Homélie TV du 15 août 2019 (Lc 1, 39-56)

Mgr Luc Crepy, évêque du Puy-en-Velay – Cathédrale Notre-Dame de l’Annonciation

Mère aimante, Marie veille sur ses enfants

Dans la salutation de Marie à Elisabeth, le Salut est annoncé à tous et à toutes les générations futures ! Le Salut, qui a pris corps en Marie enceinte de l’enfant Jésus, vient à la lumière quand ces deux femmes se saluent mutuellement : « lorsque tes paroles de salutation sont parvenues à mes oreilles, l’enfant a tressailli d’allégresse en moi. » (Lc 1, 44) Elisabeth, remplie de l’Esprit Saint, reconnaît la venue du Sauveur tant attendu : « D’où m’est-il donné que la mère de mon Seigneur vienne jusqu’à moi ? » (Lc 1, 43).

Dans le mystère de l’Incarnation, Dieu vient à la rencontre de notre humanité et le premier geste de celle, par qui se réalise ce projet de Dieu, est d’aller à la rencontre de cette autre femme, âgée, enceinte de celui qui désignera le Sauveur à tous, Jean-Baptiste. Ainsi, dans l’évangile de Luc, commence l’annonce du Salut à travers le simple geste d’une salutation : le Salut commence déjà quand nous saluons l’autre dans ce qu’il est. Marie vient au-devant de chacun de nous pour annoncer que Dieu réalise sa promesse : « Il se souvient de son amour, de la promesse faite à nos pères, en faveur d’Abraham et sa descendance à jamais. » (Lc 1, 54-55). Comme une mère aimante, apportant une bonne nouvelle à ses enfants, Marie annonce à tous l’amour de Dieu, manifesté en Jésus.

Marie au milieu de tous

Souvent dans les grands sanctuaires comme celui du Puy, où depuis plus de quinze siècles des foules de pèlerins viennent prier la Vierge noire, il semble au premier abord que c’est nous qui venons à Marie. Mais il n’en est pas ainsi, c’est elle qui vient à notre rencontre, c’est elle qui, comme avec Elisabeth, vient nous annoncer les merveilles que Dieu accomplit en son Fils, c’est elle qui nous dit, comme aux noces de Cana : « Faites tout ce qu’il dira. » (Jn 2,5). Ainsi, le moment fort de la fête de l’Assomption, c’est lorsque la statue de la Vierge sort de la cathédrale pour aller, en procession, dans les rues du Puy à la rencontre de la foule venue la célébrer et la prier. C’est une manière simple et belle de signifier Marie au milieu des gens, Marie avec tous, Marie avec ceux qui croient et ceux qui doutent, Marie à la rencontre des plus petits et des malades en fauteuil roulant qui l’attendent, à l’ombre, au coin d’une rue. Marie n’est pas une mère distante qu’on ne peut approcher, elle nous est donnée par son propre Fils pour qu’elle devienne notre mère. Comme le rappelle le pape François dans sa récente lettre aux jeunes, Marie « est aujourd’hui la Mère qui veille sur ses enfants, sur nous ses enfants qui marchent dans la vie souvent fatigués, démunis, mais souhaitant que la lumière de l’espérance ne s’éteigne pas.»

L’Assomption est une joyeuse prophétie

« Il s’est penché sur son humble servante ; désormais tous les âges me diront bienheureuse. Le Puissant fit pour moi des merveilles, Saint est son nom.» (Lc 1, 48-49) Si Marie, à l’aube du Salut, annonce les merveilles de Dieu, la fête de son assomption auprès de Dieu nous entraîne à percevoir la plénitude définitive du Salut dans laquelle elle est entrée et à laquelle nous sommes appelés. Marie est la première des disciples et, comme une mère aimante, elle nous donne une image de notre avenir et de la réalisation de la promesse de Dieu. L’Assomption de Marie est une grande et joyeuse prophétie : le chemin qu’elle a ouvert est celui de tous ceux qui croient à l’accomplissement des paroles qui leur sont dites de la part du Seigneur. L’Assomption manifeste ainsi la volonté de Dieu d’associer l’humanité à la Pâque du Fils bien-aimé pour que nous entrions, à sa suite, dans la vie éternelle.

Marie, modèle de l’Eglise

Le mystère de Marie et celui de l’Église sont étroitement liés l’un à l’autre et on ne peut saisir l’un sans accueillir l’autre. La figure de Marie, mère aimante, est ainsi le modèle de l’Eglise. « L’Église aime tous ses enfants, mais elle s’occupe et soigne avec une affection toute particulière ceux qui sont les plus petits et sans défense : il s’agit d’un devoir que le Christ lui-même confie à toute la communauté chrétienne dans son ensemble. » nous dit le pape François. Le Cantique de Marie, que nous aimons si souvent chanter, proclame : « Il disperse les superbes. Il renverse les puissants de leurs trônes, il élève les humbles. Il comble de biens les affamés… » (Lc 1, 51-53) Mais ces mots résonnent de manière insistante et grave, en cette période où la vie de l’Eglise est traversée par une grave crise : des petits et des humbles y ont été abusés. Alors le chant de Marie fait retentir dans l’Eglise « la douleur des victimes d’abus, qui est une plainte qui monte vers le ciel, qui pénètre jusqu’à l’âme et qui, durant trop longtemps, a été ignorée, silencieuse ou passé sous silence » comme le souligne le pape François. Aussi, plus que jamais, l’Eglise doit trouver le chemin qu’elle ne doit jamais quitter pour être, à la suite de Marie, mère aimante, attentive aux plus petits, aux plus faibles, aux humbles qui ont une place toute exceptionnelle dans le cœur de Dieu.

Marie, mère aimante, nous montre la route pour devenir des disciples missionnaires, porteurs de la Bonne Nouvelle, et témoins de l’espérance. Demandons à Notre-Dame du Puy de nous accompagner dans notre vie chrétienne pour que nous sachions, comme elle, accueillir la force de l’Esprit Saint pour laisser vivre le Christ en nous, à la gloire du Père ! Amen.


 L’ASSOMPTION DE LA VIERGE MARIE
Lectures bibliques : Apocalypse 11, 19a ; 12, 1-6a.10ab; Psaume 44, 11-12a, 12b-13, 14-15a, 15b-16; 1 Corinthiens 15, 20-27a; Luc 1, 39-56

Homélie du 11 août 2019 (Lc 12, 32-48)

Père André Carron – Hospice du Grand-Saint-Bernard, VS

Le chanoine Gratien VOLLUZ … grand initiateur des marches-pèlerinages alpins comme celui que certains d’entre vous avez vécu hier depuis le Val Ferret,

nous a laissé une « Prière du Pèlerin » dans laquelle il est dit :

A l’exemple de saint Bernard,

J’ai à écouter ta parole, j’ai à me laisser ébranler par ton amour;

Sans cesse tenté de vivre tranquille, tu me demandes de risquer ma vie,

Comme Abraham, dans un acte de foi;

Sans cesse tenté de m’installer, tu me demandes de marcher en espérance

Vers Toi le plus haut sommet dans la gloire du Père.


Voilà Abraham qui nous a été présenté dans la deuxième lecture !

Il est reconnu comme le « Père des croyants » – le « Père dans la foi » pour tous les croyants juifs, les croyants chrétiens et les croyants musulmans.

  • Il a vécu une « rencontre »… Avec un Avant et un Après !
  • Il a obéit à un appel…
  • Il est parti sans savoir où il allait…
  • Il a porté du fruit… son immense descendance humaine et spirituelle en témoigne…

La « conviction d’une présence »

Dans la lettre aux Hébreux, nous avons lu que « la foi est une façon de posséder ce que l’on espère, un moyen de connaître des réalités qu’on ne voit pas. »

Pour l’exprimer autrement, j’aime bien dire que la foi, comme l’amour, est la « conviction d’une présence ».

Abraham a dans son cœur, cette « lampe » qu’il sait garder « allumée » sur son chemin… qui l’installe en profonde confiance car il sait que finalement c’est Dieu qui est le « bâtisseur et l’architecte » ¨

Au baptême, j’ai été en quelque sorte « formaté » pour être habité par cette foi ! Un vrai trésor, une « lumière sur ma route » pour le pèlerinage de ma vie…

Les effets de la foi

Comment se transmet la foi ? Comment se transmet l’amour ?

Un vrai mystère !

Nous connaissons la souffrance profonde de beaucoup de  parents qui aimeraient tellement transmettre de belles valeurs humaines mais aussi la joie de la foi, la « joie de l’évangile », chère à notre pape François.

Ce qui est sûr, c’est que nous pouvons montrer les effets de la foi  !

Alors, des miracles sont possibles, les cœurs s’ouvrent et « entendent »…

 

L’évangile nous emmène dans une  hyper joyeuse ambiance de fin de noce au petit matin…

Premières surprise : les serviteurs, qui ont grandement contribué à la fête, vont être invités…
Comme ils ont raison d’attendre leur maître !

Deuxième surprise : ils vont d’être servi par leur maître !

La tenue de service ! La plus belle des tenues pour un être humain…

Celle de Jésus pour chacun de nous !
Une tenue tellement source de joie !

Tout à l’heure, on rappellera après la consécration : « Tu nous a choisis pour servir en ta présence ! »

Un Dieu qui s’approche

Derrière la double invitation de Jésus « Restez en tenue de service, gardez vos lampes allumées ! », il y a, en profondeur, une toute bonne nouvelle… Révolutionnaire et très étonnante pour l’époque : le Dieu présenté par Jésus ne ressemble en rien aux dieux païens

  • Qui sont lointains
  • Qui font peur
  • Qui exigent prières et sacrifices
  • Qui jugent

Le Dieu de Jésus, notre Père, est un Dieu qui s’approche et désire se mettre à notre service avec cette question maintes fois rapportée par les évangiles : « Que veux-tu que je fasse pour toi ? »

En tenue de service

Depuis bientôt mille ans, sur ce col, les chanoines ont voulu être en tenue de service (aider les gens à traverser les difficultés et les peurs du passage et, surtout,  à grandir dans leurs cœurs !)…

Ils ont voulu garder leur « lampe allumée » ! Il fallait y croire !

Certains soirs d’hiver, dans le brouillard, un phare est allumé qui guide les personnes dans la Combe des Morts et leur promet un refuge confortable et des visages accueillants.

Nous qui passons quelques heures ici, désirons nous imprégner de cet « esprit », de cette « manière »… qui est celle de Jésus !

En communiant au corps et au sang du Christ au cours de cette eucharistie, nous dirons notre faim et notre soif du cœur.

« Tenons-nous prêts ! »

Il y a trop de joie à accueillir Jésus… surtout quand il prend le visage du « premier-venu » !


19e DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE
Lectures bibliques :
Sagesse 18, 6-9; Psaume 32, 1.12, 18-19, 20.22; Hébreux 11, 1-2.8-19; Luc 12, 32-48


 

 

 

Notre-Dame du Scex: Les pèlerins du rocher

Petite chapelle bâtie sur la falaise qui domine la ville de St-Maurice (VS), Notre-Dame du Scex accueille chaque jour son lot de pèlerins. Trois d’entre eux nous ont partagé leur histoire et de vie et leur attachement à ce petit sanctuaire marial accroché au rocher.


Cyrille Rieder: la bonté en partage (1/3)


Maria Pinto: une vie pour les autres (2/3)


Georges Mottiez: Accompagner la mort au pied du rocher (3/3)