Homélie du 17 avril 2016 (Jn 10, 27-30)
Abbé Guy Page – Eglise de Massonnens/FR
Vous l’avez certainement remarqué : l’Evangile de ce dimanche est très court, le plus court peut-être de tous les passages que nous lisons dans nos liturgies dominicales.
Mais il vaut la peine de nous y arrêter, pour découvrir la richesse de son contenu.
En 4 versets, Jésus nous fait découvrir une des plus belles révélations de la Bonne Nouvelle qu’il a apportée à notre monde. Il vient de commenter une parabole à ses disciples, mais aussi aux foules avides de l’entendre, mais aussi à d’autres qui voudraient le faire taire. Et dans cette parabole, il se présente comme le Bon Pasteur, le vrai Berger de ce peuple, le berger annoncé depuis des siècles par les prophètes. C’est là en effet une image traditionnelle qui court à travers tout l’Ancien Testament et que Jésus reprend à son compte en proclamant : « Je suis le Bon Pasteur… « Et comme en conclusion de sa parabole, il déclare solennellement que : « si nous acceptons de faire partie des brebis dont il est le berger, personne ne pourra nous arracher de la main de Dieu, pas plus de la sienne que de la main de son Père « !
« Personne ne pourra nous arracher de la main de Dieu »
La main de Dieu… Nous ne sommes pas tellement habitués à entendre et surtout à utiliser cette image. Et pourtant, c’est une image classique dans la Bible, comme bien d’autres expressions. Combien de psaumes, par exemple nous la chantent :
… la terre ferme, ses mains l’ont façonnée …
… a lui la mer, ce sont ses mains qui l’ont faite…
… … ou encore :
Protège cette vigne que ta main a plantée…
… mais aussi : Tu ouvres ta main et tu rassasies tout être vivant !
Mais il nous faut le reconnaître, il y a, en Dieu, tout à la fois
– La main divine du Père, que nous n’avons jamais vue
– Et la main humaine du Christ, le Fils de Dieu fait homme, que nos ancêtres il y a 2000 ans, ont pu voir, toucher et voir agir !
« La main est l’instrument le plus perfectionné du monde « dit-on et chacun en fait l’expérience. La main du Christ, elle a aidé, elle a nourri de Nazareth à Jérusalem.
Plus encore, la main du Christ a guéri, elle a consolé, elle a aimé, du Jourdain au Calvaire.
C’est avec ces mains que le Christ nous conduit comme un berger conduit ses brebis.
Et jamais il ne lâchera cette main qu’il nous tend, à nous comme à Pierre qui avait peur de se noyer, puisqu’il nous dit et redit que « rien ni personne ne pourra jamais nous arracher des mains de Dieu, ni des siennes ni de celles de son Père du Ciel «
« La main du Christ a guéri, consolé »
C’est là une merveilleuse promesse, une source d’espérance et de salut dans toutes les difficultés que nous pouvons connaître ici-bas, dans notre vie de tous les jours.
Avec saint Paul alors, nous pouvons dire :
«Oui, j’en ai l’assurance, ni la mort ni la vie, ni le présent ni l’avenir, rien ni aucune créature, rien ne pourra nous séparer de l’amour de Dieu manifesté en Jésus Christ notre Seigneur «
Il nous suffit pour cela de vouloir rester avec lui, de le prendre comme compagnon de vie, d’accepter de nous laisser conduire, enseigner, nourrir et éclairer par celui qui est notre Berger, de le suivre non pas comme des moutons bêlants ou muets, mais comme des brebis confiantes et aimantes.
« Mes brebis écoutent ma voix. Je les connais et elles me suivent «
A nous de faire en sorte que cette parole, que ce désir du Christ soit une réalité profonde et fidèle, chaque jour qu’il nous donne de vivre avec lui et d’être notre Bon Berger.
AMEN
4e Dimanche de Pâques
Lectures bibliques : Actes 13, 14.43-52; Psaume 99; Apocalypse 7, 9.14b-17; Jean 10, 27-30
Mgr Felix Gmür donne son discernement sur Amoris laetitia
Saint Dominique, frère pour l’Evangile
Regard oblique sur…la Bible
La vidéo du pape, avril 2016
Nos amis, les robots?
Sion: une messe en patois
Pierre m’aimes-tu vraiment? Amoris Laetitia
Homélie TV du 10 avril 2016 (Jn 21, 1-19)
Abbé Jean-Jacques Martin, vicaire épiscopal – Eglise Notre-Dame de l’Assomption, Le Locle (NE)
Bon, ben… voilà ! Les disciples sont retournés chez eux, en Galilée !
Il y a eu la mort tragique de Jésus. Ce fut un drame épouvantable.
Ils avaient tellement misé sur lui. Ils avaient tellement mis leur espoir en lui. Alors il faut bien faire quelque chose !
Ils décident de faire ce qu’ils savent faire : aller à la pêche… Cela passera le temps… Ils ne sont pas nombreux : 7 !
Où sont les autres ? Que font-ils ? Qu’attendent-ils ? On ne le sait pas… Sept dans une barque, sur la mer, en train de pêcher mais sans rien prendre…
Toute la nuit ils ont travaillé en vain. Ils reviennent bredouille, fatigués et déçus.
Au lever du jour, Jésus est là, sur le rivage. Vous l’aurez remarqué, Jésus ne dit pas « bonjour » ou bien encore « la paix soit avec vous », il leur dit : Eh les enfants, vous n’avez pas quelque chose à manger ?
Il les appelle « enfants » parce qu’ils sont comme des nouveau-nés.
La nuit est derrière eux. Lui, il est sur le rivage, devant, comme pour le montrer un monde neuf.
Mais ils ne comprennent pas encore, c’est pourquoi à la question « vous n’avez rien à manger »,
ils sont bien obligés de répondre « non » ! Et, devant leur découragement, la seule chose qu’il leur dit, c’est de jeter le filet à droite de la barque.
Et, curieusement ils le font, comme s’il y avait une force en eux qui les contraignait à écouter la voix. Et le filet est plein.
Alors Jean dit à Pierre : « C’est le Seigneur ». Et Pierre se jette à l’eau. Il ne dit rien, il sent bien que c’est lui, Jésus qui est là sur le rivage.
Et il n’y a que lui qui peut faire une chose pareille. Oui, c’est le Seigneur !
Sur le rivage, le feu est prêt, il y a du pain : on peut manger ! Vous vous souvenez certainement des disciples d’Emmaüs.
Jésus leur parle sur la route, mais ils ne le reconnaissent pas. C’est seulement lorsqu’il aura partagé le pain qu’ils vont tout d’un coup le reconnaître.
Pourtant, dans notre récit, personne n’a le courage de lui demander si c’est bien lui !
Ils savaient, intimement, que c’était bien le Seigneur.
C’est vrai que les disciples l’ont déjà reconnu, mais en quelque sorte ils sont réconfortés dans leur reconnaissance de Jésus.
« Il faudra le partage du pain … pour que nous puissions reconnaître Jésus »
Il en va bien souvent de même pour nous. Peut-être que ce matin nous sommes venus dans cette église ou devant le poste de télévision sans vraiment le reconnaître. Il faudra le partage du pain et du vin, son corps et son sang, pour que nous puissions le reconnaître ou mieux : le connaître.
Alors la confiance est pleinement retrouvée !
Il ne s’agit pas d’une leçon de catéchisme. Ni pour les disciples, ni pour nous. C’est une question de vie.
Nous avons à redire, à la suite des disciples, au plus profond de nous-mêmes que Jésus est notre Seigneur et notre Dieu.
Qu’il fait donc, si nous le voulons bien, partie de notre vie.
Ainsi nous avons toujours à nous rendre compte qu’il fait partie de notre existence.
Oh, je le sais bien, comme pour les disciples, il pourrait nous paraître parfois absent.
Mais il y aura des moments où nous serons certains de sa présence, de son amour pour nous.
Il y aura des moments où il nous donnera rendez-vous pour nous aider et nous éclairer quand nous ne pécherons rien, c’est-à-dire dans ces moments où nous n’arrivons à ne plus aimer notre entourage, où tout ce qui est entrepris rate, où nos efforts n’aboutissent à rien.
Et nous entendrons, dans notre cœur, Jésus nous dire : « m’aimes-tu ? ». Il nous le dira même plusieurs fois, si cela est nécessaire.
« Seigneur, je t’aime malgré mes trahisons »
Et viendra ce moment magique où l’on pourra sentir les larmes nous monter aux yeux et où on pourra dire : « mais Seigneur, tu sais bien que je t’aime ».
Oui, Seigneur, je t’aime malgré mes trahisons, je t’aime tellement parce que j’ai besoin de toi.
Et Jésus me fera comprendre que je peux aller de l’avant, que je peux continuer ce chemin de vie avec lui, que je n’ai pas à m’inquiéter parce qu’il sera toujours avec moi, parce qu’il m’aime !
Chers amis ici présents, et vous qui suivez notre célébration grâce à la télévision, n’oubliez jamais que seul l’Amour, avec un « A » majuscule, est nécessaire pour suivre le Christ et donc pour accomplir la mission qui nous est donnée et qui consiste à aimer, à servir, à guider, à encourager les autres, mon prochain, celui qui m’est le plus proche, comme Jésus nous en a montré l’exemple.
Dans l’Eglise d’aujourd’hui, où le Christ est toujours présent, chacune, chacun a un rôle important à jouer, avec son charisme propre.
Dans un instant nous aurons la joie d’accueillir des bénévoles de notre Unité pastorale qui ont su répondre à cet appel du Seigneur : « m’aimes-tu ? » Ils ne sont pas les seuls à avoir répondu à l’amour du Seigneur, bien entendu. Il y a eu 153 poissons dans le filet : cela représente la diversité de celles et ceux qui forme une communauté unie : le filet ne se déchire pas !
Dans l’évangile que nous venons de lire, le Seigneur dit à Pierre : « suis-moi ».
Il lui confie une mission : prendre soin des brebis du Seigneur, ce qui veut dire prendre soin de chacune, de chacun, tel qu’il est, quel qu’il soit !
Ce ne sont pas les qualités professionnelles, les compétences ou le savoir faire de Pierre qui lui permettra de suivre le Christ, mais bien son amour pour Jésus.
C’est cette foi totale en Jésus qui permet de passer de la bredouille à la pèche totale, de la mort à la vie.
Ce qui est valable pour Pierre, l’est aussi pour chacun de nous.
Nous avons à prendre conscience de nos faiblesses, de notre pauvreté.
C’est cela qui est le chemin pour pouvoir vivre de l’amour même qui habite Jésus.
Oh, je le sais bien, vous trouvez cela très difficile !
Eh bien justement, non !
Puisque c’est le sens même de notre vie, c’est notre vocation, c’est cet appel auquel nous pouvons répondre pour nous mettre au service de nos frères et sœurs.
C’est vrai que parfois nous pouvons penser : il n’y a pas que moi !
Et les autres ? Dans nos communautés, nous avons de la peine à recruter, à trouver de nouveaux bénévoles.
N’oublions jamais que Jésus adresse à chacune et à chacun un appel personnel, singulier.
Vous savez, je ne peux pas, à partir de ce que Dieu me demande, deviner ni mesurer ce qu’il demande à l’autre, même si je le connais bien.
« Jésus adresse à chacune et à chacun un appel personnel, singulier »
La réponse que nous apportons à Jésus, c’est finalement une affaire personnelle.
On peut presque dire que c’est le test de notre amour pour lui.
Nous avons quelques craintes ou quelques peurs ? Aucune importance !
Jésus vient à notre rencontre et nous dit : « que t’importe, toi, suis-moi ! »
Merci à vous qui avez répondu à cet appel ! Et toutes celles et tous ceux qui hésitent : venez, voyez, cela est enthousiasmant, cela en vaut la peine !
Il n’est jamais trop tard pour faire de la place à Jésus au plus intime de notre cœur.
AMEN !
3e dimanche de Pâques
Lectures bibliques : Actes 5, 27b-32.40b-41; Psaume 29; Apocalypse 5, 11-14; Jean 21, 1-19
