Près de 500 Suisses ont participé à la messe de canonisation de Marguerite Bays. | © B. Hallet
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«Sainte Marguerite Bays nous ouvre la porte du ciel»

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Repartis de Rome sitôt la messe de canonisation terminée, les pèlerins fribourgeois ont encore «le cœur tout brûlant» dans le car qui les ramène en Suisse. Pour eux tous, sainte Marguerite Bays est un lumineux exemple. «Elle nous ouvre la porte du ciel».

Maurice Page et Bernard Hallet, de Rome

«J’ai été très frappée de la ferveur des jeunes lors de la veillée pour Marguerite Bays. Cela me redonne du courage. Je pensais parfois que c’en est fini de notre Eglise. Je rentre avec les batteries rechargées», raconte Madeleine Pittet, de La Joux. «Nous sommes pleines d’espoir», renchérit son amie Estelle Oberson.

La canonisation sur la grandiose place Saint-Pierre les a un peu désorientées. «A cause des contrôles au portique de sécurité, le groupe a été dispersé. Nous nous sommes retrouvées un peu loin, debout derrière les barrières et la sono n’était pas très bonne: Pour nous, la cérémonie en latin et en italien a été moins intense.»

Voir l’immense portrait de la couturière de La Pierra à la façade de la basilique Saint-Pierre, et entendre le pape François la donner comme un exemple de vie chrétienne, a impressionné Emilien Berset. «Même si je n’ai pas bien compris le moment de la canonisation (prononcée par le pape en latin ndlr)», note le jeune apprenti de 17 ans.

«Nous avons besoin de modèles

Mieux placée, Michelle Greder-Ducotterd a vécu profondément l’unité et la diversité de l’Eglise catholique. «Sur la place Saint-Pierre, je fais partie de quelque chose d’incroyablement grand. Mettre ma prière dans celle des autres est très beau. ” Pour elle, cette spécialité catholique de désigner des saints a tout son sens.»Nous avons besoin de modèles pour nous rappeler que nous sommes tous appelés à la sainteté.» «Je suis aussi venue en témoignage de reconnaissance. Marguerite a guéri autrefois une de mes sœurs. Elle est aujourd’hui décédée, mais je tenais à venir en son nom.»

Nicole Curdy. | © B. Hallet

«Grâce aux saints, le ciel s’ouvre. J’ai touché le paradis, poursuit Nicole Curdy. Cela reste fort, y compris à notre époque. Marguerite est un modèle et pas seulement pour les gens bien comme y faut. Elle nous prend par la main pour nous amener vers Dieu.»

Marguerite, une femme ‘en tablier’

Ludmilla Pugin, venue avec sa maman Viviane Rusca, se réjouit de voir une femme laïque, une femme ‘en tablier’, une maman de cœur’ accéder au rang des saintes de l’Eglise. «Enfants, jeunes, aînés, tous les âges étaient représentés, comme on aimerait le voir plus souvent dans nos églises.

«Nous sommes arrivés à Rome avec un sac plein de soucis et des intentions de nos proches. Nous l’avons déposé aux pieds de Marguerite. Nous rentrons le cœur plein de joie», estime Viviane.

«J’ai déjà tout raconté à mes proches sur WhatsApp, renchérit Ludmilla. Les réseaux sociaux peuvent aussi être un lieu d’évangélisation. Un de mes beaux-frères, qui se revendique athée, s’est mêlé à nos échanges depuis son lieu de vacances au Canaries… J’ai même couru pour filmer le pape François sur sa papamobile!»

Le pèlerinage c’est aussi le chemin

Le pèlerinage c’est aussi le chemin. «Je trouve extraordinaire la rencontre de personnes inconnues. Chaque rencontre est une richesse. Les gens se révèlent», souligne Nicole. Un sentiment pleinement partagé par Madeleine et Estelle. «Même si nous sommes de la région, nous ne connaissions de loin pas tout le monde. Le courant est bien passé.» (cath.ch/mp)

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Près de 500 Suisses ont participé à la messe de canonisation de Marguerite Bays. | © B. Hallet

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