Le vin et le divin: série d’été autour de la Fête des Vignerons

Jean-Claude Hurni: un vigneron debout (6/8)

Vigneron et chanteur, Jean-Claude Hurni se définit comme un homme debout, les pieds sur terre et le tête tournée vers le ciel, à faire du vin en restant le plus proche et le plus respectueux de la nature. Rencontre avec ce Vullerain qui voit son travail comme un métier d’espoir et d’avenir.

Homélie du 16 juin 2019 (Jn 16, 12-15)

Frère Gilles Emery O.P. – Couvent des Dominicains Saint-Hyacinthe, Fribourg

Notre Dieu nous a fait connaître qui il est, et c’est dans son agir de salut qu’il nous a révélé son identité. Dieu se fait connaître dans la vie qu’il nous donne et qui renouvelle nos existences. C’est cela que nous célébrons aujourd’hui : notre Dieu s’est fait connaître comme Père en nous donnant son Fils ; il s’est fait connaître comme Fils dans le don de l’incarnation et de Pâques ; et il s’est fait connaître comme Esprit Saint à la Pentecôte.

C’est par le don de lui-même que notre Dieu, dans les événements du salut, de Noël à la Pentecôte, s’est révélé comme Trinité. Lorsque Dieu se fait connaître, il ne transmet pas des “informations” sur lui‑même, mais il se donne à nous en personnes, en trois personnes. C’est en accueillant ce don, dans la foi vive, que nous recevons la révélation de l’identité trinitaire du Dieu unique et que, par là, nous recevons d’entrer dans une relation personnelle avec lui.

Baptisés dans le nom de la sainte Trinité

Nous l’avons entendu dans les lectures bibliques. La Sagesse, dans laquelle nous reconnaissons la personne du Fils de Dieu, communie pleinement à la vie de Dieu le Père dans l’éternité, et elle vient trouver ses délices avec les hommes, dans l’incarnation. Et le Saint-Esprit, écrit saint Paul, nous a été donné avec l’amour de Dieu qu’il a répandu dans nos cœurs. Dans l’évangile Jésus nous dit que le Saint-Esprit nous conduira à la pleine connaissance de la vérité, c’est-à-dire à une foi vivante et aimante en Dieu le Fils qui nous donne ce qu’il a reçu du Père. Par la foi, par l’espérance et par l’amour de charité, la Trinité nous introduit dans sa communion. Au fond, quand l’Écriture sainte nous parle du salut, elle nous parle de la Trinité ; et quand l’Écriture sainte nous parle de la Trinité, elle nous parle du salut. C’est pourquoi nous sommes baptisés dans le nom de la sainte Trinité, le nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. Cela est tellement essentiel à la foi chrétienne que, lorsque l’Église a formulé son Credo, celui que nous proclamons aujourd’hui encore dans la célébration du baptême, de la confirmation et de l’Eucharistie, l’Église a donné à ce Credo une forme trinitaire : nous croyons au Père, et au Fils et au Saint-Esprit. Le Symbole chrétien de la foi, le credo de notre baptême, c’est le Symbole (le Credo) de la Trinité.

La fête de la Trinité récapitule tous les événements de salut

Et c’est la raison pour laquelle aujourd’hui, dimanche après la Pentecôte, nous célébrons la fête de la Sainte Trinité. Cette fête de la Trinité n’ajoute rien à Noël, à Pâques et à la Pentecôte, mais elle les reprend et les récapitule. La fête de ce dimanche noue Noël, Pâques et Pentecôte comme dans une gerbe de louange et d’adoration. À Noël, le Fils de Dieu est devenu homme pour nous donner de connaître son Père et pour faire de nous des enfants de son Père ; à Pâques, le Fils de Dieu est ressuscité dans la vie glorieuse pour nous donner de vivre avec lui auprès de son Père ; et à la Pentecôte, il a répandu l’Esprit Saint qui nous introduit dans la communion du Père et du Fils et qui nous fait avancer dans cette communion. La fête de la Trinité récapitule simplement tous ces événements de salut, avec une note spéciale de louange et d’adoration. Cette fête de la Sainte Trinité nous redit que la gloire de notre Dieu, c’est le salut des hommes qui a été accompli par l’envoi du Fils et par le don de l’Esprit ; et que le salut des hommes, ce n’est rien moins que l’union à Dieu le Père, dans son Fils Jésus et dans le Saint-Esprit qui nous a été donné. Et non seulement nous remercions Dieu pour les événements dans lesquels il s’est révélé et donné à nous (c’est l’action de grâces), mais nous adressons aussi à Dieu Trinité une pure et gratuite louange pour ce qu’il est (c’est l’adoration). Toute la liturgie de ce dimanche est marquée par cette louange d’adoration.

Une pause contemplative

En somme, avant de nous appeler à faire quelque chose, la fête de la Trinité nous offre une pause contemplative. C’est cette contemplation qui nous donnera la droiture et l’énergie pour mener notre vie chrétienne. Cette pause contemplative nous oriente dans deux directions qui sont en réalité comme les deux faces d’une même et unique pièce de monnaie.

(1) La première face, ce sont les événements du salut, de Noël à la Pentecôte, dans lesquels Dieu s’est révélé et donné à nous tel qu’il est : Père, Fils et Saint-Esprit, un seul Dieu. L’un des meilleurs moyens de regarder cette première face, c’est la prière du Rosaire dans laquelle, avec la Vierge Marie, nous portons notre attention sur la vie de Jésus dans sa relation au Père et au Saint-Esprit.

(2) La deuxième face, c’est Dieu Trinité dans sa vie intime, dans son éternelle gloire comme le dit la liturgie, dans l’unité des trois personnes qui sont un seul Dieu. Et la meilleure expression de cette attitude de contemplation, c’est la doxologie, c’est-à-dire l’adoration de louange dans laquelle nous rendons à Dieu la gloire pour ce qu’il est dans la pureté de sa vie divine. Cette journée nous est donnée pour inscrire, au cœur de nos vies, la louange de Dieu qui est l’action la plus vitale de toute l’Église, et l’action la plus profonde que nous puissions accomplir, c’est-à-dire rendre simplement gloire au Père, et au Fils, et au Saint-Esprit, comme il était au commencement, maintenant et toujours, dans les siècles des siècles, amen.


11e DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE –  LA TRÈS SAINTE TRINITÉ
Lectures bibliques :
 Proverbes 8, 22-31; Psaume 8, 4-5, 6-7, 8-9;  Romains 5, 1-5; Jean 16, 12-15


 

Homélie du 9 juin 2019 – Pentecôte (Jn 14, 15-16.23b-26)

Abbé Bernard Sonney – Église Notre-Dame, Vevey

Qui a eu l’idée d’appeler notre fête « Pentecôte » ? Déplacez-vous dans le temps, en 270 avant la naissance du Christ, allez en Égypte, à Alexandrie ! Des Juifs de la diaspora prennent une initiative révolutionnaire. Ils traduisent la Bible de l’hébreu en grec. Dans la foulée, la fête de « Shavouôte » est baptisée – en grec – « Pentecostes ». Shavouôte est la fête des Semaines. Multipliez les sept jours d’une semaine par sept, vous obtenez 49. « Pentecostes », le cinquantième jour, clôture les festivités.

Irruption de l’Esprit Saint

L’audacieuse traduction de la langue sacrée de la Bible en une langue accessible à tous signale l’intervention de l’Esprit Saint. Les irruptions de l’Esprit Saint visent toutes à améliorer la qualité de la communication et, par ce biais, à développer l’authenticité de la communion.

Ainsi les compagnons de Jésus ressuscité communiquent à tous une heureuse nouvelle et chacun l’accueille dans la joie. L’événement manifeste tout à la fois l’énergie infinie de l’Esprit Saint et la subtilité de sa sensibilité. Avec respect, avec tact et dans l’Esprit Saint, la parole des disciples rejoint chacun dans sa propre langue. Entendez : dans ses racines, dans sa culture, dans son cadre de vie… Personne n’est agressé par un prosélytisme forcené. Tous s’émerveillent d’entendre une parole qui les soude alors qu’ils sont d’horizons différents.

La force du témoignage

Qui sont les orateurs ? De simples Galiléens disciples de Jésus. Rien ne les distingue des autres. Rien, hormis une expérience qui fait la force de leur témoignage. En trois jours, ils ont exploré l’enfer et le paradis. Et cinquante jours plus tard, ils n’en sont pas tout à fait remis.

L’Esprit Saint les rejoint dans cette inconfortable parenthèse sise entre le temps de Jésus et un avenir encore verrouillé. Vous connaissez les faits. Ce récit de Pentecôte vibre encore de la surprise de tous et de l’émotion de chacun, de la soudaine assurance des disciples et de l’oreille attentive des foules.

L’aptitude à mieux communiquer

Et nous, ce cinquantième jour après Pâques, de quelle humeur sommes-nous ? Heureux d’entamer une nouvelle journée ? Ou oppressés déjà au réveil ? Quelles que soient nos dispositions, l’Esprit Saint en connaît le secret.

Et le voici à l’œuvre qui stimule en chacun de nous l’aptitude à mieux communiquer afin d’être tous plus proches les uns les autres. En deux mots, tout est dit mais seul l’Esprit Saint nous habilite à donner aux mots la consistance de la réalité. Amen.


Fête de la PENTECÔTE
Lectures bibliques : Actes 2, 1-11; Psaume 103, 1ab.24ac, 29bc-30, 31.34; Romains 8, 8-17; Jean 14, 15-16.23b-26