Les refugiés
Homélie du 18 octobre 2015
« Accorde-nous de siéger, l’un à ta droite et l’autre à ta gauche, dans ta gloire. »
Jacques et Jean sont surement des prétentieux. Mais ils sont tellement passionnés, motivés, qu’ils sont prêts à payer le prix pour arriver. Jésus profite de leur demande pour aborder la question du pouvoir et pour nous rappeler dans quel esprit il est venu ‘ non pas pour être servi, mais pour servir et pour donner sa vie pour tous les hommes de toutes langues et races, de toutes cultures et nations, sans distinction…’
En ce dimanche de la Mission Universelle, nous serions facilement tentés de nous indigner, nous aussi, contre Jacques et Jean.
Mais regardons plutôt comment nous fonctionnons, d’abord en famille, mais aussi en Paroisse et même là où nous travaillons…
Cherchons-nous d’abord à utiliser les autres, à les mettre à notre service ? Ou bien cherchons-nous à les faire grandir, à devenir de plus en plus libres et responsables, dans l’honnêteté et la vérité ?
C’est un véritable défi qui nous est lancé et que nous devons relever ensemble en famille, mais aussi en Paroisse et même là où nous travaillons…
Un défi à relever ensemble aussi dans l’accueil des étrangers, des migrants qui sollicitent notre aide : comme le Christ, faisons tout pour leur mieux-être et pour leur intégration, dans le respect de leur culture et de leurs croyances. Je pense au dossier reçu de l’Evêché de Sion qui nous interpelle en faveur d’un meilleur accueil des migrants.
Dans le message de Sœur Cilenia, je retirerai au moins 2 passages :
– Tout d’abord : ‘Ce dont le monde d’aujourd’hui a besoin, ce sont de bonnes nouvelles…’ Malheur aux pessimistes. Ils n’ont pas compris ce que signifient Résurrection et Pâques : la vie, la joie, l’enthousiasme. Oui, avec Sr Cilenia, avec les chrétiens de Bolivie, essayons de voir en tout le positif, malgré tous les vents contraires, comme dit Sr Cilenia.
– Ensuite, comme Sœur Cilenia est vraiment une passionnée du
Christ, elle nous invite à considérer notre ‘foi en Jésus-Christ comme un don de Dieu, la source de notre joie et de notre bonheur.
Une foi que nous pouvons partager et qui nous pousse à partager pour construire ensemble un monde nouveau…’
Par exemple les jeunes de Bolivie partagent leur foi en se réunissant pour des soirées et en organisant des soutiens scolaires.
Les adultes eux s’investissent également en fonction des besoins constatés, par exemple Sr Maria s’occupe des enfants quand leurs parents travaillent.
– Enfin, Sr Cilenia dit que le partage de la foi, elle le réalise de bien des manières, Parfois, cela se fait simplement à travers un sourire ou une rencontre bienveillante dans nos vies de tous les jours.
Donc, pas besoin de partir en Afrique ou en Bolivie pour être missionnaire. Pas besoin non plus d’être prêtre ou religieuse. Pas besoin de grands discours ou de belles prières.
Etre missionnaire, c’est d’abord une façon de vivre qui voit le positif en toute chose et qui s’engage, de bien des manières, pour favoriser l’accueil, la fraternité et la bienveillance.
Comme disait saint Jacques : Ma foi en Jésus-Christ ressuscité, je vous la montre par mes actes d’accueil, de partage et d’amour.
Oui passons résolument des belles paroles aux actes concrets en faveur de ceux qui souffrent dans leur corps ou dans leur cœur, d’abord chez nous, dans nos quartiers, dans notre immeuble.
Et, en réponse aux appels du Pape François, de nos évêques et de nos autorités, prévoyons déjà les engagements que nous allons prendre ensemble, le jour où ces migrants, qui fuient leur pays, arriveront chez nous, dans nos paroisses, dans nos communautés, dans nos villages.
Oui, Seigneur Jésus Christ, tu es venu pour servir et non pas pour être servi,
tu as voulu partager nos faiblesses et nos épreuves. Merci.
Regarde-nous avec amour et aide-nous à avancer dans la vie
avec plus de confiance, plus de joie et plus d’ouverture,
afin qu’à travers tous nos gestes d’accueil, de partage et d’amour,
tu sois reconnu comme seul Seigneur et unique Sauveur,
Celui qui donne sens à notre vie, la source de notre joie
et de notre bonheur, maintenant et pour les siècles des siècles.
29e DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE
Lectures bibliques :
Isaïe 53, 10-11 ; psaume 32 ; Hébreux 4, 14-16 ;Marc 10, 35-45
L’evangile du dimanche: Rançon…
‘Les 1500 ans de l’Abbaye de St-Maurice d’Agaune’
EXIT: quand nos parents décident de partir
Ca bouge au synode!
Regard oblique sur…les reliques « bio »
Homélie TV du 11 octobre 2015
L’évangile que nous venons tout juste d’entendre,
touche un point sensible:
celui de notre relation avec les biens matériels.
Certes, il ne s’agit pas d’accuser la possession de quelques biens, mais de nous laisser convier à une sagesse
qui nous libère parce qu’elle agrandit notre horizon.
Marc nous présente la rencontre
d’un homme avec Jésus sur la route.
A genoux, l’homme formule cette demande:
«Bon Maître, que dois-je faire
pour avoir en héritage la vie éternelle?»
Autrement dit, quels sont les actes bons,
toi l’enseignant, que je dois poser
pour entrer dans la vie éternelle?
Il demande à Jésus de lui enseigner les pensées,
les paroles et les gestes de bonté
qui lui permettront d’avoir accès à la vie éternelle.
Et Jésus va lui montrer le chemin
en l’orientant d’abord vers Celui qui est la source
et la finalité de toute bonté: Dieu, son Père.
Et pour cela, l’homme devra consentir
à quelque renoncement.
«Tu connais les commandements» lui dit Jésus.
Il est nécessaire que cet homme se décentre de lui-même
pour grandir dans l’amour du prochain.
«Tu aimeras ton prochain comme toi-même» (Lv 19, 18),
c’est-à-dire: tu veilleras sur la vie de ton prochain
comme tu veilles sur la tienne;
tu respecteras le corps de la femme ou du mari de ton prochain;
tu ne prendras pas le bien qui ne t’appartient pas;
sois juste et vrai;
mène une vie d’obéissance envers tes parents…
La réponse de l’homme est sincère:
«Maître, j’ai observé tous ces commandements
depuis ma jeunesse». Ayant posé son regard avec amour,
Jésus lui dit: « Une seule chose te manque :
va, vends tout ce que tu as,
donne-le aux pauvres et tu auras un trésor au ciel ;
puis viens et suis-moi.»
Jésus l’appelle au renoncement: ne plus se préoccuper
des biens à protéger et à faire croître,
mais accueillir dans la confiance
la sagesse qui vient de Dieu.
Autrement dit, laisser entrer la Parole de Dieu
au plus profond de l’âme et du corps.
Mais l’invitation de Jésus au dévouement
du prochain à la lumière de son enseignement
pour l’amour de Dieu, rend le cœur de cet homme triste.
Il possède beaucoup de richesses matérielles,
mais ne reconnaît pas la bonté de Dieu
à travers les biens qu’il a reçus.
Il pense que la valeur de ses actions
provient de sa seule générosité.
Ses paroles et ses actes (courir et se mettre à genoux)
ne sont pas en communion avec ses pensées.
Son cœur désire la vie éternelle qu’il ne connaît pas
et il refuse de se donner les moyens pour y parvenir.
La valeur de nos actions ne devra pas provenir
de notre seule bonté, mais elle doit toujours
et d’abord trouver sa source et sa finalité en Dieu.
Et c’est au bout d’une prière confiante et profonde
qu’elle nous est donnée;
comme nous le rappelle la première lecture:
«J’ai prié, et l’intelligence m’a été donnée.
J’ai supplié, et l’esprit de la Sagesse est venu en moi».
La Sagesse est don de Dieu, à demander humblement
et à recevoir avec reconnaissance, au plus profond du cœur.
Elle est la vie active de Celui
qui «nous rassasie de son amour»(le psaume).
Elle est le discernement du cœur
que nous recevons au bout d’une prière fidèle,
une existence à accueillir jour après jour.
En fait, mes pensées, mes paroles et mes actes
envers mon prochain doivent manifester
la foi en Jésus-Christ et mon amour pour Dieu.
Jésus, par son regard et sa parole,
nous invite au «lâcher prise» de notre orgueil,
notre amour-propre, de notre insensibilité,
de notre penchant à vouloir tout dominer
pour plonger dans l’humilité,
voie de la véritable connaissance de soi
et de la reconnaissance du prochain.
Cette connaissance de soi nous conduit
à la découverte «de la grandeur et de l’excellence de notre âme,
mais aussi, à notre indignité, imperfection et misère».
Et notre misère est l’instrument de la générosité de Dieu
par laquelle il exerce sa miséricorde».
Il est toujours là, à nous aimer,
prêt à nous prendre la main
que bien souvent nous lui refusons.
«Viens et suis-moi…».
Débarrassés du superficiel, accueillons son appel.
Il nous conduit, à sa suite, jusqu’à la vie éternelle.
Amen.
28e dimanche du temps ordinaire
Lectures bibliques :
Sagesse 7, 7-11; Psaume 89; Hébreux 4, 12-13; Marc 10, 17-30
Homélie du 11 octobre 2015
‘ Que dois-je faire pour avoir la vie éternelle? ‘
La réponse de Jésus est claire : ‘ Ne tue pas, ne vole pas, ne mens pas … Ces commandements se trouvent pratiquement dans toutes les religions, dans toutes les cultures : c’est le chemin habituel, tracé par Dieu dans la conscience des hommes, pour vivre dans ce monde en ‘hommes justes et religieux’.
‘ Eh bien, ces commandements, je les observe déjà depuis ma jeunesse … ‘ : L’homme parait vraiment sincère.
Et c’est pourquoi Jésus l’appelle à faire plus : ‘ Une seule chose te manque : Va, vends tout ce que tu as puis viens et Suis-moi !’
Mais nous avons compris le blocage : l’homme a de grands biens et il s’en va tout triste, il n’est pas disposé à tout laisser pour suivre Jésus, il n’est pas disposé à laisser ses biens pour s’attacher seulement à Jésus.
AUJOURD’HUI, cette vie éternelle, la plupart des hommes ne s’en préoccupe plus trop. Et nous-mêmes, suivant la mentalité ambiante, nous sommes davantage intéressés à bien vivre, à bien nous soigner et à nous garantir toujours plus de confort et de bien-être, pour être heureux et pour rendre heureux ceux et celles que nous aimons.
Sans trop nous soucier des autres, sans trop nous soucier, en particulier, de nos frères et sœurs d’Afrique ou d’Orient qui fuient la guerre ou les misères de leurs pays.
Mais le pape François nous interpelle, comme le Christ a interpelé l’homme riche de l’Évangile : Acceptez d’être moins riches pour qu’il y en ait assez pour tous. Et ouvrez vos portes aux migrants qui sont sur les routes.
De fait, c’est une attitude toute nouvelle que nous sommes invités à adopter, aussi bien vis-à-vis de la Création qui nous est confiée et que nous devons mieux respecter, que vis-à-vis des ‘abandonnés et de oubliés de cette terre’, suivant l’expression du Pape François.
Cette attitude nouvelle, demandons-là au Seigneur, dans la prière, comme le jeune Salomon au début de sa royauté :
‘ Donne-nous ton intelligence, Seigneur… donne-nous ta Sagesse.
Elle vaut plus que toutes les richesses et tous les pouvoirs, plus que la santé, plus que la beauté … ‘
Prier, c’est bien, mais agir ensemble c’est mieux encore.
Cependant, comment faire pour bien faire ?
Les premiers chrétiens ont bien essayé de tout mettre en commun, mais ça a été plutôt un échec, comme nous pouvons le lire dans les ‘Actes des Apôtres’.
Et, tout au long des siècles, des saints ont relancé dans l’Eglise ce mouvement de partage, de justice et de solidarité.
Par exemple, saint François d’Assise, dont s’inspire notre Pape François qui vient d’écrire toute une Encyclique sur le respect de la Création et de l’environnement.
Face à tous ces appels, appel du Christ relayé par Saint François d’Assise, relayé par le Pape François, face à tous ces appels, sommes-nous vraiment assez ‘passionnés du Christ’, assez attachés à Lui pour mettre nos biens matériels en second ou plutôt pour nous engager à les partager avec les ‘abandonnés et les oubliés de cette terre’ ?
Mais quelques-uns d’entre vous diront peut-être : Ça, c’est bon pour les autres, par exemple les religieux et les religieuses : tout quitter, mettre leurs biens en commun. Ou bien, c’est bon pour les riches qui en ont trop. Ce n’est pas la vocation de tous les chrétiens.
Et pourtant, que nous soyons prêtres, religieux et religieuses, laïcs engagés ou simplement chrétiens, nous le savons par expérience : si nous voulons vraiment suivre Jésus Christ et vivre, en église, dans la fidélité à sa Parole et aux appels de nos frères, il nous faut, tous, opérer dans notre vie, bien des changements de mentalité et bien des conversions, même si nous avons beaucoup de peine à les réaliser, même si nous trouvons toutes les excuses possibles pour les remettre à plus tard.
Nous le savons aussi : ceux qui ont moins sont souvent plus généreux et plus accueillants que ceux qui en ont davantage.
Pour terminer, je dirai : portons-nous les uns les autres dans la prière, dans l’amitié, dans les conseils mais aussi dans la correction fraternelle, afin de nous aider à mieux suivre le Christ, et à discerner ensemble comment mieux répondre aux appels de nos Evêques et du Pape François. Et, de cette manière, nous rejoindrons tous les hommes et femmes de bonne volonté pour construire un monde plus respectueux de la Création et plus solidaire des ‘abandonnés et les oubliés de cette terre’.
Seigneur Jésus Christ, aujourd’hui encore, tu nous regardes
comme tu as regardé l’homme riche de l’Evangile. Merci.
Nous voulons mieux te suivre,
Nous voulons mieux répondre à tes appels et aux appels de nos frères.
Aide-nous à ne pas nous refermer sur notre confort
mais à oser la rencontre et le partage,
malgré tous nos questionnements, dans la puissance de ton Esprit-Saint. Amen
28e dimanche du temps ordinaire
Lectures bibliques :
Sagesse 7, 7-11; Psaume 89; Hébreux 4, 12-13; Marc 10, 17-30
