« Noël pour tous, ce n’est pas d’avoir un public cible, mais une envie de partager »

« Nous n’organisons pas un repas et une veillée de Noël pour tous par pitié, compassion ou charité ». De tels sentiments agacent Nicolas von Muhlenen Carrel, président de l’association Noël Pour Tous Prévôtois, basée à Moutier. Lire la suite


Noël: une période « difficile » aux Rives du Rhône

La fête de Noël est une période délicate pour les résidents des foyers des Rives du Rhône, une institution d’accueil pour les personnes en situation d’addiction. Loin des leurs ou sans famille, tous se préparent à passer une journée “difficile”. Lire la suite


Le deuil au cœur des fêtes

Comment vivre Noël alors qu’une place à table reste vide? Deux accompagnatrices de personnes endeuillées témoignent de leur engagement bénévole. Rencontre au Centre Sainte-Ursule, à Fribourg. Lire la suite


Noël loin de chez soi

“Je suis triste d’être éloignée de mon pays et de ma famille à Noël. C’est dur d’être loin”, raconte Amy, jeune étudiante congolaise qui vient de terminer un master en management à l’Université de Fribourg. “Je n’aime pas préparer Noël, mais je participerai au repas et à la fête au foyer St-Justin à Fribourg, le 25 décembre.” Lire la suite


 

Homélie du 18 décembre 2016 ( Mt 1, 18-24)

Père Pierre Jaquet – Basilique Notre-Dame, Genève

 

« Connaître le message de l’Incarnation : une grâce qui se répand dans le cœur »

Comment Dieu accomplit-il ce qu’il dit ?

Comment le Seigneur réalise-t-il son œuvre ?

Comment vient-il apporter le Salut ?

A entendre les lectures de ce dimanche une réponse s’impose : en étant ce qu’il est  à savoir « Emmanuel », « Dieu avec nous » !

Le prophète Isaïe l’annonçait : « le Seigneur lui-même vous donnera un signe : Voici que la vierge est enceinte, elle enfantera un fils, qu’elle appellera Emmanuel (c’est-à-dire : Dieu-avec-nous).»

Jésus, par excellence, est le signe de « Dieu avec nous » ; il est ce fils engendré de l’Esprit Saint, enfanté par Marie, épouse de Joseph, avant qu’ils n’habitent ensemble ; « Jésus » signifie : « le Seigneur sauve », « car c’est lui en effet qui sauvera son peuple de ses péchés ».

La lumière divine  s’incarne en Jésus

L’accomplissement de l’œuvre de Dieu suit une ligne claire. Saint Paul vient de la rappeler : « Paul, serviteur du Christ Jésus, appelé à être Apôtre, mis à part pour l’Évangile de Dieu, (…)  Cet Évangile (…)  concerne son Fils qui, selon la chair, est né de la descendance de David  et, selon l’Esprit de sainteté, a été établi dans sa puissance de Fils de Dieu par sa résurrection d’entre les morts, lui, Jésus Christ, notre Seigneur.»

On peut le constater, dans ce qu’il accomplit, Dieu suit une ligne claire. Et à leur tour, menant à bien ce qui vient de l’Esprit saint, Marie et Joseph témoignent de cette lumière divine qui s’incarne en Jésus.

Des attitudes qui fatiguent Dieu

Toutefois, ce que l’homme accomplit ne présente pas toujours la rayonnante attitude de Marie et de Joseph.

Ainsi de cette remontrance du prophète Isaïe au roi Acaz : « Il ne vous suffit donc pas de fatiguer les hommes : il faut encore que vous fatiguiez mon Dieu ! »

 Il est donc des attitudes qui fatiguent et les hommes et Dieu.

D’après Isaïe, ce qui fatigue Dieu est sa mise à l’écart par le roi d’Israël Acaz. Israël se trouve en effet dans une situation difficile, de défaite, d’humiliation – la fatigue des hommes – et le roi Acaz, plutôt que de se tourner vers Dieu, s’en méfie, en a peur. Isaïe dénonce ce manque de confiance du roi en s’exclamant : « Il ne vous suffit donc pas de fatiguer les hommes : il faut encore que vous fatiguiez mon Dieu ! » 

La religion reléguée à la sphère privée

Cette fatigue, cette lassitude, ne les connaissons-nous pas nous aussi aujourd’hui ? On voit en effet le monde contemporain toujours plus se tenir à l’écart des grands idéaux moraux et spirituels et considérer les institutions religieuses comme de simples corporations ou associations. Non, le monde moderne ne s’intéresse pas à Dieu et la religion est toujours plus reléguée à la seule sphère très privée de l’intime de chacun.

Le Dieu de la Bible n’est pourtant jamais sans son peuple qui imprime sa marque dans la vie du monde et en influence le cours. L’Église est le sacrement du salut pour le genre humain.

Un cadre qui donne un sens à la vie

« Il ne vous suffit donc pas de fatiguer les hommes ! » Les nombreux débats des médias sur les thèmes redondants de l’actualité ne finissent-ils pas aussi par lasser ? Et ce qui manque le plus cruellement aujourd’hui, n’est-ce pas un cadre de référence qui donne un sens à la vie, une pensée forte avec laquelle regarder en direction d’un demain meilleur ?

Une initiative porteuse de joie

L’origine de Jésus Christ dont parle l’Evangile situe l’actualité de Dieu dans un maintenant, dans l’aujourd’hui du temps.

Dieu prend l’initiative : « L’ange Gabriel fut envoyé par Dieu dans une ville de Galilée à une jeune fille du nom de Marie. » 

Une initiative porteuse de joie : « Réjouis-toi, comblée de grâce, le Seigneur est avec toi. » 

Une initiative dans laquelle l’impossible à l’homme se réalise : « Sois sans crainte Marie, tu as trouvé grâce auprès de Dieu. Voici que tu vas concevoir et enfanter un fils.» 

Dieu acteur principal

Une initiative où Dieu est l’acteur principal : « L’Esprit saint viendra sur toi, la puissance du Très-Haut te prendra sous son ombre. » 

Une initiative enfin qui, loin de le « fatiguer », éveille l’homme à sa liberté : « Voici la servante du Seigneur, que tout se passe pour moi selon ta parole. » 

Hier, Israël était « fatigué » et pourtant Dieu a pris l’initiative de l’Annonciation et du songe à Joseph. Sa décision éclaire notre aujourd’hui si rempli des fatigues de notre temps.

Comme hier, Dieu prend l’initiative aujourd’hui !

Son appel suscite toujours la joie !

L’impossible à l’homme se réalise encore !

Et le cœur de l’homme peut toujours retrouver en Dieu une vraie liberté !

Comment nous situer devant Dieu aujourd’hui ?

Marie et Joseph en furent et en sont les témoins véritables.

Comment nous situer devant Dieu aujourd’hui ?

« Quand Joseph se réveilla, il fit ce que l’ange du Seigneur lui avait prescrit : il prit chez lui son épouse. »

Comment nous situer devant Dieu aujourd’hui ?  En « faisant » nous aussi ce que Dieu dit  « faire ».

Le refus de se réveiller

C’est à cet endroit précis que se trouvent, aujourd’hui, les causes de la fatigue de notre monde : dans le mépris  du vouloir de Dieu ; dans le refus de se réveiller.

Non, Dieu n’est pas fatigué ni ne se fatigue d’accomplir son œuvre ! Ni les croyants ni l’Église non plus !

Que la fête de Noël qui approche nous enhardisse à mettre nos pas dans ceux de Marie, de Joseph. Ne passons pas à côté de ce signe que Dieu nous donne !

Oui, comme l’a dit la prière d’ouverture : «  Laissons le message de l’Incarnation répandre sa grâce dans nos cœurs. »

Notre-Dame de Genève, priez pour nous !

Notre-Dame, Messagère de paix, priez pour nous !

 

 


4e dimanche de l’Avent

Lectures bibliques : Isaïe 7, 10-16 ; Psaume 23 ;  Romains 1, 1-17 ; Matthieu 1, 18-24


 

Homélie TV du 11 décembre 2016 (Mt 11, 2-11)

Franz Wagner, diacre – Eglise Saint-Pierre, Wil, SG

 

Chers Frère et soeurs,

Réjouissez-vous en chaque instant ! Il m’est facile de vous le dire après les premiers mots du livre d’Isaïe … oui réjouissez-vous de chaque instant. Les images impressionnantes d’Isaïe s’adressant au peuple d’Israël dans son exil babylonien ouvrent le coeur, animent et réveillent l’espoir. Elles donnent le courage de se mettre en route.

Ces images éveillent en moi une atmosphère dans laquelle j’aimerais bien me projeter : „le désert, le pays aride, la steppe jubilent et fleurissent. Nous voyons la gloire et la splendeur de notre Dieu. Les yeux et les oreilles sont à nouveau ouverts et la langue crie de joie“

Ouvrir les yeux sur un avenir meilleur

Or le chapitre précédent du livre d’Isaïe est de toute autre nature. Il évoque la guerre, la destruction, le malheur. Toutefois, Isaïe ne souhaite pas seulement montrer ces situations mais aussi donner la possibilité à ceux qui l’écoutent d’ouvrir leurs yeux sur un avenir meilleur. Avec du courage et de l’espoir, ils reviendront de l’exil à la maison. „Dieu lui-même viendra vous sauver“ dit Isaïe. Yahvé, qui est et qui vient, permet un nouveau départ. La nation d’Israël a pu faire l’expérience de la libération et du retour dans l’allégresse à Jérusalem. Ainsi s’accomplissait le profond désir du peuple d’Israël.

Désirs et souhaits

Comme le peuple d’Israël, nous avons des désirs et de la nostalgie. Pas forcément les images de déserts fleurissant et de steppes luxuriantes mais le souhait de vivre en paix en famille, dans un environnement sûr, en ayant la santé, la reconnaissance et l’estime.

Si nous regardons autour de nous cependant, au-delà des frontières ou tout simplement à côté de nous, certains n’ont pas accès à ces désirs simples ou ils en sont encore loin. Hier se déroulait dans toute la Suisse l’action de Caritas „un million d’étoiles“. Des milliers de cierges ont été allumés pour attirer l’attention sur la pauvreté en Suisse. Le but recherché est de diviser en deux la pauvreté. Il y a encore beaucoup de choses qui ne sont pas résolus mais certaines sont sur un chemin prometteur. Car là où des personnes commencent à s’engager ensemble pour un avenir meilleur, là démarrent les grands espoirs. Toutefois, l’incertitude est souvent de mise : la voie choisie est-elle juste ?

Signes qui confirment la promesse

Jean le Baptiste avait également des incertitudes. Sa vocation était d’attirer l’attention sur Jésus. Il l’avait baptisé et disait de lui : „Je ne suis pas digne de détacher la courroie de ses sandales“. Jean portait en lui le profond désir d’être témoin du Messie ; d’éprouver ce Jésus qui libérerait le peuple d’une main forte. Alors qu’il criait dans le désert, qu’il dénonçait l’injustice et qu’il parlait avec des mots simples et clairs, il fut jeté en prison.

Derrière les murs, Jean ne pouvait voir comment Jésus agissait. Il avait connaissance toutefois des actions de Jésus mais elles étaient estimées dangereuses et douteuses. Il envoie alors ses disciples pour lui demander : „es-tu celui qui doit venir ou devons-nous encore attendre ?“ Jésus ne répond pas par oui ou par non. Il se réfère à ce qui se passe et dit : „Allez annoncer à Jean ce que vous entendez et voyez : les aveugles recouvrent la vue et les boiteux marchent ; les lépreux sont purifiés, les sourds entendent et les pauvres reçoivent la Bonne Nouvelle“. Oui ce que Jean avait annoncé se réalisait. Pas de la manière dont il l’imaginait mais les signes de Jésus confirmaient que sa promesse été remplie.

La manifestation de Dieu: différente de mes attentes

Jean est, avec sa question, proche de moi. Dieu se manifeste différemment de mes attentes et de mes représentations. Il vient à ma rencontre par le prochain, le malade, le souffrant, l’exclu, le marginal. Je rencontre aussi Dieu dans l’attente, le silence, la prière, dans la parole et dans le pain. Et c’est ce qui est chaque année captivant à l’approche de Noël : Dieu se fait homme pour nous rencontrer et nous répondre.

Mais qu’est-ce que j’entends et qu’est-ce que je vois ? Les yeux brillants des malades lorsqu’ils reçoivent une visite ; une nouvelle vie lorsque les exclus sont accueillis ; une éclaircie dans l’obscurité lorsque des pauvres sont aidés ; la paix dans le silence et le calme; la joie pour ceux qui cherchent et découvrent Dieu.

Les déserts et les steppes peuvent aussi fleurir chez nous.

Réjouissez-vous, je vous le dis encore une fois : Réjouissez-vous car Jésus est proche

Amen

(Traduction: Marie-Claude Cudry)


3e dimanche de l’Avent

Lectures bibliques : Isaïe 35, 1-6a.10 ; Psaume 145 (146) ; Jacques 5, 7-10 ; Matthieu 11, 2-11