Homélie TV du jour de Noël 25 décembre 2017 (Jn 1, 1-18)

Don Italo Molinaro – Eglise Saint-Abbondio, Gentilino, Tessin

(Traduction)

Quand j’ai commencé à préparer cette messe de Noël, je me suis demandé: qui sont les personnes qui vont nous regarder et nous écouter? Peut-être qu’ils nous suivent par hasard et font un peu de zapping d’une chaîne à l’autre. Peut-être quelqu’un nous regarde-t-il en faisant d’autres choses ou en préparant le repas pour la famille.

Il y a peut-être ceux qui ne quittent pas la maison parce qu’ils sont âgés ou malades.
Pourtant il y a quelque chose qui unit beaucoup de ceux qui nous regardent, en ce matin de Noël: une messe télévisée est réelle, mais aussi virtuelle. Nous sommes proches, mais nous sommes aussi éloignés. Peut-être que celui qui est devant son poste de télévision se trouve, pour différentes raisons, un peu éloigné de la vie concrète!

Mais que fête-t-on à Noël?

Aujourd’hui, c’est la fête de la concrétisation et de l’action.

Embrassés par le bras de Dieu

Dieu a montré la sainteté de son bras, dit le prophète Isaïe. Le Verbe qui se fait chair, «se fait bras». Aujourd’hui, nous célébrons Jésus qui est la «parole-bras» de Dieu, qui, avec un amour infini, crée le monde et le purifie du péché.

Mais celui nous suit à la maison et contrôle son téléviseur avec la télécommande, a-t-il près de lui des bras qui créent, qui aiment, qui aident, qui sauvent? Et si nous vivons sans bras réels, comment pouvons-nous nous sentir embrassés par le bras de Dieu?

Que les traditions de Noël sont belles!

Dans notre région de Suisse italienne, de nombreuses communautés montent à Noël de belles crèches vivantes.

Pour ceux qui nous suivent chez eux, nous vous montrons quelques scènes tournées à quelques kilomètres de cette église, à Torricella, où les maisons du vieux village abritent de nombreuses scènes.

Depuis que saint François d’Assise a inventé la crèche, les croyants ont ressenti le besoin d’y insérer toute leur vie, comme le travail par exemple.

Ici on voit les métiers de jadis, mais nous devrions aussi mettre les métiers d’aujourd’hui, car Noël est la fête de Dieu qui entre dans toutes les réalités concrètes de la vie et les transforme en un projet d’amour.

Vivre Noël avec nos bras

Et ici nous revenons à notre thème: nous avons enlevé à Dieu la chair, les bras, la parole qui crée et sauve. Un peu, notre vie est devenue virtuelle.

La technologie nous aide, elle simplifie la vie et le travail, et nos bras ne doivent plus lutter comme ceux de nos grands-parents.

Ils ne bougent plus qu’au gymnase ou chez le kinésithérapeute.

Avec ces bras, comment vivons-nous Noël? Comment vivons-nous et comment croyons-nous? Ce sont des bras qui ne fatiguent pas, qui n’embrassent pas, qui ne se lient pas avec d’autres bras.

Nos relations deviennent virtuelles.

C’est une vie passée sur le canapé, devant un écran qui nous montre la vie, mais ne nous fait pas vivre!

L’action du toucher est extraordinaire

Dieu nous donne un bon exemple!

Jésus est son bras nu qui nous touche avec des bras humains. Combien de contacts physiques nous voyons dans les évangiles entre Jésus et les malades, entre Jésus et les pauvres, entre Jésus et les pécheurs!

L’action humaine du toucher est extraordinaire: Dieu l’a inventée pour unir et faire ressentir concrètement la présence des autres, pour transmettre l’amour.

Quand nous ne savons plus comment demeurer ensemble, nous entraider et aimer, le toucher devient une perversion, comme nous l’avons découvert ces derniers mois, avec l’émergence de nombreux cas de violence et d’abus, sur des femmes et des hommes, harcelés et humiliés avec un toucher qui est une relation de pouvoir et non d’amour.

Trouver l’amour concret

Apprenons de Jésus, le bras divin, à trouver l’amour concret dans la vie, dans les relations entre les personnes réelles.

Revenons-nous à l’école du concret, redécouvrons aussi la beauté d’utiliser notre corps pour des choses concrètes. Par exemple pour cuisiner!

J’ai demandé à une fillette ce qu’une grand-mère pouvait faire pour ressembler à Dieu. Elle m’a répondu: «Faire un gâteau!»

Dire «bonjour», «bonne nuit». Des bras qui agissent pour donner de l’amour, des mots qui communiquent joie et vie.

C’est ainsi qu’on commence à sauver le monde. C’est ainsi que Noël devient concret. Essayons, mettons-nous en route pour changer, redécouvrir le concret.

J’aimerai qu’à Noël prochain, tant de gens qui nous regardent à la télévision aujourd’hui trouvent à côté d’eux non seulement la télécommande, mais aussi un bras qui tienne leur bras, ou au moins le signe d’un amour qui est réappris à être concret.

Amen.


Messe du jour de Noël – Année B

Lectures bibliques : Isaïe 52, 7-10; Psaume : 97, 1, 2-3ab, 3cd-4, 5-6; Hébreux 1, 1-6; Jean 1, 1-18


 

Homélie du jour de Noël, 25 décembre 2017 ( Jn 1, 1-18 )

Abbé Gilles Gachoud – Eglise Saint-Etienne, Sâles, FR

 

En ce jour de Noël, frères, je vous invite en premier lieu à vous laisser dépasser, toucher, saisir par la beauté et la grandeur du mystère que nous célébrons. Un chrétien est avant tout quelqu’un qui est saisi par cette beauté, même si, à bien des égards, cela nous surpasse. Essayons de dévoiler, d’approcher, un tant soit peu, ce mystère.

Le Verbe s’est fait chair pour que nous connaissions mieux l’amour de Dieu. Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique afin que quiconque croit en lui ne se perde pas, mais ait la vie éternelle. L’amour de Dieu nous est révélé et rendu accessible.

Dieu devient imitable

Le Verbe s’est fait chair pour être notre modèle de sainteté. Par son humanité plénière, nous avons une esquisse imitable. Dieu devient imitable. Nous pouvons nous mettre à l’école de son humanité.

Le Verbe s’est fait chair pour nous rendre participant de la nature divine. Le Verbe s’est fait homme pour que l’homme en entrant en communion avec le Verbe et en recevant ainsi la filiation divine devienne fils de Dieu. « Car le Fils de Dieu s’est fait homme pour nous faire Dieu » dit saint Athanase.

Approchons-nous du Mystère de Noël en demandant au Seigneur de découvrir de manière nouvelle l’amour de Dieu. Il reste encore en nous parfois la peur de Dieu, comme une méfiance à l’égard de Dieu lui-même. Aujourd’hui, Dieu vient à nous vulnérable comme un enfant. On n’a pas peur d’un enfant. Et pourtant, tout l’amour de Dieu repose sur cet enfant. Nous sommes aimés de Dieu, Il nous rejoint dans nos moindres limites, c’est un amour personnel, un amour miséricordieux, accessible.

Que Noël puisse être pour beaucoup une expérience lumineuse de l’amour de Dieu.

Amen


Messe du jour de Noël – Année B

Lectures bibliques : Isaïe 52, 7-10; Psaume : 97, 1, 2-3ab, 3cd-4, 5-6; Hébreux 1, 1-6; Jean 1, 1-18


 

Homélie de la messe de Minuit, 25 décembre 2017 (Lc 2, 1-14)

Abbé Philippe Blanc – Eglise St-Pierre, Fribourg

« Je vous annonce une bonne nouvelle, qui sera une grande joie pour tout le peuple ». Au cœur de la nuit et de toutes les nuits humaines, c’est un cri de joie et d’espérance qui retentit à travers l’univers. Avec le prophète Isaïe, nous nous sommes préparés à la rencontre et ses paroles : « un enfant nous est né, un fils nous a été donné », sont maintenant accomplies.

Le Christ-lumière vient éclairer nos chemins

Nous sommes les témoins de cet événement qui se situe au cœur et au sommet de toute l’histoire humaine : Dieu visite son peuple en prenant chair de notre chair, il vient à notre rencontre en entrant dans notre histoire, il donne à toute vie humaine une dignité unique. Et saint Paul nous dit que dans cet enfant de Bethléem notre bienheureuse espérance s’est réalisée dans la manifestation de la gloire de notre grand Dieu et Sauveur, Jésus Christ. Nous n’aurons jamais fini de prendre la mesure de ce qui s’accomplit en cette douce et sainte nuit.

Notre joie, c’est d’accueillir la lumière, non pas ces clartés factices et passagères, mais le Christ-Lumière qui vient éclairer nos chemins, qui fait resplendir sur chacun de nos visages les traces de la présence de Dieu.

La gloire de Dieu dans la fragilité de l’Enfant

Notre joie, c’est de chanter la gloire de Dieu et d’être dans l’action de grâce à cause de sa fidélité, de sa patience et de son amour. C’est d’exulter avec toute la création car nous sommes l’œuvre de ses mains et nous sommes les uns pour les autres autant de sacrements de sa présence aimante.

Notre joie, c’est d’ouvrir les yeux et d’être transfigurés par la gloire de Dieu qui se laisse voir et adorer dans la fragilité de l’Enfant. C’est de proclamer que l’humilité dans laquelle le Seigneur vient à notre rencontre est un chemin de béatitude et d’épanouissement.

Notre joie, c’est d’être libérés de toutes les peurs qui nous empêchent d’être ce que nous sommes et de témoigner de la beauté de notre foi. C’est d’être touchés au cœur par la bonne nouvelle qui nous émerveille et nous rend responsables de sa transmission.

La petite étincelle de la confiance

Quelle que soit la demeure que nous puissions offrir au Seigneur, il est heureux de venir à notre rencontre et d’habiter parmi nous. Que ce soit la plus belle des maisons ou une simple mangeoire, Dieu est là, Dieu-pour-nous, Dieu-avec-nous. Et c’est sa présence qui permet à toutes nos demeures, jusqu’à celle qu’est notre cœur, d’être totalement renouvelées pour devenir des foyers de lumière, d’amour et de paix. En cette nuit, ne regardons pas nos obscurités mais laissons-nous saisir par la lumière. Et même si ce n’est pas encore le plein jour chez nous et en nous, n’oublions pas qu’avant le grand brasier de l’amour il faut la petite étincelle de la confiance. Alors, comme le prophète, ayons confiance car Dieu tient toujours sa promesse et l’accomplit à la plénitude des temps.

Comme les bergers, ayons confiance et approchons-nous pour voir avant d’avoir la joie de partager ce que nous avons vu et entendu. Comme Marie et Joseph, ayons confiance car l’œuvre de Dieu se réalise par des chemins parfois inattendus et il veut nous associer à la manifestation de son amour. Et, avec les anges, chantons sans fin la gloire de Dieu qui revêt le monde de sa lumière et qui habite nos cœurs pour que nous soyons des messagers et des artisans de paix.


Messe de Minuit – Année  B

Lectures bibliques : Isaïe 9, 1-6; Psaume 95 (96); Tite 2, 11-14; Luc 2, 1-14


Homélie du 24 décembre 2017 (Lc 1, 26-38)

Abbé Philippe Blanc – Église St-Pierre, Fribourg

 

           

En relisant la Parole de Dieu, nous pouvons constater avec quelle fidélité Dieu ne cesse de venir à la rencontre de l’humanité. Plus précisément, il vient à la rencontre de chacune et de chacun d’entre nous, là où nous en sommes de notre parcours de vie, et quels que soient les chemins qui nous ayons pu emprunter.

Un inattendu qui bouscule

Dans notre désir de tout maîtriser, nous voudrions prévoir et organiser cette rencontre à notre façon, à notre mesure. Un peu comme le roi David imaginait bâtir une demeure pour Dieu en prenant l’exemple de sa propre maison. Mais Dieu ne se laisse pas enfermer dans nos calculs. Il vient sans cesse nous surprendre. Il se manifeste dans un inattendu qui vient nous bousculer. En venant vers nous, il nous révèle ou nous rappelle qu’il est pour nous un père, selon les mots du livre de Samuel. En conséquence, nous sommes pour lui des fils et des filles bien-aimés.

Le bonheur de nous donner

Comme le psalmiste, nous aimons chanter que ce Dieu qui nous visite est pour nous un roc et le salut. Son amour et sa fidélité donnent un vrai sens à notre histoire et ne cessent d’ouvrir des chemins nouveaux pour une authentique espérance. Et Dieu se fait tellement proche qu’il nous invite à une relation d’alliance. Il se donne à nous et, en lui, nous découvrons le bonheur de nous donner et de participer à la fécondité de l’amour. Ainsi, Dieu nous associe à son œuvre. En venant en notre chair, Jésus nous révèle que toute chair peut être sacrement de la présence de Dieu. C’est bien lui qui manifeste pleinement l’homme à lui-même et lui révèle la sublimité de sa vocation (cf. GS 22).

Rendre présente la bonne nouvelle de Noël

L’évangile de ce quatrième dimanche de l’Avent nous étonne et nous émerveille. Alors que nous avons conscience de nos limites et de nos incapacités, alors que nous sommes parfois confrontés à la stérilité dans nos actions et nos engagements, voilà que la Parole retentit et nous invite à relever la tête. A la suite de la jeune fille de Nazareth, il nous faut tourner notre regard et notre cœur vers ce Dieu qui vient et nous offrir simplement à lui. Après avoir dit « comment cela va-t-il se faire », n’oublions pas de conclure par « que tout m’advienne selon ta parole ». C’est au cœur de ce dialogue de confiance que nous découvrons notre vocation personnelle : participer dans notre chair au mystère de l’amour de Dieu. Pour nous, le vrai défi est là : permettre à l’amour de Dieu d’advenir dans notre temps, dans notre culture, dans notre vie à travers notre propre humanité. Il s’agit de s’éveiller et de se rendre présent à cette bonne nouvelle : c’est Noël sur la terre chaque jour, car Noël, ô mon frère, c’est l’amour ! Marie a expérimenté cela en se mettant à la disposition de la volonté de Dieu : « voici la servante du Seigneur » et ainsi la jeune fille vierge est devenue la mère de Jésus et de ce magnifique peuple de ses disciples.

Nous mettre en route

Arrivés au terme de notre chemin d’Avent, nous ne célébrons pas la fin d’une histoire. C’est une aventure nouvelle qui commence bientôt et nous en serons les pionniers, les prophètes et les missionnaires. Avec joie et espérance nous voulons proclamer le Verbe fait chair, le proclamer par nos paroles et aussi à travers nos vies. Et puisque rien n’est impossible à Dieu, n’hésitons pas à nous mettre en route, à nous laisser conduire, à trouver notre joie à servir l’amour et à répandre la Bonne Nouvelle.


4e dimanche de l’Avent – Année B

Lectures bibliques : 2 Samuel 7, 1-5, 8-16; Psaume 88 (89); Romains 16, 25-27; Luc 1, 26-38