Lucie ou la quête de la vraie vie
Homélie du 3 décembre 2017 (Mc 13, 33-37)
Abbé Philippe Blanc – Église St-Pierre, Fribourg
Une nouvelle année liturgique commence aujourd’hui et ce temps de l’Avent nous invite à nous mettre en marche. En cette époque où notre monde, notre société, nos institutions et parfois jusqu’à nos familles et communautés sont saisis par l’angoisse, la peur du lendemain et la crainte à l’égard des autres différents, nous ne pouvons pas rester enfermés en nous-mêmes. Il nous faut sortir pour aller à la rencontre d’une espérance nouvelle. Pour nous, cette espérance à un nom : Jésus et, comme nous l’a rappelé saint Paul, c’est lui qui nous fera tenir fermement jusqu’au bout.
Dieu vient à notre rencontre
Oui, mettons-nous en chemin et nous serons émerveillés car nous allons découvrir qu’avant même que notre désir soit exprimé, Dieu a fait les premiers pas. Il prend l’initiative de venir à notre rencontre, de tendre la main à son peuple qui s’est égaré sur le chemin, d’ouvrir son cœur aimant à ses enfants qui ont oublié leur dignité filiale et fraternelle. Le prophète Isaïe ne disait-il pas en reconnaissant la fidélité de Dieu : tu viens rencontrer celui qui se souvient de toi en suivant tes chemins ?
Offrons l’argile de nos vies
Accueillons donc cette bonne nouvelle : Dieu vient à la rencontre de son peuple. Le Père envoie son Fils, il vient sur nos chemins et nous offre le cadeau de sa présence. En Jésus, le Père nous dévoile son visage et reprend l’œuvre de sa création en nous permettant de nous laisser pétrir et façonner par son amour. Nous sommes invités à vivre ce temps liturgique comme un temps de renouveau et de recommencement. Offrons tout simplement l’argile de nos vies afin que le potier divin puisse accomplir ses merveilles et réaliser son chef d’œuvre. Et tout cela va s’accomplir dans notre humanité.
Le Christ révèle l’homme à lui-même
La liturgie de ces quatre dimanches de l’Avent nous invite à nous préparer à cette rencontre et à reconnaître que celui qui est déjà venu, viendra de nouveau revêtu de sa gloire. Le rencontrer, c’est découvrir qui il est, mais aussi qui nous sommes ; c’est nous réjouir de sa présence, mais aussi être émerveillés par notre vocation personnelle ; c’est contempler Dieu devenu homme, mais aussi rendre grâce car nous sommes appelés à participer à la nature divine. Le rencontrer, c’est aussi faire l’expérience que seul le Christ révèle pleinement l’homme à lui-même.
A nous d’être disponibles
La rencontre avec le Seigneur au cœur même de notre histoire et de notre vie nous demande une certaine vigilance. Et Jésus nous dit lui-même : « Prenez garde, restez éveillés ». Prenez garde afin que vos cœurs ne soient ni endurcis, ni endormis. Restez éveillés afin d’être prêts pour le moment de la rencontre. Accomplissant ses promesses, le Seigneur vient et partage la vie de son peuple. Ce qu’il a annoncé par les prophètes, il le réalise en son Fils bien-aimé. A nous d’être disponibles et accueillants. A nous de faire une vraie place à la nouveauté de l’évangile et d’ouvrir nos portes pour que la présence du Christ soit une vraie bonne nouvelle.
1er dimanche de l’Avent – Année B
Lectures bibliques : Isaïe 63, 16b-17.19b ; 64, 2b-7; Psaume 79 (80), 2ac.3bc, 15-16a, 18-19; 1 Corinthiens 1, 3-9; Marc 13, 33-37
Piles intercontinentales
Dominique de Buman: la politique et la foi
Un prêtre marié pour les Chaldéens de Suisse
Stratégie agricole: un projet hors-sol
La religion a-t-elle droit à un régime particulier?
Homélie du 26 novembre 2017 ( Mt 25, 31-46)
Abbé François Dupraz – Basilique Notre-Dame, Lausanne
La première image qu’évoquent les textes d’aujourd’hui pour parler du Christ Roi, c’est l’image du bon berger. Le bon berger… Qu’est-ce qui caractérise un bon berger ?
Sans aucun doute l’attention qu’il porte au troupeau qui lui est confié. Le bon berger prend soin de toutes ses brebis, veille attentivement sur chacune, se préoccupe de leur santé, part à la recherche de celles qui s’égarent… En deux mots comme en cent : « il sent – dirait le bon Pape François – il sent l’odeur de ses brebis ».
Le Christ soucieux de nous rejoindre
Et c’est bien ainsi qu’apparaît le Christ Roi vis à vis de nous : Doux et humble de coeur, attentif à chacun, Il cherche et recherche les égarés, vient au-devant d’eux, soucieux de les rejoindre pour leur communiquer sa vie, comme le souligne le passage d’Ezéchiel, (1ère lecture).
Telle révélation suscite pour qui l’accueille en son cœur reconnaissance, gratitude, admiration, louange, action de grâce. Autrement dit Merci, merci, merci Seigneur ! Que ma vie de chrétien – c’est à dire de fils dans le Fils unique – soit un éternel « MERCI Père » du matin au soir et du soir au matin. Qui dira la puissance de la louange ?! Ceux qui vivent dans la louange…
A la recherche du Christ
Si l’Amour du Christ ne cesse de nous poursuivre pour mieux nous étreindre, Il se veut aussi le berger d’hommes et de femmes qui Le cherchent – Lui – à leur tour et reconnaissent librement et amoureusement son pouvoir royal.
Où chercherons-nous dès lors le Christ ? Là où Il se donne à rencontrer : Dans le pauvre, dit l’Evangile de ce jour… dans le pauvre. Nous vivions dimanche dernier ici même en une liturgie haute en couleur : la Journée Mondiale des Pauvres voulue par le bon pape François. Plus de 250 pauvres et démunis venus de partout ont prié ensemble puis partagé un repas festif et joyeux dans nos diverses salles paroissiales. Assurément Christ était au milieu de nous; Il était au milieu de nous comme Il est et demeure en nous.
Le pauvre est le visage de Jésus
Christ se donne à rencontrer aussi dans les prisonniers, les malades, les mal vêtus, les étrangers, les affamés, les assoiffés…. Il est là où très souvent nous pensons qu’il n’est pas ; Il est là où trop souvent le monde ne veut pas ou n’ose pas aller à sa rencontre…
En un certain sens le pauvre est notre maître car le pauvre, c’est le visage de Jésus qui se fait mendiant de notre amour.
Des communautés plus contemplatives
Le Christ se donne à rencontrer aussi et de manière très particulière dans les sacrements, au plus haut point l’eucharistie : « Le pain que je donnerai, c’est ma chair pour que le monde ait la vie » dit-Il à ses disciples. En cette basilique « Jésus – eucharistie » est adoré, loué, aimé au jour le jour pour le plus grand bien des multitudes et de l’Eglise entière. Merci Seigneur… car c’est là une grâce insigne pour notre vie communautaire. J’appelle de mes vœux l’avènement de communautés plus contemplatives au cœur même de nos cités. Il en va du renouvellement de l’Eglise.
Rencontrer le Christ dans la Parole, dans l’Eglise
Christ se donne à rencontrer dans sa Parole car cette Parole est une Parole vivante, une Parole de Vie, une Parole inspirée par la grâce de l’Esprit Saint qui, s’Il a parlé un jour par les prophètes, me parle toujours en ces mêmes paroles dans l’aujourd’hui de ma vie pour me pardonner, me relever, me consoler, me fortifier, en deux mots pour m’aimer.
Christ se donne à rencontrer encore dans Son Eglise ; Il s’identifie même à l’Eglise qui n’est autre que son Corps mystique se déployant au cours des siècles : « Saül, Saül, pourquoi Me persécutes-tu » dira-t-il un jour à Paul le persécuteur de l’Eglise… ou à Ses disciples: « Qui vous écoute m’écoute, qui vous rejette, me rejette ».
Voilà de quelques sources où puiser Dieu à l’heure où le monde se meurt de soif sur les rivages d’éternité : l’eucharistie, la Parole, l’Eglise, le frère / la soeur… Si quelqu’un a soif, qu’il vienne dès lors et qu’il boive celui qui croit en Christ! « De Son Coeur – comme dit l’Ecriture – jailliront des fleuves d’eau vive ». Cette même eau qui depuis vingt siècles purifie et vivifie l’Eglise à savoir l’Esprit Saint. Amen
34e et dernier dimanche du Temps ordinaire :
JÉSUS CHRIST ROI DE L’UNIVERS
Lectures bibliques : Ézéchiel 34, 11-12.15-17; Psaume 22, 1-2ab, 2c-3, 4, 5, 6; 1 Corinthiens 15, 20-26.28; Matthieu 25, 31-46
