il est rayonnant.
comme il est interpelant,
ce visage de Dieu que vient dessiner la fête de Noël d’année en année !

«  A bien des reprises et de bien des manières, Dieu dans le passé a parlé à nos pères par les prophètes ; mais à la fin, en ces jours où nous sommes, il nous a parlé par son Fils qu’il a établi héritier de toutes choses et par qui il a créé les mondes.
Il est le rayonnement de la gloire de Dieu, l’expression parfaite de son être… »(Hébreux 1, 1-3 )

C’est beau de voir comment Dieu s’y prend pour se faire connaître, pour faire irruption dans l’épaisseur de notre humanité. C’est toujours étonnant de voir comment Dieu travaille la pâte humaine.

On attendait un Dieu de puissance, et c’est la fragilité d’un enfant qui nous est donnée, la fragilité d’un sourire, la fragilité d’une liberté neuve.
On attendait à le voir dans des églises, dans des  sanctuaires et cela se passe dans une étable sur la paille et au milieu des odeurs.
On s’attendait à une organisation grandiose, à un système bien huilé et c’est la nudité
d’une PAROLE, «  le Verbe fait chair ».
«  ce Verbe qui au commencement était auprès de Dieu,
ce Verbe qui était Dieu,
ce Verbe par qui tout est venu à l’existence,
ce Verbe qui est la vie et la lumière des hommes »

Devenir ce que Jésus est, devenir fils et filles bien-aimés du Père

Vous l’aurez remarqué : l’Evangile du jour de Noël, ce fameux prologue de saint Jean nous
déplace…
Lors de la messe de la nuit, on était au descriptif de la naissance de Jésus dans les
conditions de pauvreté que l’on sait. On était au niveau de l’événement.

Aujourd’hui, jour de Noël, saint Jean nous pousse d’emblée à prendre de l’altitude
ou mieux de la profondeur. Il s’agit de ne pas rester à l’emballage, simplement à l’émotion devant ce Nouveau-Né, Sauveur du monde. Il s’agit d’en saisir le sens, d’aller au cœur de l’événement, d’en dégager les conséquences pour nos vies, pour toute l’humanité.
Si Dieu se met ainsi à hauteur d’homme, dans un amour infini, nous découvrons, émerveillés, que nous devenons capables de Dieu, que nous sommes appelés à l’inouï, devenir ce que Jésus est, devenir fils et filles bien-aimés du Père. C’est l’affirmation qui est au cœur, qui est le cœur du prologue de St Jean :
«  A tous ceux qui l’ont reçu, il a donné le pouvoir de devenir enfants de Dieu, ceux qui croient en son nom. Ils ne sont pas nés du sang, ni d’une volonté charnelle, ni d’une volonté d’homme : ils sont nés de DIEU. »

Frères et Sœurs, est-ce que nous mesurons assez l’immensité de ce cadeau de Noël. L’énormité de ce que le Seigneur nous offre par la naissance de Jésus ?
C’est réellement vertigineux, abyssal, extra-ordinaire au-delà de tout ce que nous pouvions imaginer !
Oui, si tu savais le don de Dieu …
Dieu n’est plus à conquérir, il est à accueillir.
Il vient naître en chacun, chacune de nous.

Apprivoiser un silence qui donne chance à la PAROLE faite CHAIR

Pour laisser ce mystère de Noël nous fasciner et nous façonner, il nous faut apprendre 3 choses, comme 3 couleurs à contempler, comme 3 notes de musique à harmoniser, comme 3 chantiers de vie à ouvrir.

Premièrement, il nous faut réapprendre le silence, un silence d’émerveillement avec Marie, Joseph et les bergers.
Notre monde se saoule  de trop de bruits étourdissants – et souvent on fait du bruit avec soi-même -.

Peut-être faut-il redécouvrir et apprivoiser un silence qui donne chance à la PAROLE faite CHAIR, un silence où on laisse monter à la conscience les questions essentielles que la vie nous pose :
qui suis-je ? qu’est-ce que je fais de ma vie ? A quoi, je la dépense ?

Pauvreté qui a l’allure de la sobriété

Deuxièmement, il nous faut ré-apprendre la pauvreté comme véritable richesse.
La naissance de Jésus se passe dans le dénuement, dans la simplicité, dans la transparence. Pour être à la hauteur de l’événement du salut, il est indispensable de nous dépouiller de tous les masques et les carapaces. Oser vivre dans la nudité de l’être sans système de défense, sans anesthésie. Cette pauvreté qui a l’allure de la sobriété me rendra aussi proche de tous mes frères et sœurs en humanité, en particulier ceux et celles qui vivent des pauvretés matérielles mais aussi psychiques et spirituelles.

Avec Jésus, retrouver le goût d’une vie « terrienne »

Troisièmement, pour être en consonance avec Jésus et son mystère de naissance,
il nous faut ré-apprendre le goût de la chair,
«  Le Verbe s’est fait chair, il a habité parmi nous »
Peut-être avons-nous trop vécu une religion désincarnée avec une méfiance pour tout ce qui touchait la vie du corps. On parlait volontiers de sauver son âme…le Christ vient sauver des hommes et des femmes – corps cœur et esprit – dans leur épaisseur d’humanité.
Il nous faut prendre de la distance face à tous les angélismes et les étourderies du ciel.
Avec Jésus, il nous faut retrouver le goût d’une vie « terrienne » :
avoir les pieds sur terre dans la  paille des événements,
avoir de l’infini dans le cœur,
avoir du ciel dans les yeux.

Puisse ce Noël
nous faire naître à la vie,
nous faire re-naître à la confiance et à l’espérance !

Puisse le Christ naissant nous entraîner dans la déchirure de lumière qui ouvre tous les possibles!

Le monde tient, peut tenir, pourra tenir par la grâce des enfants, des poètes et des priants.

Il a suffi d’un enfant, l’EMMANUEL, pour que s’ouvre la vie comme un sentier de gloire.