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Synode sur la synodalité: la Romandie se met «en chemin»

8 octobre 2021 | 10:25
par Rédaction
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A la veille de l’ouverture, par le pape François, le 10 octobre 2021, du Synode sur la synodalité, cath.ch a sondé les diocèses romands sur leur manière d’entamer cette «marche ensemble». Petit tour d’horizon de la mise en route d’un processus qui va durer deux ans.

Par Pascal Tissier, SCJP, Maurice Page et Bernard Hallet

Les 26 questions seront identiques sur tous les continents. Les diocèses de Bâle, de Coire et de Saint-Gall sont associés dans cette démarche d’envergure, explique Pascal Tissier, du service de la communication du Jura Pastoral. Les réponses seront traitées, synthétisées, par l’Institut gfs-bern.

«Emballé» par cette consultation, l’abbé Jean-Jacques Theurillat, vicaire épiscopal pour le Jura, tient à ce que la partie francophone du diocèse de Bâle soit pleinement impliquée dans ce processus synodal. Depuis plusieurs semaines, le vicaire épiscopal traduit lui-même, à l’intention des agents pastoraux, les documents de la campagne rédigés en allemand.

«A votre écoute»

Ainsi, si l’affiche alémanique propose le slogan «Wir sind ganz Ohr für Ihre Stimme», littéralement «Nous sommes à l’écoute de votre voix», Jean-Jacques Theurillat l’a simplifié radicalement en trois mots: «A votre écoute». «En allemand, explique-t-il, le ‘Nous’, c’est l’Église. L’institution se met en premier et invite à parler. ‘A votre écoute’ est une nuance qui induit que l’on veut entendre l’autre».

Le site internet du Jura pastoral est la plateforme principale que tous ceux qui souhaitent découvrir, comprendre ou participer à cette consultation pourront consulter. Les fidèles pourront également trouver l’explication détaillée de la marche à suivre dans le périodique lebulletin.ch, adressé à tous les catholiques du Jura.

Une «profonde réflexion locale»

Animatrice en pastorale dans le Val Terbi, France Crevoisier est convaincue que cette réflexion sera aussi utile localement: «Nous sommes en périphérie, comme dit le pape. Il veut nous entendre. Et même si nos réponses seront des gouttes d’eau dans l’océan, il faut profiter de cette occasion de se réunir, de s’exprimer. Ce processus synodal est le tremplin idéal pour une profonde réflexion locale… C’est aussi l’opportunité de développer la fraternité entre nous. Et puis c’est stimulant de savoir que l’on gardera localement une trace de cette réflexion».

Mise en route par les pieds

Pour le diocèse de Sion, le chemin synodal voulu par le pape François commence par une «liturgie de mise en route» selon les mots de Mgr Jean-Marie Lovey, évêque du diocèse. Une célébration se déroulera le 17 octobre à la cathédrale de Sion. Les fidèles se lanceront ensuite très concrètement dans un chemin commun qui les mènera à Valère pour les vêpres, à 18h.

Une marche emmènera les fidèles à la basilique de Valère pour les vêpres de 18h | © Bernard Hallet

«Mgr Lovey étant chanoine du Grand-Saint-Bernard et montagnard, nous souhaitons donner à cette démarche synodale une dimension concrète et existentielle de ‘mise en route’ aussi par les pieds», explique l’abbé Pierre-Yves Maillard, vicaire général du diocèse.

Le questionnaire préparé par Rome, sera mis à la disposition des fidèles via le site internet du diocèse pour être diffusé le plus largement possible. «Nous avons prévu de thématiser le synode à chaque réunion diocésaine importante, comme par exemple la journée des Conseils de communauté». Le vicaire général annonce également une rencontre médias organisée le 3 novembre sur ce thème. L’ensemble des réponses des Valaisans seront ensuite synthétisées avant d’être envoyées à la Conférence des évêque suisses (CES).

En dehors du questionnaire et de l’annonce systématique il n’y a pas d’actions particulières annoncées dans le diocèse.

Le but est le chemin

«Je me réjouis de cette initiative qui rappelle l’importance de la marche pour faire naître d’un compagnonnage des projets imprévus au départ. En un sens, comme en montagne, le chemin est déjà le but», souligne Pierre-Yves Maillard. A voir ce qu’il en sortira. Le fait de se mettre en route ensemble est selon lui plus porteur de fruits que la réalisation d’un seul.

Le vicaire général illustre son propos en citant les projets liés à la diaconie, tels que la Maison de la Diaconie, qui se sont concrétisés au fil du temps et suite à des réflexions, des idées et des envies partagées entre le service diocésain de la diaconie et l’évêque.

Lausanne, Genève et Fribourg se met doucement en route

Pour le diocèse de Lausanne Genève et Fribourg, le processus synodal démarre à peine, admet le nouveau vicaire général Bernard Sonney. Les Églises cantonales et les unités pastorales (UP) recevront prochainement la documentation utile, accompagnée d’un message de l’évêque. Mgr Morerod lancera officiellement la démarche le 17 octobre à la cathédrale St-Nicolas, à Fribourg.

Les UP chargées de mettre en œuvre la consultation

La consultation se déroulera en principe au niveau des UP, charge à elles de l’organiser selon les conditions locales, à travers des groupes de dialogues, des assemblées, des sondages, des enquêtes ou par d’autres moyens.

Chapelle St-Dominique-Savio de La Longeraie à Morges @ Bernard Litzler

Les pastorales catégorielles sont également invitées à répondre au questionnaire. Enfin des réponses individuelles restent aussi possibles. Le questionnaire a été un peu simplifié par rapport aux documents romains, afin de le rendre accessible à tous, explique le vicaire général.

L’Eglise du canton de Vaud a dores et déjà organisé des journées de formation sur la synodalité pour ses agents pastoraux. «Nous nous sommes retrouvés à La Longeraie, à Morges, pour une introduction au chemin synodal», a expliqué à cath.ch le diacre lausannois Bernard Litzler. «Après une lectio divina sur les Actes des apôtres, nous avons repris ensemble le discours du pape François du 18 septembre au diocèse de Rome. Il s’agissait de faire ressortir un enthousiasme, une crainte et un rêve.» La discussion a porté enfin sur les dix thématiques proposées par Rome et sur les manière de les partager dans les divers lieux d’engagement.

L’abbé Sonney souligne que la consultation n’est que le point de départ d’un processus qui doit s’étaler sur plusieurs années. Elle doit permettre de poser quelques bases pour orienter la réflexion future.

Un groupe de travail intercantonal, formé de divers responsables pastoraux est en train de se mettre sur pied pour donner les impulsions et accompagner la démarche. Le Conseil épiscopal aura aussi évidemment son rôle dans le processus, note le vicaire général. Il relève aussi que la nomination par Mgr Morerod de représentants de l’évêque laïcs dans les cantons va déjà dans le sens de la synodalité. Les réponses à la consultation seront adressées au diocèse qui les dépouillera et en fera la synthèse. (cath.ch/pt/mp/bh)

Dix pôles thématiques essentiels à approfondir
I. LES COMPAGNONS DE VOYAGE
II. ÉCOUTER
III. PRENDRE LA PAROLE
IV. CÉLÉBRER
VI. DIALOGUER DANS L’ÉGLISE ET DANS LA SOCIÉTÉ
VII. AVEC LES AUTRES CONFESSIONS CHRÉTIENNES
IX. DISCERNER ET DÉCIDER
X. SE FORMER À LA SYNODALITÉ

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Les diocèses romands s'apprêtent à se lancer sur le chemin synodal, à l'instar du Jura pastoral qui est «A votre écoute» | © Jura Pastoral

A la veille de l’ouverture, par le pape François, le 10 octobre 2021, du Synode sur la synodalité, cath.ch a sondé les diocèses romands sur leur manière d’entamer cette «marche ensemble». Petit tour d’horizon de la mise en route d’un processus qui va durer deux ans.

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