Kevin Grangier, secrétaire de l'UDC Vaud. "En Suisse, on pratique la religion comme les Suisses". (Photo: Keystone)
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Kevin Grangier, secrétaire de l'UDC Vaud. "En Suisse, on pratique la religion comme les Suisses". (Photo: Keystone)

Vaud: la Fédération catholique juge "inutile" l’initiative populaire contre l’intégrisme religieux

24.11.2016 par Pierre Pistoletti

“L’initiative populaire de l’UDC contre l’intégrisme religieux est inutile”, affirme la Fédération ecclésiastique catholique romaine du Canton de Vaud (FEDEC-VD). Dans un communiqué de presse transmis ce 24 novembre, jour du lancement de l’initiative, elle estime que “le cadre légal actuel est déjà restrictif et offre des garanties suffisantes pour éviter toute revendication de privilèges de la part d’une nouvelle communauté recherchant une reconnaissance d’intérêt public”.

L’UDC Vaud a lancé ce jeudi 24 novembre 2016 une initiative pour préserver le canton de l’intégrisme religieux. Un texte qui veut “mieux cadrer” une spécificité vaudoise: la reconnaissance d’intérêt public. En substance, il vise à interdire l’octroi de toute dérogation ou tout privilège motivés par la croyance ou la pratique religieuse. “On ne va pas tourner autour du pot, expliquait à cath.ch Kevin Grangier, secrétaire général de l’UDC Vaud. Si le texte s’applique à tous, il concerne principalement les communautés musulmanes. Toutes les communautés issues du christianisme s’inscrivent dans un environnement culturel qui leur est proche. Ce n’est pas le cas de l’islam, religion très prosélyte, qui cherche à imposer son mode de vie”.

Une menace pour la paix confessionnelle

Or, pour la Fédération ecclésiastique catholique vaudoise, cette initiative populaire “peut menacer la paix confessionnelle. Elle risque notamment de décourager des personnes appartenant à des courants religieux minoritaires et désireuses de s’intégrer dans la société vaudoise”.

L’institution catholique juge “bien fait” le processus légal de reconnaissance de nouvelles communautés religieuses par l’Etat de Vaud. Il offre “suffisamment de garanties, notamment la primauté de l’ordre juridique suisse sur les préceptes religieux; le respect des droits individuels comme la liberté de conscience et de croyance; le respect de la paix confessionnelle – qui exclut tout prosélytisme agressif ou le dénigrement d’autres croyances – le respect des principes démocratiques”.

Le respect de ces conditions légales de reconnaissance impose “un long processus d’intégration dans la société vaudoise, nécessaire pour apprendre à se connaître réciproquement”. Un processus qui requiert du temps à toute nouvelle communauté religieuse pour “s’adapter à l’environnement où elle se trouve. Les catholiques en ont fait l’expérience entre la première loi de 1810 et la reconnaissance constitutionnelle de 2003”, rappelle la FEDEC-VD

“L’histoire l’a montré: l’Etat respecte les communautés religieuses qui respectent l’Etat, assure en outre l’institution catholique. La reconnaissance de nouvelles instances religieuses passe par l’acceptation de ce principe de réciprocité, aucune communauté religieuse ne pouvant réclamer des privilèges au nom de leurs préceptes religieux. Les dispositions actuelles du droit vaudois garantissent cela”. Ainsi, pour la FEDEC-VD: “un changement de la Constitution est dès lors inutile”. (cath.ch/pp) 


La Fédération ecclésiastique catholique romaine du canton de Vaud (FEDEC-VD) est l’institution de droit public vaudois qui, agissant d’entente avec l’autorité diocésaine, assure d’une part les relations de l’Eglise catholique romaine avec l’Etat de Vaud et, d’autre part, la gestion financière et administrative de cette Eglise dans le canton.


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