[Série d’été] Animaux et religion

Antispécisme: vouloir l’égalité entre homme et animal, une démarche religieuse?

Après le véganisme, l’antispécisme, qui combat la discrimination entre les espèces animales, a pris de l’ampleur ces dernières années. Peut-on parler d’un phénomène religieux? Non, estiment un docteur en philosophie antispéciste et un historien des religions. Lire la suite


Frère Adam, faiseur de reines

L’abeille Buckfast porte le nom de l’abbaye anglaise bénédictine d’où elle est issue. L’histoire de cette abeille est étroitement liée à celle de Frère Adam, un moine bénédictin qui développa durant 60 ans cette race, aujourd’hui présente dans le monde entier. Lire la suite


L’interdiction ancestrale de la viande porc

Musulmans et juifs ne mangent pas de porc. Les raisons de cette interdiction varient. Mais, en sol helvétique, la réalité à laquelle se confrontent ces deux communautés religieuses complique l’observation de ce commandement. Lire la suite


Des animaux et des évangélistes

Trois des quatre évangélistes ont un animal pour symbole. Il s’agit de créatures impressionnantes et fortes: le lion, le taureau et l’aigle. Ces références leur ont été associées bien après la rédaction des plus importants textes bibliques du christianisme. Lire la suite


La Bible ne donne pas une bonne image du serpent (Photo: Pixabay.com)

“Un serpent n’est ni méchant ni rusé”

L’homme éprouve naturellement de la crainte face au serpent. Réflexe inné ou fruit de l’image négative qu’en donne la Bible? Christophe Rotzetter, à la fois catholique pratiquant et amoureux des serpents, tente de réhabiliter l’image d’un animal injustement soupçonné d’être l’incarnation du mal. Lire la suite


Les animaux de Sankt-Urban: des moutons aux coquilles Saint-Jacques

Des animaux vivants aux différentes espèces représentées dans l’église baroque de Sankt-Urban: le diacre lucernois Sepp Hollinger prend soin de deux catégories de bêtes. Point commun: elles ont toutes un lien avec la Bible. Tour d’horizon dans cet ancien couvent cistercien, dans le cadre de la série d’été “Animaux et religions”. Lire la suite


Eucharistein: des animaux pour renouer avec le réel

Chèvres, lapins, canetons: au sein de la Fraternité Eucharistein d’Epinassey (VS), les animaux requièrent une attention constante. Une exigence, mais aussi une chance, pour les personnes accueillies, celle de renouer avec le réel.


Au Grand-Saint-Bernard, les animaux rappellent la beauté de la Création

Les célèbres saints-bernards au pelage blanc et rouge-brun et aux oreilles retombantes, longtemps employés comme chiens d’avalanche, sont indissociables de l’aura internationale de l’Hospice du Grand-Saint-Bernard. Lire la suite


 

Médor en route vers le paradis

“Je fais le plus beau métier du monde”, estime Micaela Gsponer, créatrice d’une entreprise de pompes funèbres pour animaux à Pampigny, dans le district de Morges. “Les animaux le méritent, leurs maîtres le méritent aussi. En quelque sorte, je travaille pour le respect de la vie”. Pour elle, la perte d’un animal est un véritable deuil. Lire la suite


Abbé Christian Meyer: “J’espère retrouver mes perroquets au paradis”

Le Père Christian Meyer, Abbé du monastère bénédictin d’Engelberg, dans le canton d’Obwald, a deux couples de perroquets dans son bureau. Ces oiseaux sont dotés d’une grande sensibilité et sont capables de jalousie, a-t-il expliqué à kath.ch. Il ne cache pas qu’il peste parfois contre eux quand ils sont trop bruyants. Lire la suite

Homélie du 23 juillet 2017 (Mt 13, 24-30)

Chanoine Raphaël Duchoud – Hospice du Grand-Saint-Bernard

Chers Pèlerins, chers frères et sœurs dans le Christ qui vous vous unissez à notre célébration par l’intermédiaire des ondes de la Radio romande,
Chaque année, par les différents pèlerinages alpins organisés par l’Hospice du Grand-Saint-Bernard auxquels chacun est invité à participer, l’exhortation de se mettre en route pour vivre une expérience d’Eglise à la recherche du Christ résonne dans le cœur et invite à se mettre en marche. Pour certains, cette participation au pèlerinage est une tradition qu’on ne veut pas manquer, pour d’autres c’est une découverte vers l’inconnu : l’inconnu de la rencontre, l’inconnu de la marche, l’inconnu de la destination.

La route : école de confiance

Dans l’Ancien Testament, quand le Seigneur exhorte Abraham à quitter sa nation pour aller vers le pays qu’il lui aura indiqué, il l’invite à la confiance, mais aussi à la patience face aux imprévus de l’histoire. Se mettre en route implique donc un certain renoncement aux sécurités pour se mettre à l’école de la confiance, de la patience et de la miséricorde, attributs spirituels qui rapprochent des sentiments divins du Seigneur à l’égard de toute l’humanité.
“L’amour prend patience, l’amour rend service” proclame-t-on souvent lors de célébrations de mariage. On retrouve ces mêmes sentiments dans l’attitude du maître de la moisson dans la Parabole de l’ivraie et du bon grain que la liturgie de ce dimanche présente à notre méditation.

Une humanité imparfaite

Notre Dieu ne cesse de vouloir entrer en relation avec notre humanité marquée par le péché et qui, par conséquent, reste imparfaite ; dans toute activité humaine croissent ensemble une part d’ivraie et de bon grain, en tenant compte que, dans la parabole de l’Evangile, l’ennemi qui sème l’ivraie n’est pas propriétaire du champ, par contre le bon grain relève du travail accompli par le propriétaire du domaine. Cela revient à dire que tout ce qui comporte de bien, de grand et de beau dans n’importe quelle œuvre humaine accomplie en vue du Royaume appartient au Maître de la moisson.

L’hospitalité, source de relation

Dans un même ordre des choses s’inscrit le charisme de l’hospice du Grand-Saint-Bernard : l’hospitalité. En effet, le thème des pèlerinages alpins organisés par l’hospice s’intitule : l’accueil et l’hospitalité, c’est pas compliqué. En se référant à l’antienne du cantique de la Vierge Marie chantée lors des Vêpres de la Fête de saint Bernard, on trouve cette pensée : « Il faut peu de choses : un toit, de l’eau, de la lumière, et le passant s’y réchauffe, le temps de traverser la nuit. » L’hospitalité peut donc se pratiquer dans la grande simplicité sur le plan matériel sans pourtant être dépouillée de toute richesse humaine qu’elle peut engendrer quand elle devient source de relation.

Accueil de l’inconnu

La devise de l’hospice du Grand-Saint-Bernard (ici le Christ est adoré et nourri) invite à vivre une dimension relationnelle dans la pratique de l’hospitalité : une expérience de vie, d’accueil et de respect. Il est vrai qu’on peut vivre cela chez soi, à la maison, avec les voisins de palier, dans les communautés villageoises, etc. Mais au cœur d’une démarche de pèlerinage, elle se vit dans l’accueil de l’inconnu qui demande une certaine ouverture de la part de chacun. Le Seigneur Jésus ne s’arrêtait pas aux apparences pour rencontrer les gens et les accueillir, mais c’est au niveau de la foi qu’il construisait un lien de vie avec ceux qui l’approchaient. Il se montrait ouvert en respectant toute personne qui l’approchait. Mais chacun est invité à entrer en relation avec lui dans une démarche de vie et de foi, aussi bien la Samaritaine que l’Aveugle de naissance ou encore les lépreux, les démoniaques et même les Pharisiens hostiles à sa doctrine : tous y sont invités, les bons comme les moins bons ; personne n’est exclu.

Présence divine au cœur de toute rencontre

Au cœur de la rencontre qui devient hospitalité, Dieu se fait hôte. Comme auprès d’Abraham, au Chêne de Mambré, Dieu s’invite à déjeuner dans la simplicité, il le fait pareillement auprès des hôtes que nous sommes. Certes, cela occasionne parfois des difficultés à reconnaître une présence divine au cœur de toute rencontre et de vivre cet accueil dans la sérénité d’une disposition intérieure ; l’hospitalité manquée, faute de confiance, rappelle la réalité de la vocation d’une Eglise qui tend à la perfection mais qui reste en elle-même composée d’êtres humains pécheurs, réalité dont elle est pleinement consciente.

L’Esprit Saint nous fortifie

Mais comme l’amour du Seigneur est de toujours à toujours, l’affection de Dieu pour son Eglise va au-delà de toutes les imperfections dues à la présence de l’ivraie au cœur de l’action quotidienne de ses enfants. Au sein de la communauté des Apôtres qui était loin de constituer un groupe d’élites parfaites, il envoie son Esprit-Saint qui est défini comme celui de la paix : « Recevez l’Esprit-Saint : tout homme à qui vous remettez les péchés, il lui seront remis … ». Ce même Esprit accompagne l’Eglise dans sa mission, c’est lui qui fortifie ses membres pour permettre à ceux-ci de tamiser le bon grain et l’ivraie afin de recueillir dans le grenier ce qui a de la valeur. Certes, même au cœur de l’hospitalité, un tri de ce genre est à faire : combien de fois la fatigue, par exemple, peut altérer notre manière d’exercer l’hospitalité !

Le bon grain porteur de vie et d’espérance

En se référant à la lettre aux Galates, on y trouve mentionné les neuf fruits de l’Esprit Saint énumérés par l’Apôtre Paul: « amour, joie, paix, patience, bonté, bienveillance, confiance, douceur, maîtrise de soi » (Ga 5, 22-23). Chacun de ceux-ci renferme une qualité propre à rendre l’hospitalité signe de la présence divine au cœur de notre monde ; tous reflètent une attitude de respect de la part d’un cœur qui recherche vraiment Dieu et chacun des fruits peut se vivre au quotidien dans une relation constructive qui révèle que le bon grain est porteur de vie et d’espérance.

Purification nécessaire

Si le passage de la lettre aux Romains de ce dimanche souligne que l’Esprit saint vient en aide à notre faiblesse car nous ne savons pas prier comme il faut, l’auteur est conscient que, malgré les bonnes dispositions de chacun, il y aura toujours de l’ivraie à passer au tamis pour que le bon grain puisse être purifié, il y aura toujours une purification nécessaire pour que nos sentiments tout humains puissent se rapprocher de ceux du Seigneur dont l’image de patience nous est révélé par Jésus lui-même, puisqu’il nous exhorte à tendre vers la perfection par ce commandement : « Soyez parfaits, comme votre Père céleste est parfait. » Pratiquons donc l’hospitalité au plus intime de nous-mêmes à l’égard de Celui qui peut tout en nous faisant mendiant de sa grâce.

 

Seigneur,
Je voudrais aimer comme tu aimes.
Pouvoir aimer sans condition.
Pouvoir partager mon pain avec ceux qui n’en n’ont pas.
Mettre un couvert de plus à ma table pour l’étranger.
L’accueillir, en lui donnant le meilleur de moi.
Si je ne peux pas donner autre chose que mon sourire,
qu’il voie ta nature en moi !
Tel est mon désir, mon Roi.
Je ne cherche pas de récompense
Seulement donner ce que tu me donnes
L’amour pour l’humanité
Amen


16e dimanche du temps ordinaire, Année A
Lectures bibliques : Sagesse 12,13.16-19; Romains 8, 26-27; Matthieu 13, 24-30


 

Homélie du 16 juillet 2017 ( Mt 13, 1-23 9

Chanoine Jean-Jacques Martin – Abbaye de Saint-Maurice

Chers amis,

Nous le savons bien : s’il y a une personne qui sème des graines au printemps, elle est confiante de pouvoir récolter le moment venu, sauf bien entendu si les conditions météorologiques sont désastreuses.

De notre côté, nous semons bien des actes de générosité, de tendresse, d’amour. Nous savons dire des paroles de consolation, des paroles d’encouragement, des paroles pour aider l’autre à rester debout…

Et nous sommes toujours agréablement surpris lorsque nous récoltons des fruits de ces actes de générosité ou de ces paroles d’encouragement.

Vous avez semé

Mais malheureusement nous mesurons aussi combien nos paroles peuvent tomber dans un cœur qui ne veut pas s’ouvrir à l’amitié, au partage.

Je me souviens de la parole de cette grand-maman qui me disait, à la sortie d’une célébration de la confirmation : « tous ces jeunes qui viennent d’être confirmés, on ne les reverra plus à l’église. Et, dans ma propre famille, mes petits enfants ne sont même pas baptisés ».

Je me suis permis de répondre : oui, c’est vrai, mais même s’ils ne viennent plus le dimanche, même si vos petits enfants ne sont pas baptisés, vous avez semé. Et ce que vous avez semé est précieux.

Savoir accueillir ce qui pousse

Il en va de même avec la Parole de Dieu. Si nous sommes là aujourd’hui dans cette basilique, si vous continuez d’écouter la retransmission de cette eucharistie par les ondes, c’est certainement que la parole de Jésus a donné des fruits en nous.

La semence a tout ce qu’il faut en elle pour porter des fruits, mais elle doit naturellement tomber dans de la bonne terre…

Qu’avons-nous donc à faire ? Notre mission de chrétiennes et de chrétiens, c’est d’être attentifs à la terre et savoir accueillir ce qui pousse.

La terre, ce sont les personnes que nous rencontrons dans le monde qui est le nôtre. Nous devons nous adapter à ce qui fait le monde aujourd’hui.

Dire la Parole dans le monde d’aujourd’hui

Le Christ lui-même a su dépasser le passé pour dire sa Parole dans le monde qui était le sien : il a dénoncé des injustices, il s’est révolté contre les puissances, il s’est approché de celles et ceux qui étaient méprisés par les gens et la loi.

Lorsque nous voulons annoncer la Parole du Christ, est-ce que nous sommes prêts à nous ajuster aux personnes à qui nous adressons notre message ? En n’oubliant pas, à la suite de l’évangile de ce jour, que parfois les conditions sont difficiles, voire impossibles et que, de certains sols, il ne peut rien sortir…

Être prêts à accueillir une forme d’Église inattendue

En rejoignant les participants à la Semaine romande de musique et de liturgie, je me pose la question de savoir si nous n’avons pas tendance parfois à trop nous pencher sur le passé : ah, le temps des chorales paroissiales où il y avait du monde… et puis, vous savez, on chantait tous les dimanches et les jours de fête… quelle époque idéale ! J’ai entendu cela cette semaine… avec dans les yeux et dans le cœur un regret qui ne donnait que peu de chance à l’avenir…

Aussi je nous pose aujourd’hui la question : sommes-nous prêts à accueillir une forme d’Eglise nouvelle et inattendue qui surgira de la Parole semée ?

Si nous répondons « oui », alors je vois trois conditions pour que, de nos liturgies, surgisse une Parole semée :

que vos chants annoncent Jésus-Christ
que vos musiques aident vos frères à prier
que vos assemblées soient signe d’espérance

Vous le constaterez avec moi : il n’y a finalement rien de nouveau. Mais continuez, chers participants à la semaine romande de musique et de liturgie, continuez à :
Faire résonner vos musiques qui ouvrent nos cœurs à l’amour de Dieu et des hommes, à la joie de l’Esprit Saint, à l’action de grâce eucharistique et qui, lorsqu’elles se taisent, nous laissent au seuil de l’adoration silencieuse. (Cardinal Marty).

Alors, vous qui nous écoutez et nous qui sommes ici : soyons courageux, laissons le message de Jésus traverser notre vie au point de faire de nous des témoins du royaume face à ceux que nous rencontrerons ces prochains jours et tout au long de notre vie.

« Celui qui a des oreilles, qu’il entende ! »

AMEN !


15ème dimanche du temps ordinaire, A – Semaine romande de musique et de liturgie

Lectures bibliques : Isaïe 55, 10-11; Psaume 64, 10abcd, 10e-11, 12-13, 14; Romains 8, 18-23;  Matthieu 13, 1-23