Suisse

Les moines de Tibhirine: nouveau dossier de la revue Sources

Pour son dernier dossier de l’année, la revue dominicaine Sources publie quelques conférences d’un colloque de l’Université de Fribourg consacré aux moines de Tibhirine.

«Comme les prolongements d’un pèlerinage de quelques jours à Tibhirine pour y recueillir la grâce d’un symbole». Marie-Dominique Minassian, liée à l’organisation de la semaine interdisciplinaire de la Faculté de théologie, résume ainsi les cinq jours de colloque et d’approfondissement Tibhirine, 20 ans après, qui se sont déroulés à Fribourg du 24 au 28 octobre dernier.

Une vingtaine d’intervenants ont ainsi permis aux participants de découvrir la fécondité de l’œuvre des moines de l’Atlas, assassinés il y a 20 ans. Sources en fait l’écho à travers un dossier d’une dizaine d’articles où l’histoire, l’Ecriture sainte et la poésie sont autant d’optiques pour aborder la vie des trappistes.

Dieu est silence

En témoigne la réflexion de Jean-Pierre Lemaire qui évoque la place du «je» dans la poésie à la lumière d’une pensée de Frère Christophe, moine de Tibhirine. «Peut-être pour un artiste – si je peux essayer de comprendre ce monde – il y a une conversion qui consisterait à passer de l’expression de soi à l’épiphanie du Christ, dans la dépossession de ses dons, purifiés, transformés, et comme restitués par l’Esprit au cœur de l’homme». Ainsi, selon Jean-Pierre Lemaire, le «décentrement du poète permet parfois de se faire une révélation au-dessus de lui-même».

A travers l’expérience des moines, la revue propose également deux réflexions sur la Parole de Dieu, dont celle du professeur d’Ancien Testament Philippe Lefebvre. Il y évoque «le silence de ceux et celles qui ne peuvent parler». Celui de Judith, ainsi que celui des premiers témoins de la résurrection. Une silence qui était aussi «le registre essentiel de l’existence des moines de Tibhirine; un silence conçu non pas tant comme l’absence d’un excès de discours et de bruit, que comme une attention à une parole venue de plus loin».

«Dieu est silence avant d’être Verbe fait chair, écrit Marie-Dominique Minassian dans l’éditorial de ce nouveau dossier. Le silence appelle la parole. Elle lui succède. Elle le transfigure. Pour autant, il l’excède. Le silence est ce qui advient quand la parole est dépassée par un savoir qui lui vient de plus loin et qui va plus loin. Pour écouter, il faut se taire. Pour parler, il faut se taire. Invitation nous est donc lancée à habiter davantage ce silence de la parole qui traverse toute la Bible pour laisser naître le témoignage que le monde attend».

Un dossier à retrouver dans son intégralité sur www.revue-sources.org. (cath.ch/pp)

La revue Sources fait écho du colloque «Tibhirine, 20 ans après» (© tibhirine2016.wordpress.com)
14 décembre 2016 | 16:12
par Pierre Pistoletti
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