Sophie Buchs est directrice de Caritas Genève depuis le 1er septembre 2021 | © Raphaël Zbinden
Dossier

Sophie Buchs, des Noëls dans les deux hémisphères

30 novembre 2021 | 17:00
par Raphaël Zbinden
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La famille de Sophie Buchs, nouvelle directrice de Caritas Genève, est partagée entre la Suisse et l’Argentine. Dans ces deux pays, elle a passé des Noëls bien différents.

Noël à la fondue chinoise ou au barbecue. Sophie Buchs a eu la chance de vivre les deux.

Depuis sa petite enfance, celle qui a pris la direction de Caritas Genève le 1er septembre 2021, a alterné les fêtes de la Nativité entre la Suisse et l’Argentine, où résidaient ses grands-parents.

Vers les chutes d’Iguazu

Ces derniers ont émigré du Tessin en Amérique du Sud dans les années 1950. Ils se sont installés dans la province de Misiones, au nord-est du pays, où ils sont devenus cultivateurs de yerba maté. Les feuilles de cette plante proche du houx, infusées dans l’eau chaude, donnent le maté, une boisson stimulante très prisée en Argentine.

Quand elle venait passer les fêtes dans cette région à la frontière avec le Brésil et le Paraguay, Sophie Buchs a pu admirer les spectaculaires chutes d’Iguazu. Elle a aussi visité les vestiges des missions jésuites fondées au 17e siècle. Un pan de l’histoire locale auquel son grand-père s’intéressait de près, allant jusqu’à créer dans la province argentine plusieurs musées consacrés à ce thème.

40 degrés à l’ombre

La Genevoise passait ainsi Noël, un an sur deux, dans ce contexte totalement différent de la Suisse. Après presque 24 heures de voyage, elle atteignait, avec sa famille, l’exploitation de ses grands-parents.

Le premier défi était de s’habituer au climat. La zone étant située dans l’hémisphère sud, les températures y oscillent, fin décembre, entre 37 et 42 degrés. Avec un taux d’humidité très élevé rendant l’atmosphère étouffante.

La nouvelle directrice de Caritas Genève se rappelle aussi que les séjours étaient parfois marqués par un déchaînement des eaux du ciel. Des pluies habituelles à la période de Noël, dans une région touchée par le phénomène climatique El Nino (qui signifie justement Petit Jésus).

La province argentine de Misiones se trouve à la frontière avec le Brésil et le Paraguay (Google Maps)

Noël dans la piscine

Malgré cela, et la présence d’animaux tropicaux pas toujours attachants, tels que les serpents, Sophie Buchs a gardé de ces visites des flashbacks précieux. «J’ai des souvenirs de liberté et de jeu, avec le grand jardin et la piscine.» Et surtout une chaleureuse ambiance de fête. «Comme il fait très chaud, les habitants célèbrent Noël surtout à l’extérieur, et en se réunissant, ce qui rend les assemblées nombreuses et joyeuses».

Les festivités débutent comme en Suisse, par un repas pris dans le cercle familial proche. Comme il est de coutume en Argentine, la viande, également au barbecue, est au centre du menu. Avec les salades et bien sûr la possibilité de savourer des fruits tropicaux fraîchement cueillis.

A mesure que la soirée avance, on rencontre les familles amies, la communauté élargie. La messe de minuit constitue le temps fort. La région étant peuplée principalement d’Européens d’origine, de confession surtout catholique, les célébrations ne sont pas tellement différentes de celles en Suisse. Ce qui change, en revanche, c’est qu’après la messe, la fête ne fait que commencer, se poursuivant souvent jusqu’au matin.

Le «cocon» suisse

De lumineux souvenirs, qu’elle se remémore avec beaucoup d’émotion. «C’était génial, c’était l’aventure, la liberté». Elle se rend compte aujourd’hui à quel point ces expériences sous les tropiques l’ont ouverte à la joie de la rencontre, du partage, aux autres façons de vivre.

Sophie Buchs n’est plus allée depuis quelques années en Argentine, notamment à cause du Covid. Elle souhaite emmener un jour ses deux filles voir les chutes d’Iguazu et les ruines des missions jésuites. Nées en 2019 et 2020, elles sont cependant trop petites pour voyager aussi loin.

Il est ainsi certain que le prochain Noël se déroulera à Genève. Un contexte moins «exotique» que l’Argentine, mais pour Sophie Buchs, tout aussi précieux. La Genevoise a toujours apprécié la fête en Suisse pour son ambiance intime et familiale. «J’ai la chance d’avoir une grande famille, avec trois frères. J’ai des souvenirs de fêtes avec beaucoup de gens et de joie». Et l’aspect «cocon» a pris de l’importance depuis la naissance des deux petites.

La joie d’être ensemble

Le temps de Noël a également toujours été pour elle un événement spirituel particulier. «Dans ma famille, l’Avent était une période importante. Mes parents ne priorisaient jamais le calendrier, mais plutôt les temps de partage, avec un fort accent sur le religieux. Et Noël, ce n’était pas seulement aller à la messe de minuit. Avec toute la famille, nous avions une discussion, après la célébration, sur les valeurs liées à cette fête».

Sophie Buchs passera le prochain Noël chez ses parents, avec sa propre famille, ses frères et leurs familles respectives. «Maintenant que nous avons grandi et que chacun a eu sa propre évolution spirituelle, la fête est moins axée sur l’aspect religieux, admet-elle. Mais la joie d’être ensemble est toujours la même». (cath.ch/rz)

Agée de 34 ans, mariée et mère de deux enfants, Sophie Buchs occupe le poste de directrice de l’œuvre d’entraide catholique Caritas Genève depuis le 1er septembre 2021. Titulaire d’un master en Sciences politiques de l’Université de Genève, elle est depuis 2016 directrice générale de la Fondation Pro Juventute Genève, récemment rebaptisée 022 Familles. De 2011 à 2016, elle a également été la secrétaire générale du Parti démocrate-chrétien genevois (aujourd’hui Le Centre). RZ

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Sophie Buchs est directrice de Caritas Genève depuis le 1er septembre 2021 | © Raphaël Zbinden

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