Dossier

Covid-19: les pays du Sud face à la pandémie – Kenya (6)

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Depuis fin 2019, le Kenya, comme toute l’Afrique de l’Est, souffre d’une invasion de criquets La situation est toujours extrêmement alarmante. Le coronavirus représente un défi supplémentaire majeur. Les restrictions sanitaires imposées mettent en danger, l’approvisionnement des populations, témoigne Stellamaris Mulaeh, coordinatrice du programme de l’Action de Carême (AdC) au Kenya.

Les marchés ont été fermés, les déplacements par voie terrestre sont interdits et un couvre-feu nocturne a été instauré. Dans les zones rurales du Kenya, 35% de la population souffre déjà d’insécurité alimentaire. 40% de la population rurale vit avec moins d’un franc par jour, souvent sans revenu régulier. Ces personnes sont gravement touchées par les mesures visant à contenir le coronavirus, note Stellamaris Mulaeh.

De nouveaux essaims de criquets continuent de proliférer, menaçant l’alimentation et les moyens de subsistance, car c’est maintenant le début de la longue saison des pluies et la saison des semailles, écrit Stellamaris Mulaeh. Les criquets sont arrivés à Nyandurua, et la région a déjà une récolte de 75% inférieure à la normale.

Groupes de solidarité

Pendant les pluies, les partenaires accompagnent généralement les agriculteurs dans les champs pour y mettre en pratique ce qu’ils ont déjà appris. Mais Aujourd’hui, le travail collectif dans les pépinières est menacé, parce que les gens y travaillaient habituellement en groupes, explique la coordinatrice d’AdC. Or, les gouvernements des districts ont limité les réunions à un maximum de trois personnes. «Nous avons donc adapté le travail collectif dans les champs : les paysans se divisent en petits groupes afin de garantir le respect de la distanciation sociale. Ensemble, nous veillons à la bonne mise en œuvre des règlements et à prendre des mesures pour en atténuer les conséquences».

«Les groupes de solidarité peuvent néanmoins contribue à apporter une solution aux perturbation dans les chaînes d’approvisionnement, car les membres peuvent s’acheter mutuellement de la nourriture. Nous veillerons à ce que les bénéficiaires continuent à faire preuve de solidarité et à utiliser leurs jardins de manière intensive et biologique», conclut la  coordinatrice du programme AdC au Kenya.

Action de Carême continue à soutenir ses organisations partenaires, dans ses 14 pays d’intervention, afin qu’elles qu’elles puissent adapter leur travail aux situations nouvelles. (cath.ch/com/mp)

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