4 étudiants en théologie sont à l'origine du recueil de témoignages inédits sur les moines de Tibhirine (Photo: Grégory Roth)
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4 étudiants en théologie sont à l'origine du recueil de témoignages inédits sur les moines de Tibhirine (Photo: Grégory Roth)

Moines de Tibhirine: une compilation de "leur" premier colloque universitaire

21.04.2017 par Grégory Roth, cath.ch

20 ans après leur assassinat, les sept des moines de Tibhirine ont fait l’objet d’un premier colloque universitaire en octobre 2016, organisé par la faculté de théologie de Fribourg. Les contributions de poètes, théologiens, historiens, enseignants et évêques ont été rassemblées dans un recueil intitulé: “Tibhirine, 20 ans après”, disponible en librairie.

Initiée par quatre jeunes étudiants en théologie de l’Université de Fribourg, une semaine entière a été consacré à la spiritualité des moines trappistes de Tibhirine, assassinés en 1996 dans l’Atlas algérien. “Vingt ans, c’est très court pour un développement théologique, explique Marie-Dominique Minassian, co-organisatrice de l’événement. Nous ne sommes qu’au début d’une véritable appropriation des textes que les frères nous ont laissé en héritage”.

Premières thèses après 10 ans

L’enlèvement et l’assassinat mystérieux des frères ont suscité beaucoup d’émoi à l’époque. Mais le questionnement, relayé par les médias, s’est principalement axé sur l’identité et la motivation des ravisseurs. L’intérêt pour la vie et la spiritualité des moines a mis nettement plus de temps à se développer. “Il a fallu attendre dix ans pour que frère Christophe, un des sept frères disparu, fasse l’objet de travaux universitaires”, précise la spécialiste de Tibhirine, qui a elle-même réalisé une thèse de doctorat sur l’œuvre poétique de ce frère. Aucun travail universitaire n’a d’ailleurs été fait sur l’œuvre prolifique de frère Christian de Chergé, le prieur du monastère au moment du drame.

Au-delà du dialogue islamo-chrétien

Vingt ans après, ce colloque a ouvert de nouveaux champs de recherche et de dialogue. “C’est une déclaration d’ouverture envers d’autres croyants que le témoignage des frères nous apporte aujourd’hui, lance Marie-Dominique Minassian. Nous sommes au-delà d’un langage employé par le cercle de spécialistes du dialogue islamo-chrétien. Il s’agit d’une véritable stimulation au dialogue, à la rencontre avec d’autres croyants. Et le témoignage d’une amitié vécue jusqu’au bout.”

Ce recueil, édité chez Parole et Silence, est le reflet d’une partie choisie de la semaine interdisciplinaire. Rédigé sous forme d’actes, il reprend une partie des interventions du colloque inaugural, dont la conférence de Mgr Henri Teissier, ancien archevêque d’Alger en place à l’époque du drame. L’ouvrage comprend trois parties: des témoignages de personnes qui ont côtoyé les frères, un dialogue d’ouverture sur le monde et quelques réflexions philosophiques et théologiques.

Une “œuvre inépuisable”

Ces écrits, ne sont pas un panégyrique pour faciliter la cause de béatification des martyrs d’Algérie. Ils sont avant tout dédiés à éclairer le témoignage de ces moines et de le rendre accessible au grand public. Même si, Marie-Dominique Minassian ne le cache pas, elle espère aussi que cette “œuvre inépuisable” inspire de nouvelles thèses de doctorat auprès des étudiants.


L’élément déclencheur

Dans la nuit du 26 au 27 mars 1996, sept moines trappistes d’origine française du monastère de Tibhirine, dans l’Atlas algérien, sont enlevés par des hommes armés. Leur assassinat est annoncé le 21 mai, dans un communiqué attribué au GIA (Groupe islamique armé). L’armée algérienne indique, le 30 mai, avoir retrouvé les têtes des religieux, au bord d’une route, non loin de Médéa, à 90 km au sud d’Alger.

Au moment de leur enlèvement, les moines se savaient depuis longtemps menacés. Ils avaient néanmoins décidé de rester auprès de la population locale, à laquelle ils fournissaient notamment des soins médicaux. Suivi par plusieurs juges d’instruction, l’enquête n’a jamais rassemblé des éléments suffisants sur les responsables du crime. Vingt ans après, l’affaire judiciaire n’est toujours pas résolue. (cath.ch/gr)


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