Homélie du 29 octobre 2017 (Mt 22, 34 – 40)

Abbé Wolfgang Birrer – Basilique Notre-Dame, Lausanne

Amour de Dieu, et du prochain comme de soi-même : « De ces deux commandements dépend toute la Loi, ainsi que les Prophètes» nous dit le Seigneur Jésus.

De fait, la vertu de charité – orientée vers Dieu, le prochain et soi-même – est la base du christianisme. C’est sa nature, son fondement. C’est une participation à l’Être même de Dieu. « Dieu est amour » rappelle l’apôtre Jean dans une de ses lettres. « Je vous appelle amis » nous dit Jésus dans l’évangile selon saint Jean.

Notre vie chrétienne est une participation vitale, existentielle même, à cet Amour, pour en vivre en nous et autour de nous.

Des fruits de charité

La 2ème lecture de ce dimanche montre les bienfaits de la charité pleinement vécue. Saint Paul ne peut que constater le bien immense que fait la communauté chrétienne de Thessalonique, grâce à son accueil du Christ.

Saint Paul se réjouit de la manière dont cette communauté vit du Seigneur. Cela engendre des fruits de charité : « Vous êtres devenus un modèle pour tous les croyants (…) la nouvelle de votre foi en Dieu s’est si bien répandue partout que nous n’avons pas besoin d’en parler ».

Le témoignage de la foi et tout l’amour vécu par les chrétiens de Thessalonique fait beaucoup de bien, loin au-delà de cette communauté. Cela fait du bien jusqu’à nous aujourd’hui.

Rester courageux sur le chemin de l’amour

Peut-être connaissons-nous des communautés religieuses, paroissiales, des mouvements où une telle charité se vit aussi et a laissé en nous une forte et bonne impression. Nous pouvons nous appuyer sur toutes ces formes de témoignage de charité effective, vécue, pour rester à notre tour courageux sur le chemin de l’amour. Rester courageux, persévérants et endurants sur le chemin de la charité, dans le cœur comme dans les actes.

Nous laisser entraîner vers un plus grand amour

Parce que de fait, nous savons par expérience que vivre toujours dans l’amour demande de la persévérance, de l’endurance, et parfois même du courage. Et c’est alors que nous avons besoin de l’exemple de vie offert par d’autres :

– l’exemple des chrétiens de Thessalonique dont saint Paul décrit la charité.

– l’exemple de proches dont la vie chrétienne nous est un soutien et une source d’inspiration et de motivation pour notre propre cheminement à la suite du Christ.

– par exemple encore, nous pouvons trouver des conseils et des influences positives auprès des saints-es, des bienheureux-ses, dont les vies, les paroles, les écrits, voire les intuitions ne peuvent que nous entraîner vers un plus grand amour de Dieu, des autres et de soi-même.

Marie : un exemple pour nous

Nous pouvons aussi nous appuyer sur l’exemple de la sainte Vierge Marie, Mère du Christ et de chacun de nous. Notre foi nous dit que le cœur de Marie est immaculé, c’est-à-dire qu’il n’y a pas de prise pour le mal et qu’il est sans obstacle à l’amour. Sa vie sur terre a été parsemé d’heures de joie comme d’heures difficiles, comme il en va pour tous.

L’Ecriture nous parle des heures difficiles de Marie, qu’il s’agisse par exemple de la fuite en Egypte, ou de la mise en croix de son Fils, de sa mort et de sa mise au tombeau… On ne peut que imaginer combien cela a été rude et obscur pour la Mère de Jésus. Nous croyons cependant que, par grâce, Notre Dame est restée courageuse et persévérante dans toutes les vertus, aussi dans celle de la charité.

 

C’est pourquoi, nous pouvons nous confier en toute simplicité à sa prière d’intercession, et la prendre comme accompagnatrice dans notre désir de vivre les paroles du Christ de l’évangile de ce dimanche : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu (…) Tu aimeras ton prochain comme toi-même ». Notre Dame nous accompagne spécialement maintenant où nous nous préparons à célébrer et à recevoir la sainte Communion, qui est le sacrement par excellence de l’Amour du Seigneur. C’est là qu’Il nous apprend à aimer.

Amen.


30ème Dimanche du Temps ordinaire – Année A

Lectures bibliques : Exode 22, 20 – 26 ; Psaume 17 (18) ; 1 Thessaloniciens 1, 5c – 10 ; Matthieu 22, 34 – 40


 

Homélie du 22 octobre 2017 (Mt 22, 15-21)

P. Jean-Louis Rey – Ecole des Missions, St-Gingolph, VS

« Est-il permis, oui ou non, de payer l’impôt à l’empereur ? »
Voilà comment les pharisiens, les chefs religieux du peuple juif, espèrent piéger Jésus.

Si Jésus répond oui, il sera traité de collaborateur des occupants romains,
S’il répond non, il sera dénoncé comme un ennemi de l’empereur.
Dans les 2 cas, Jésus est piégé : il pourra être condamné.

Jésus nous emmène ailleurs

Mais Jésus s’en tire bien : « Sur la pièce de monnaie avec laquelle vous payez l’impôt, la figure et la parole, de qui sont-elles ?» – « De l’empereur ».
Alors, « Rendez à César ce qui lui appartient et à Dieu ce qui lui revient. » Jésus remet chacun à sa juste place.
Mais, en fait, Jésus va plus loin, Jésus nous emmène ailleurs.
En effet, sur la pièce, on pouvait lire : « Tibère divin César ». Donc, les empereurs romains voulaient être vénérés comme des dieux.
C’est là que Jésus n’est plus d’accord.
On doit payer l’impôt à Rome. Ok. Mais César n’est que César, il n’est pas Dieu, les hommes n’ont pas à lui rendre un culte. Ils ne doivent pas lui obéir comme on obéit à Dieu.

Et nous, AUJOURD’HUI ? De par notre baptême, nous portons la marque du Christ mort et ressuscité. Désormais, enfants de Dieu, membres du Peuple de Dieu, toute notre vie est imprégnée de la présence et de l’amour de Dieu. Et Jésus nous invite, il invite tous les hommes de bonne volonté, à RAYONNER sa PRESENCE et son AMOUR.

 Remis en cause

Comme dit Mgr Miranda, évêque de Gulbarga : « Avec tous les croyants, nous construisons une communauté humaine dans laquelle chacun aura sa place. Quand nous sommes unis avec Jésus, chacun de nos gestes peut devenir bénédiction. »
Mais attention, si nous prenons Jésus Christ au sérieux, il remet en cause toutes nos habitudes et nos certitudes et nous devenons nous-mêmes dérangeants pour les autres, surtout pour ceux qui croient pouvoir mettre la main sur nous. Un grand chroniqueur du journal ‘La Croix’, Henri Fesquet, disait : ‘Les chrétiens ne sont jamais de bons alliés en politique, car ils ne sont jamais les inconditionnels d’un homme ou d’un parti… ‘

S’engager

Cependant, en tant que chrétiens, face à tous les débats et tous les défis de notre société, nous ne pouvons pas rester indifférents, car c’est le Christ qui nous envoie pour construire ensemble cette ‘communauté humaine où chacun aura sa place’.
Plus que jamais, il revient à chacun de nous, de nous engager au nom de notre foi en Jésus Christ, au nom des valeurs de l’Evangile, afin de SERVIR LA VIE, afin d’améliorer la vie ensemble pour tous, pour que la dignité des plus pauvres et des plus défavorisés soit reconnue et respectée, chez nous et ailleurs.

L’accent sur la qualité de notre vie

Il y aura toujours et partout des hommes, des communautés, qui recevront la parole de Jésus Christ et qui se lèveront pour transformer ce monde. Sans confondre l’étape d’aujourd’hui avec le terme du chemin.
Donc, ne nous laissons pas séduire par les médias qui nous font rêver aux plaisirs faciles et immédiats et au seul confort matériel.
Conscients de nos responsabilités, gardons l’espérance
et, quelles que soient notre âge ou notre situation,
faisons ensemble ce que nous pouvons…
Mettons davantage l’accent sur la qualité de notre vie, plutôt que sur la quantité de choses à réaliser.

Construire une communauté

Plutôt que la réussite ou la rentabilité à tout prix, cherchons d’abord la paix et la justice dans l’ouverture à Dieu et dans l’attention aux autres.
Rappelons-nous le message de Mgr Miranda :
Sans chercher à faire des choses extraordinaires, ma mission est de témoigner et d’annoncer la bonne nouvelle que Dieu nous aime.
Collaborons ensemble à la mission de Dieu : construire une communauté humaine dans laquelle chacun aura sa place.
Soyons unis à Jésus pour que chacun de nos gestes soient bénédiction pour toutes les personnes que nous rencontrerons aujourd’hui et chaque jour ! C’est aussi cela, servir la vie.

Oui, Seigneur Jésus-Christ, nous sommes de plus en plus tentés de nous replier sur nous-mêmes, loin de ce monde tourmenté.
Et pourtant, tu nous envoies vers les autres,
tu nous envoies dans ce monde pour améliorer notre vie ensemble
et pour que nos communautés d’églises
soient plus ouvertes et plus accueillantes pour tous.
Esprit-Saint, aide-nous à toujours mieux assumer, dans l’espérance,
nos responsabilités de citoyens et de chrétiens
afin que chacun de nos gestes deviennent bénédiction. AMEN.


29e DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE – Journée de la mission universelle de l’Église.


Lectures bibliques :
Isaïe 45, 1.4-6; Psaume 95; 1 Thessaloniciens 1, 1-5bMatthieu 22, 15-21 – Année A