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Miracles eucharistiques: le Christ est-il de groupe sanguin AB?

Les analyses réalisées aussi bien lors des miracles eucharistiques que sur des reliques liées à Jésus, telles que le suaire de Turin, désignent le groupe sanguin AB. Retour sur une série de découvertes qui questionnent la science et la foi.

Selon la doctrine catholique, lors de la consécration des offrandes, le Christ devient réellement et substantiellement présent dans le pain et le vin. Au cours des siècles, lors de ce que l’on appelle communément les miracles eucharistiques, il est apparu que des hosties consacrées se sont littéralement changées en sang et chair.

A l’origine de la Fête-Dieu

Le premier miracle du genre reconnu par l’Eglise catholique s’est déroulé vers l’an 700, à Lanciano, au centre de l’Italie. 134 autres, de l’Europe à l’Asie en passant par l’Amérique du Sud, ont été depuis reconnus par l’Eglise.

L’un de ces phénomènes les plus célèbres a constitué l’élément déclencheur de la Fête du Saint-Sacrement, communément appelée Fête-Dieu. Il s’est déroulé en 1263, à Bolsena, dans la région italienne du Latium. L’histoire raconte qu’un prêtre ayant de grands doutes sur la présence réelle du Christ dans l’Eucharistie a vue l’hostie prend une couleur rouge et des gouttes de sang tomber sur le corporal et le pavement. Le pape Urbain IV, étant venu constater lui-même les faits, décida alors d’instituer la fête du Corpus Domini, la Fête-Dieu.

Inexplicable pour l’OMS

A Lanciano également, la transformation des hosties en chair et en sang s’est réalisée dans le cas d’un prêtre qui doutait de la réelle présence du Christ dans l’Eucharistie. Or, dans ce cas, comme dans d’autres du même genre, la chair sanglante ne s’est pas décomposée et, 1’200 ans plus tard, elle est toujours conservée dans l’église Saint-François de la ville d’Italie centrale.

Ce miracle eucharistique a été le premier à faire l’objet d’une analyse scientifique. En 1971, le professeur d’anatomie Odoardo Linoli a mené une série d’examens bio-médicaux sur ces reliques. Il a tout d’abord pu constater que le sang était encore frais et ne contenait pas de trace de produits de conservation. Il a démontré qu’il s’agissait bien de tissus cardiaques humains et que le sang était de groupe AB. En 1973, le Conseil supérieur de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a mis sur pied une commission chargée de vérifier les résultats du docteur Linoli. Les conclusions de l’étude de 15 mois ont été publiées en 1976 à Genève et New York. Elles ont confirmé que les résultats du docteur Linoli étaient indiscutables et que le cas de Lanciano était inexplicable sur le plan scientifique.

Les restes d’un homme à l’agonie

Le même type de groupe sanguin est apparu par la suite dans d’autres cas similaires. En 1966, une femme a approché un prêtre de Buenos Aires, affirmant qu’elle avait trouvé une hostie désacralisée à l’arrière de l’église. Quand le prêtre l’a mise dans un verre d’eau, comme il est spécifié dans le droit canonique, l’objet s’est changé en morceau de chair. Trois ans plus tard, alors que la chair ne s’était toujours pas décomposée, un certain évêque nommé Jorge Bergoglio en envoya un échantillon pour étude en Californie. Les experts ont conclu qu’il s’agissait bien de sang humain, de type AB. Un autre fragment a été envoyé au docteur en médecine légale Frederick Thomas Zugibe, de l’Université de Columbia, à New York. Ce dernier a confirmé qu’il s’agissait du morceau d’un muscle cardiaque soumis à un stress aigu «comme si son détenteur avait été violemment frappé à la poitrine».

«Le décisif, c’est notre manière de vivre selon son Esprit»

Des tests effectués dans les années 1990 sur les hosties de Bolsena ont aussi déterminé qu’il s’agissait de sang de groupe AB. Mêmes résultats suite à un miracle s’étant produit à Finca Betania, au Venezuela, en décembre 1991.

Le cas le plus récent d’hostie sanglante s’est produit en Pologne, à Legnica, lors de la messe de Noël 2013. L’authenticité du miracle a été reconnue par l’évêque local en avril 2016. Le laboratoire national de médecine légale a conclu qu’il s’agissait d’un fragment de muscle strié «très similaire au myocarde (muscle du cœur) avec des altérations qui apparaissent souvent pendant l’agonie». Aucune analyse de groupe sanguin n’a cependant été effectuée dans ce cas.

Egalement sur le linceul de Turin?

Certains observateurs ont ainsi relevé que ce groupe sanguin AB avait été retrouvé dans d’autres contextes: les recherches sur les tissus censés avoir été en contact avec le corps de Jésus lors de sa passion et de sa crucifixion. Plusieurs études ont démontré que du sang humain avait été retrouvé sur le fameux suaire de Turin, le linge qui aurait enveloppé le corps du Christ après sa crucifixion. Au début des années 1980, le docteur Pierluigi Baima Bollone, professeur de médecine légale à l’Université de Turin, a déterminé que le liquide était de groupe AB. Des résultats corroborés de façon indépendante par John H. Heller et Alan D. Adler, de l’Institut de Nouvelle-Angleterre, aux Etats-Unis, en 1981. Des nouvelles études du scientifique israélien Avinoam Danin, en 1999, ont confirmé ces résultats.

Le Saint-Suaire de Turin est considéré par la tradition comme le linceul ayant enveloppé le Christ mort (photo DR)

Des examens effectués sur la tunique d’Argenteuil, l’habit qu’aurait porté le Christ lors de son martyre, et le suaire d’Oviedo, la pièce de tissu qui aurait recouvert le visage de Jésus après sa crucifixion, ont révélé le même groupe sanguin.

La correspondance des résultats de laboratoire est d’autant plus troublante que le groupe AB est extrêmement rare, ne concernant que 3,2% de la population mondiale. De l’avis des scientifiques, cela rendrait une quelconque fraude très peu plausible. D’autant plus que le groupe AB était pratiquement inexistant dans la population de l’Europe médiévale. Il a par contre toujours été très répandu au Proche-Orient. On le trouve notamment en très forte concentration dans le nord de la Palestine.

Un intérêt relatif pour la foi

Il est certain que les discussions archéologiques et scientifiques concernant différentes formes de reliques se poursuivront encore longtemps. Elles n’ont toutefois qu’un intérêt relatif concernant la foi, fait remarquer à cath.ch le jésuite suisse Jean-Blaise Fellay. Comme disait Jésus à Thomas, «Bienheureux ceux qui ont cru sans avoir vu».

Le jésuite Jean-Blaise Fellay

Ce qui est déterminant pour la foi, c’est l’adhésion à la parole de Jésus, à son enseignement sur l’amour de Dieu et du prochain et plus encore notre manière de vivre à son exemple, souligne le directeur spirituel aux séminaires diocésains de Lausanne, Genève et Fribourg et de Sion. «Alors, bien sûr, connaître davantage les lieux et les circonstances dans lesquelles il a vécu peut nous rapprocher de Lui, mais ce n’est pas ce qui compte. Le décisif, c’est notre manière de vivre selon son Esprit.» (cath.ch/cathher/arch/rz)

Christ de douleurs tenant la croix, Andrea Piccinelli, XVIe siècle)
30 juin 2017 | 11:20
par Raphaël Zbinden
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