Homélie du 11 février2018 (Mc 1, 40-45)

Chanoine Michel-Ambroise Rey et des intervenants – Chapelle de Glace, Leysin

 

J’aime et j’admire le Seigneur qui entend notre prière. Il incline vers nous son oreille, car il est le Dieu de tendresse et d’amour. Le Seigneur défend les petits, nous étions faibles et il nous a sauvés (cf. Psaume 114) . Que cette eucharistie nous permette de trouver la paix et la joie.

J’aime et j’admire cette chapelle de glace. Une construction très écologique : pas de ciments, pas de fers, seulement de la neige, de l’eau et du froid ! C’est un joyau visité par plus de 20’000 personnes.

La pluie, le vent et le soleil l’attaqueront et auront  raison de son existence. Alors notre chapelle–igloo disparaîtra pour s’ouvrir entièrement sur le ciel !  de même pour chacun d’entre nous, nous connaîtrons des pluies inévitables, des vents violents, des soleils brûlants symbolisés par la maladie, les accidents, l’âge avancé qui auront raison de notre existence terrestre qui s’ouvrira sur la vie éternelle !

Michel-Ambroise continue : J’aime et j’admire particulièrement dans ce sanctuaire dédié à Notre-Dame de l’ARFEC, c’est-à-dire de l’association romande des familles d’enfants atteints de cancer, ce vitrail de glace avec sa croix qui frappe toute personne qui y pénètre. Je  regarde cette croix comme un magnifique symbole pour nous comme pour vous, chers malades et personnes âgées, chers amis sportifs accidentés, car au soleil couchant (ça vaut la peine de  venir la voir à ce moment-là), cette croix devient lumineuse et rayonnante, transfigurée  comme lorsque dans nos maladies, nos difficultés, nos peines et malheurs, des moments de grâce nous pénétrent  et transfigurent notre vie !

1.- Lise-Marie Morerod : J’aime et j’admire tous les sportifs qui ont eu de graves accidents lors de l’exercice de leur sport favori et je prie pour qu’ils retrouvent la santé et la joie de vivre …

2.- Joël : J’aime et j’admire  saint Nicolas de Flue, par son courage et sa prière, il nous rappelle que rien n’est jamais acquis : la paix est toujours à construire. Prions pour que nous soyons tous des artisans de paix …

Refrain par la chorale : Dieu de tendresse, souviens-toi de nous !

Michel-Ambroise continue : J’aime et j’admire ce lépreux dont nous parle l’Evangile de ce jour : il est courageux, il était dans les filets de la mort et il brave tous les interdits de la loi de Moïse ; il veut guérir, être purifié. Il vient vers Jésus. Il tombe aux genoux de Jésus en lui disant : si tu le veux, tu peux me purifier. Il prie avec courage, car il en a bavé d’être mis au ban de la société par sa maladie honteuse, par sa puanteur et par sa laideur. Alors il crie : Si tu le veux, tu peux me purifier.

Saisi de compassion, Jésus étendit la main, le toucha et lui dit : je  le veux, sois purifié.

J’aime, j’admire et je remercie ces médecins qui souhaitent faire baisser les coûts de la santé en ouvrant à leurs patients l’horizon de la prière.

J’aime, j’admire et je remercie  ces institutrices et professeurs dans les écoles primaires et secondaires qui enseignent à leurs élèves les commandements de Dieu : tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur et ton prochain comme toi-même afin que nos prisons ne soient pas surpeuplées par de jeunes et moins jeunes délinquants qui vivent sans foi ni loi !

3.-Tibe : J’aime, j’admire et je remercie Johnny Hallyday qui disait : c’est Jésus-Christ, le premier héros de ma jeunesse. Johnny restera fidèle à Jésus jusqu’au bout de  sa vie, étant illuminé par la croix qu’il portait toujours sur lui.

4.- Marcos ou Joe : J’aime, j’admire et je remercie  Nelson Mandela, formé dans la Gnadenval, la vallée de la grâce et de l’amour en Afrique du Sud lorsqu’il était jeune. Il n’a pas eu de rancœur à l’égard de ses bourreaux durant ses 27 ans de captivité à Robben Island et ensuite pendant qu’il exerçait la présidence de son pays.

Refrain par la chorale : Dieu de tendresse, souviens-toi de nous !

Michel-Ambroise continue : Cette croix de glace reflète notre vie sur cette terre. Silencieusement, elle est un plaidoyer pour une prière courageuse, une vraie prière chrétienne. C’est par la Croix que nous sommes configurés au Christ Ressuscité et que nous participons à la Résurrection.

5.- Pierre : J’aime, j’admire, je remercie Mère Teresa, que j’ai rencontrée personnellement à Calcutta. Elle s’est jetée corps et âme dans les bras des plus démunis de cette terre comme toutes les personnes qui sont au service des familles d’enfants atteints de cancer ….

6.- Sylviane : Le cancer et l’enfant sont deux mots qui, mis ensemble, annoncent la souffrance qui bouleverse chaque famille concernée.

Chaque année, nous organisons un camp pour les enfants malades et leurs frères et sœurs, une respiration pour tous. Un temps particulier où la maladie est mise de côté, presque narguée par la chaleur humaine qui y règne. Un pied de nez à la souffrance et au sentiment de solitude pour pouvoir reprendre des forces pour poursuivre sa route.

J’aime et j’admire la simplicité, l’authenticité et la solidarité qui animent chaque participant à ce camp, qu’ils soient enfants ou adultes.

J’aime et j’admire la force de chaque enfant, chaque parent, chaque frère, sœur, proche, qui malgré les difficultés continuent à aller de l’avant.

J’aime et j’admire la force de chaque proche qui doit vivre un deuil lorsque la guérison n’est pas au rendez-vous, je vous invite à prier pour eux tous et toutes.

Refrain par la chorale : Dieu de tendresse, souviens-toi de nous !

Michel-Ambroise continue : J’ai eu un rêve. Il suffit d’un r qui prenne la place d’un l pour que tout change : la glace devient la grâce. Alors j’ai rêvé que la chapelle de glace devienne pour tous les malades, spécialement de l’ARFEC, comme pour tous les sportifs une chapelle de grâce, un lieu où Dieu qui veut habiter les cœurs droits et sincères nous donnera la joie de vivre selon sa grâce (oraison du début de cette messe) qui fait fondre toutes les lèpres de notre monde, alors Leysin redeviendra la montagne magique où la vie prend le pas sur la mort, la grâce sur la glace ! Amen. Alléluia !


6e dimanche du Temps ordinaire – Année B

Lectures bibliques : Lévitique 13, 1-2.45-46; Psaume  31 (32); 1 Corinthiens 10, 31 – 11, 1; Marc 1, 40-45


 

Vincent Lafargue

Un Mot à la Foi

L’abbé Vincent Lafargue est prêtre du diocèse de Sion, curé de montagne actuellement dans les paroisses d’Evolène, Hérémence et Vex. Ancien professeur auprès de l’Alliance Française, il présente ici, chaque mois, un mot. Un mot de notre langage courant, en apparence connu, mais en le mettant en lien avec son sens sacré ou profond, avec l’actualité et avec la Foi.

Homélie du 4 février 2018 (Mc 1, 29-39)

Chanoine Roland Jaquenoud – Abbaye de Saint-Maurice

« Malheur à moi si je n’annonçais pas l’évangile. » Ces paroles fortes, ce cri de l’apôtre saint Paul dans l’épitre aux Corinthiens que nous venons d’entendre conviennent tout particulièrement à un dimanche que l’Eglise consacre à l’apostolat des laïcs. Apostolat, du mot apôtre qui veut dire envoyé. Voici que toute l’Eglise est envoyée. Et aujourd’hui, elle veut penser tout particulièrement aux laïcs. Mes frères, mes sœurs, tout le monde d’une certaine façon est un apôtre de Jésus, un envoyé.

Jésus-Christ, source d’espérance

« Malheur à moi, si je n’annonçais pas l’évangile. » Etre envoyé, cela fait partie de la mission de notre baptême. Etre envoyé annoncer l’évangile, non pas annoncer une doctrine, une idéologie mais annoncer une bonne nouvelle, quelque chose de beau, de bien, de bon. Annoncer Jésus-Christ, mort et ressuscité comme source non seulement de notre espérance mais comme source de l’espérance de tout homme et de toute femme en ce monde.

Devoir des laïcs d’annoncer l’Evangile

Annoncer l’évangile, mes frères, mes sœur, c’est un devoir, un devoir pour vous comme pour moi, un devoir pour chacun d’entre nous. L’apostolat des laïcs nous rappelle combien ce devoir est important notamment pour les laïcs qui ont à l’annoncer là où ils se trouvent, dans leur famille, dans leur travail, partout où ils sont. Ils ont à être de véritables témoins d’une bonne nouvelle.

Le partage d’une espérance

Mais pour cela il faudrait bien d’abord que nous soyons bien conscients que nous portons un message extraordinaire, une véritable bonne nouvelle. Si nous-mêmes, nous ne sommes pas convaincus qu’il vaut la peine que chaque homme rencontre Jésus-Christ, alors bien entendu, notre apostolat risque d’être une forme de propagande, de prosélytisme et le monde en a bien assez pour que nous ne nous livrions pas à cet exercice. Notre apostolat, mes frères, mes sœurs, ce sera d’abord un partage, le partage  d’une espérance que nous sommes appelés à vivre, d’une joie dont nous sommes appelés à être inondée. La joie de se savoir tellement aimé par Celui qui est créateur et sauveur de tous. Alors vous me direz, mes frères, mes sœurs, tout cela on le sait mais n’est pas tellement facile. Si on regarde les résultats, c’est assez mitigé, vous êtes d’accord.

L’exemple de Paul

Écoutons saint Paul : «  avec les faibles j’ai été faible pour gagner les faibles. Je me suis fait tout à tous pour en sauver à tout prix quelques-uns. » Saint Paul n’avait pas d’illusions particulières sur la force de ce qu’il pouvait dire. Néanmoins cette nécessité qu’il avait en lui d’annoncer l’Evangile elle était là, elle était forte, elle était très forte et il a voulu se faire tout à tous, être attentif à chacun, ne pas partir du principe qu’avec celui-là, cela ne sert à rien. Il a été tout à tous et grâce à cela, il en a sauvé quelques-uns, pour reprendre son langage. Mes frères, mes sœurs, une personne qui tout à coup découvre la beauté, la joie de cet amour infini qui nous aime, de ce cœur de Jésus offert et ouvert à chacun d’entre nous, rien que pour cette personne, cela vaut la peine d’essayer, d’apprendre à se faire tout à tous.

Sortir de son confort

Mais pour cela mes frères, mes sœurs, il faut accepter de sortir, de sortir d’une forme de confort, ce confort, nous le savons bien peut être aussi spirituel. Dans l’évangile tout à l’heure, nous voyons Jésus qui reçoit l’hospitalité dans la maison de saint Pierre, qui guérit sa belle-mère. On sait qu’il est là. Tous les gens de la ville de Capharnaüm arrivent. Il guérit et chasse les démons. On espère que cette joie, ces événements vont durer longtemps. Ils durent tout un jour. Et puis la nuit arrive la nuit et tôt le matin, avant le lever du jour Jésus s’en va. Il part prier, il part dans le seul à seul avec son Père. Et puis on finit par le trouver. « Tout le monde te cherche, reviens ! » Réponse de Jésus : « Allons ailleurs, dans les villages voisins afin que là aussi j’aille proclamer l’évangile car c’est pour cela que je suis sorti. »

Partager ce trésor de l’Evangile

Jésus, mes frères, mes sœurs, est sorti. Il est venu à nous, il est devenu homme comme nous, non pas pour que nous le gardions pour nous. Il est sorti pour aller évangéliser les villages voisins, les villes voisines, les âmes voisines, ceux qui finalement ne sont pas si loin de nous, mais qui pour différentes raisons sont encore loin de Lui. Alors tant qu’il y aura une âme à évangéliser, nous devons nous rappeler que Jésus est sorti pour elle et nous ne devons pas rester tranquilles. Cela doit nous déranger, cela doit nous faire lever.

Malheur à moi si je n’annonçais pas l’évangile, malheur à moi si je ne partageais pas ce trésor inexprimable, ce trésor d’une beauté immense, cette joie qui veut atteindre tous les cœurs et qui à cause de ma paresse est souvent encore loin des cœurs qui pourraient le recevoir. Amen.


5e dimanche du temps ordinaire – Année B

Lectures bibliques : Job 7, 1-4.6-7; Psaume 146 (147 A); 1 Corinthiens 9, 16-19.22-23; Marc 1, 29-39