Déclaration des évêques accompagnateurs de la Coopération

APIC -Document

internationale pour le développement et la solidarité (CIDSE)

A l’issue de leur rencontre à Liège, en Belgique, avec les directeurs d’une

dizaine d’agences catholiques de développement d’Europe et d’Amérique du

Nord, regroupées au sein de la Coopération internationale pour le développement et la solidarité (CIDSE), les évêques responsables de pays concernés

ont publié le 16 janvier la déclaration suivante:

«Tout l’homme et tout homme»

La déclaration est publiée explicitement dans le contexte de la préparation

au Grand Jubilé de l’an 2000:

1. Le développement des peuples a soulevé, depuis la fin de la seconde

guerre mondiale, un grand intérêt et une vive générosité. L’Eglise s’est

largement engagée dans ce travail. Actuellement, cet intérêt diminue. Contrairement aux objectifs prévus, les Etats du Nord n’augmentent pas leur

participation au développement des pays du Sud, mais certains la diminue.

Comme le développement demande du temps, ces restrictions mettent en péril

des projets importants. Les guerres et le commerce des armes entravent aussi gravement le travail de développement.»

2. Des statistiques optimistes montrent une élévation des ressources en

certains pays du Sud. Elles cachent souvent le grave problème de la répartition inégale dans ces pays. Des hommes deviennent de plus en plus riches,

d’autres s’enfoncent dans une misère croissante. Le poids de la dette internationale étouffe des régions entières. Son annulation est oeuvre de justice à condition de s’assurer que les pauvres en soient les bénéficiaires.

Des politiques économiques s’en tiennent trop souvent aux aspects financiers, utiles mais non suffisants, pour un développement intégral de «tout

homme et de tout l’homme» (Paul VI). Cette situation est extrêmement préoccupante.»

3. L’attention indispensable aux urgences, aux catastrophes demande de leur

faire face. Les réponses des catholiques sont généreuses. Pour sa part, le

développement exige plus de continuité dans les efforts, plus de concertation avec les autorités civiles des pays en développement.»

4. La notion même de développement évolue. De plus en plus, le développement prend en compte l’intégrité de la création et les cultures propres des

pays du Sud. Pour nous, nous croyons que la promotion d’un développement

intégral, culturel, économique et social s’enracine dans la Parole de Dieu.

En conséquence, il faut veiller à ne pas imposer au Sud le modèle unique du

Nord. En traitant les pays du Sud avec équité, le Nord découvre des richesses humaines qúil ne connaît pas.»

5. Dans le travail pour le développement, des organisations catholiques

oeuvrent avec compétence, patience et courage. Nous leur disons notre soutien et notre confiance. En particulier, leurs efforts de concertation et

leur partenariat avec les Eglises et d’autres organismes civils au Sud nous

paraissent indispensables au dialogue entre l’Eglise et le monde.»

6. Nous appelons les catholiques et les instances de nos pays à relancer

leurs efforts pour le développement. La faim doit être vaincue, la justice

sociale défendue. C’est rappeler l’importance de l’éducation et de la conscientisation à ces questions. C’est une oeuvre de justice et de paix.»

19 janvier 1997 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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La difficile question des uniates d’Ukraine

APIC – Document

L’Union de Brest-Litovsk (1596) : un point de vue orthodoxe

(APIC) Dans la controverse qui agite les chrétiens bien au-delà des frontières de l’Ukraine occidentale au sujet de la reconnaissance légale de

l’Eglise gréco-catholique (uniate) et de la restitution de ses biens attribués au Patriarcat de Moscou lors du Synode de Lvov convoqué sur ordre de

Staline en 1946, les orthodoxes estiment que leur point de vue a rarement

été présenté.

S’il est bien de dénoncer l’injustice qui a été faite aux uniates en interdisant leur Eglise, relèvent-ils, il ne faut pas oublier l’Union de

Brest-Litovsk en 1596, consacrant «l’intégration forcée des orthodoxes dans

l’Eglise catholique». Malgré les tensions locales, le dialogue est cependant en route : une Commission quadripartite pour la normalisation des relations entre orthodoxes et catholiques de rite oriental en Ukraine occidentale s’est en effet réunie pour une première session en mars à Kiev.

Elle comprenait une délégation du Saint-Siège, de l’Eglise catholique

ukrainienne, du Patriarcat de Moscou et de l’Eglise orthodoxe d’Ukraine. La

Commission a lancé à cette occasion un appel pour que l’on s’abstienne

d’actes qui pourraient détériorer la situation interreligieuse (particulièrement ceux qui s’accompagnent de violence, occupations de lieux de culte,

manifestations de rue, etc.) et demandé aux organisations non-religieuses

de ne pas s’immiscer dans les affaires ecclésiastiques.

Comme contribution au dialogue déjà engagé, nous publions ci-dessous des

extraits de l’analyse historique de Mgr Jérémie (Jeremiasz Jan Anchimiuk),

évêque orthodoxe de Wroclaw et Szczecin, en Pologne, sur l’Union de BrestLitovsk. Ce point de vue est publié dans un document de trois pages distribué par le Conseil oecuménique des Eglises (COE) à Genève.

L’Union des Eglises orthodoxe et catholique romaine a été proclamée en 1596

à Brest-Litovsk (ville de Biélorussie à la frontière polnaise), écrit

l’évêque Jérémie. A l’époque de la Contre-Réforme, l’union devint l’une des

principales tâches des jésuites dans le royaume polono-lituano-ruthène. Les

projets d’union avec Rome furent soutenus activement par le roi de Pologne

Sigismond III. Sept évêques et un petit groupe de prêtres et de moines

s’étaient décidés pour l’union. Les préparatifs, menés par deux évêques Adam Pociej et Cyryll Terlecki – furent tenus secrets.

L’union fut une surprise pour le peuple, les prêtres et les moines,

poursuit Mgr Jérémie. Deux évêques et une écrasante majorité de prêtres et

de laïcs se déclarèrent opposés à l’union; et le concile orthodoxe qui fut

convoqué en même temps à Brest-Litovsk vit aussi la participation de représentants des patriarcats de Constantinople – l’exarque Nicéphore – et

d’Alexandrie – l’exarque Cyrille Loukaris. Le sort de ceux-ci illustre parfaitement la situation des orthodoxes, souligne l’évêque polonais : L’exarque Nicéphore fut arrêté sous prétexte d’espionnage au profit de la Turquie

et mourut en prison une dizaine d’années plus tard sans qu’il y ait jamais

eu de procédure judiciaire à son encontre. Et pourtant, avant le concile,

le roi lui avait garanti la sécurité. Cyrille Loukaris, lui, put s’enfuir.

Plus d’existence légale pour l’Eglise orthodoxe en Pologne

Le 15 décembre 1596, le roi Sigismond III reconnut la validité des décisions du synode uniate. Cela signifiait que tous les droits dont jouissait

précédemment l’Eglise orthodoxe passaient aux uniates. L’Eglise orthodoxe

n’avait ainsi plus d’existence légale en Pologne. Or il faut absolument relever, continue l’évêque orthodoxe de Wroclaw et de Szczecin, que dans les

régions orientales du royaume polono-lituano-ruthène, les orthodoxes constituaient entre 90 et 100 % de la population.

L’Union de Brest-Litovsk inaugura pour les orthodoxe de Pologne «une

époque de persécution qui dépassa sans doute en horreur et en souffrance

toute autre période de l’histoire chrétienne», n’hésite pas à écrire l’évêque Jérémie. Pendant près de deux siècles, en effet, poursuit-il, il fallut

lutter presque pour chaque église, pour chaque couvent, pour chaque école,

pour le droit de célébrer le service divin. «C’est l’histoire d’une

persécution à motifs nationalistes et confessionnels».

Discriminations

Durant la seconde moitié du XVIIe et le début du XVIIIe siècle, les évêques orthodoxes purent difficilement être nommés et encore plus rarement

exercer, «les nonces ayant su habilement empêcher l’un et l’autre…». La

discrimination et les restrictions n’étaient pas choses nouvelles pour

l’Eglise orthodoxe de Pologne. C’est ainsi que les orthodoxes, aux termes

des décisions de Horodlo (Grodno, 1413) et de Wielun (1422), n’avaient pas

pas le droit d’exercer des fonctions publiques élevées. La rénovation d’anciennes églises n’était pas autorisée, ni la construction de nouvelles. Le

mariage d’un homme catholique romain et d’une femme orthodoxe était interdit et puni.

A Lviv (Lvov), où la population orthodoxe était pourtant indigène et,

jusqu’au XVIIIe siècle, majoritaire, les orthodoxes ne pouvaient porter témoignage devant les tribunaux qu’après avoir été assermentés dans une église catholique romaine. Les prêtres ne devaient pas se montrer dans la rue

vêtus de leurs habits liturgiques, même avec le saint sacrement. Lors d’un

enterrement orthodoxe, les cloches ne devaient pas sonner. L’accès à l’Université de Cracovie était fermé aux orthodoxes. Ni les orthodoxes ni les

uniates ne pouvaient exercer la moindre fonction publique dans la ville.

Cette interdiction ne fut levée pour les uniates qu’au XVIIIe siècle. Les

évêques orthodoxes et uniates n’étaient pas admis au Sénat, au contraire

des évêques catholiques qui y entraient dès leur nomination. Les orthodoxes

furent profondément affectés par l’interdiction de maintenir leur relation

avec le Patriarcat de Constantinople.

Lors de la session de 1620 du Parlement polonais, le député Laurent

Drewinski déclara au sujet de l’Eglise orthodoxe : «Dans les grandes

villes, toutes les églises sont fermées. Leur contenu a été pillé. Dans les

couvents, il n’y a plus de moines; on y loge maintenant du bétail. Les

enfants meurent sans baptême, les couples vivent sans bénédiction. Les

morts sont emportés hors de la ville par les mêmes portes que les ordures,

sans enterrement….».

Ces persécutions ont entraîné plusieurs soulèvements sanglants de la population orthodoxe. Après des hauts et des bas, une partie des représentants de la population orthodoxe se déclarèrent en 1653 à Pereïaslav pour

une union avec la Russie. Il s’ensuivit une série de guerres russo-polonaises , qui ne se termina qu’en 1794 avec le partage de la Pologne. Le problème des relations entre les Eglises catholique romaine et uniate d’une

part et l’Eglise orthodoxe d’autre part ne fut pas résolu pour autant. On

assista à de nombreux passages volontaires et collectifs d’uniates à

l’Eglise orthodoxe au XVIIIe, XIXe et XXe siècle. Mais il y eut également

des violences en Russie au XIXe siècle. La violence fut également utilisée

avant, pendant et après le Synode de Lviv en 1946, alors même que dès 1944

plus de 960 prêtres uniates d’Ukraine occidentale s’étaient déclarés prêts

à se rattacher à l’Eglise orthodoxe.

Le concept d’union réapparaît

Le recours à la violence de la part du régime stalinien n’a pas seulement freiné ce processus, déplore Mgr Jérémie, mais l’a privé de sa crédibilité. Il faut aussi tenir compte du fait que la plupart des prêtres uniates passés librement à l’Eglise orthodoxe avaient été arrêtés – à l’instar

de leurs frères restés fidèles à l’union avec Rome – et que beaucoup d’entre eux moururent, voire furent assassinés dans des circonstances inconnues. «Le fait que l’histoire douloureuse des orthodoxes et des uniates soit

maintenant utilisée politiquement et que l’idée de l’union, dans son ancien

sens, réapparaisse, nous remplit non seulement d’étonnement, conclut Mgr

Jérémie, mais nous oblige à protester au nom de la vérité.» (apic/com/be)

8 juin 1990 | 00:00
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Liban : le point de vue catholique (230988)

APIC Document

Beyrouth, 23 septembre(APIC) Un message de milieux catholiques libanais

analysant la situation actuelle au Liban vient de parvenir à la presse. Ce

message décrit et explique en détail la situation depuis que le Liban a

deux gouvernements. Les milieux catholiques soutiennent évidemment le

président sortant Amine Gemayel et le gouvernement du général Aoun.

«Le président Amine Gemayel fidèle à la constitution, ayant fait plusieurs tentatives pour sauver la situation: élection libre d’un nouveau président, formation d’un ministère d’union nationale, s’est vu obligé de passer

le pouvoir au chef de l’armée le général Michel Aoun en le nommant conformément à la constitution comme premier ministre. Ce cabinet a été formé

de 6 officiers, représentant les 6 grandes communautés chrétiennes et musulmanes qui forment le pays. Les 3 officiers : sunnite, chiite et druze,

sous pression, menacent de se retirer».

«Pour la 3ème fois le président de la chambre des députés se voit amener

à annuler la séance des élections présidentielles en raison du manque du

quorum pour les raisons suivantes:

a) Le siège du parlement: le vieux batiment du parlement abandonné depuis

12 ans pour des raisons de sécurité et se trouvant en zone occupée par

l’armée syrienne ne permet pas des élections libres, transforme les députés

en otages et met leur vie en danger.

b)Les candidats: les Syriens imposent l’élection d’un candidat unique.

Les parlementaires n’ont rien contre les personnes mais ils refusent de

participer à l’élection d’un président nommé par les troupes syriennes

d’occupation.

c)Les députés enlevés: les pressions syriennes s’expriment par

l’enlèvement et la séquestration du député Farid Serhal et de l’ancien

président de la chambre, le député Kamel-el-Assad».

Les positions au Liban sont les suivantes :

a) «Bkerke (le siège patriarcal) tient à l’unité de tout le pays sans division et sans partition, au respect des valeurs politiques telles que la liberté, la démocratie, le pluralisme communautaire et le respect de la constitution. Il ne propose pas le nom d’un candidat mais appelle à des élections démocratiques et libres.

b) Les députés refusent toute ingérance étrangère et toute pression

syrienne qui les privent d’exercer librement et démocratiquement leur

droit. Ils tiennent à l’unité nationale et au respect de la constitution.

Ils refusent d’être pris en otage et exigent que les élections se passent

dans le siège actuel du parlement qui est dans une zone sûre et accessible

à tous les partis.

c) Le nouveau gouvernement présidé par le général Aoun, et qui est formé

selon la constitution et qui a pris sa charge la nuit du 22 septembre 1988,

a pour but d’assurer des élections libres et une transition paisible et garantie des pouvoirs constitutionnels et légitimes. C’est le pouvoir légal

du pays.

d) Damas voulant briser la résistance passive et libre des Libanais réunis

autour de Bkerke, des députés et du nouveau gouvernement, fait pression

pour essayer de faire revivre et légitimer l’ancien ministère démissionnaire depuis 2 ans, un pas de plus vers la mainmise totale par le régime de

Damas sur le pouvoir au Liban».

Le message conclut par une comparaison : «C’est frappant de voir la

similarité existant entre les démarches de Damas, visant à démenteler le

régime et Hitler quans il préparait l’annexion de l’Autriche.

(apic/cenca/bd).

25 septembre 1988 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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